‹ Essai sur la construction navale des peuples extra-européensChapitre 7 sur 126 · CABOTEUR SERVANT AU TRANSPORT DU BOIS DE TECK · texte numérisé non relu

CABOTEUR SERVANT AU TRANSPORT DU BOIS DE TECK

On rencontre sur la côte de Malabar un grand nombre de caboteurs de la longueur des Patamars, mais plus solidement construits, ayant plus de bau et des fonds plats (pi. 12, fg. 4, 5 et 6). Leur arrière est élevé sur une voûte prolongée; l'étambot est presque vertical et leur avant très-relevé. Leurs membres, épais de o™,25 à o-,3o, sont rapprochés et soutenus par quelques planches de vaigrage et par une grosse carlingue; les baux sont rares, mais très-forts et liés au navire par des courbes. L'avant et l'arrière sont pontés, et celui-ci, très-relevé, a souvent un pont inférieur soutenu à l'avant par un bau sur lequel la drisse vient se fixer. Le mât est presque vertical, maintenu à la manière arabe contre un bau peu éloigné de la carlingue, et consolidé par des courbes; mais, afin d'apporter moins de soin dans ses amarrages, les naturels emploient, pour les serrer, le trévire t (fg. 6). Le gréement et la voilure sont à peu près semblables à ceux des Baggalas, mais plus solides, et ces caboteurs ont presque tous un foc dont le bâton, fixé sur le pont, suit sa direction oblique, et est très-relevé (pi. i3). Il n'a pas été possible de prendre des mesures assez exactes de la carène pour la porter en entier sur la fig. 4; nous avons pu seulement constater que la quille était droite, d'une longueur au moins égale à la moitié de celle du bateau, et que sa position était horizontale.

COTE DE \IU.\l;\IS. 21

(.es caboteurs sonl spécialement destines au transport du bois de teck (/il. t3). Tout le milieu, libre et trèsbas, laisse de ebaque côté une large coupée terminée, à l'avant et à l'arrière, par de gros montants liés avec des courbes : les murailles ont, dans celte partie, o",3o à ora,32 d'épaisseur, et o™,20 à o",2S aux extrémités du navire. Le plat-bord des coupées est percé de quelques trous dans lesquels sont enfoncés des piquets soutenant un empaillage, pour remplir toute la partie vide, lorsqu'on prend la mer. Ils portent de forts chargements, embarquent de très-grandes pièces de bois, marchent assez bien, et sont ordinairement armés par des Mopilas et des Lascars. Leur extérieur est enduit d'un vernis brun, ou peint en noir avec des raies de couleurs variées; l'arrière est couvert d'images de fleurs ou de peintures dans le genre de celles des maisons arabes.

MANCHE DE PANIANY.

La construction de ce caboteur (pi. 12, Jig. 12 et i3), quoique grossière, ressemble beaucoup à celle des autres navires indiens. 11 est rarement ponté, et la cargaison n'est couverte que de nattes; le gouvernail, sans ferrures, est tenu par des amarrages dans nue rainure pratiquée dans l'étambot. Ce bateau, maté et voilé à peu près comme le précédent, ne navigue que durant la belle saison, longeant alors la côte, et portant les produits du cocotier à Maugalor ou à Cochin : pendant la mousson de sud-ouest, il se réfugie dans la rivière de Baypour.

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