‹ Essai sur la construction navale des peuples extra-européensChapitre 36 sur 126 · BATEAU PÊCHEUR · texte numérisé non relu

BATEAU PÊCHEUR

L'approche des côtes de Chine est annoncée par une foule de bateaux qu'on rencontre quelquefois à de grandes distances et dont la navigation s'étend jusqu'à la petite ile de Pratas, où ils font sécher leur poisson pendant la belle saison; ils restent presque constamment au large, et il faut qu'ils aient de très-bonnes qualités pour résister aux vents violents des moussons et aux terribles tempêtes appelées typhons, qui en signalent les changements. Il en périt sans doute alors un grand nombre, mais ces dangers ne sauraient les empêcher d'aller chercher sur mer des moyens de subsistance que leur pays ne peut fournir à ses trop nombreux habitants. Des familles entières passent ainsi leur vie sur l'eau , les patrons seuls allant de temps en temps à terre pour vendre leur pèche et acheter des provisions.

Les bateaux qui les portent ont les formes chinoises ordinaires, environ 20 à î5 mètres de long sur 5 à 6 mètres de large, et deux mâts ayant chacun une voile à lattes (pi. 55 et 5G) ; quelques-uns cependant s'écartent des types généraux en ce que le petit mât est placé derrière, à la manière arabe. Us vont toujours deux à deux, remorquant de grands filets et portant une quantité de petites voiles en toile, qu'ils placent ou enlèvent pour égaliser leur marche; celui qui est sous le vent a ses voiles plus bordées, ou il en porte une sans vergue bissée sur les deux mâts, qui tend seulement à faire dériver (pi. 55). Le bois est ordinairement enduit de galipot ; quelquefois aussi, les pièces de la charpente et l'arrière sont peints de diverses couleurs (pi. 56). Us marchent bien, paraissent avoir les mouvements doux, se lever facilement à la lame et porter beaucoup de voile; nous en avons vu de très-près, avec une brise fraîche et une mer creuse, qui se comportaient bien et n'embarquaient pas d'eau, malgré le manque de lar-

geur et d'élévation île l'avant; ils virent vent (levant avec une célérité remarquable et sans aucun travail, car toutes leurs voiles se changent d'elles-mêmes.

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