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BATEAU DE TRANSPORT DE LA RIVIÈRE DE SOURABAYA

Cette rivière, navigable jusqu'au pied des montagnes, arrose un pays riant et fertile , dont les productions descendent dans des embarcations de 10 à 12 mètres de long sur i»,5o ou 2 mètres de large : elles ont de l'analogie avec celles de la rade, mais souvent aussi ce ne sont que de très-gros troncs d'arbres creuses (pi. go), de près de i5 mètres de long, soutenus sur les côtés, comme les Cascos de Manille, par des radeaux de bambous, sur lesquels ou place des marchandises et où les hommes peuvent marcher pour pousser de fond. Ces bateaux, sans formes bien arrêtées, sont disposés suivant la nature de leur cargaison.

PRAO-BÉDOUANG.

Ce n'est que vers la partie orientale de Java, et surtout à Bezouki, qu'on rencontre ces pirogues spécialement destinées à la pèche : la partie inférieure de leur corps est une longue pièce de bois creusée, exhaussée par une ou deux planches (pi. 92) que réunissent des tiges verticales clouées à l'intérieur en guise de membres ; quelquefois aussi elles n'ont qu'une petite l'argue cousue par des amarrages intérieurs (pi. gi, fig. 5, 6, 7, 8 et 9). Comme elles sont très-étroites, elles emploient le balancier double en bambou, avec les leviers de l'avant un peu inclinés vers la mer, formés de deux morceaux de bois taillés en biseau et enfoncés dans un bambou e' e (fis. 8). Celui-ci est fixé sur le plat-bord par deux amarrages passant sous une traverse h' h' engagée sous un renflement que l'on conserve dans le bois. Le levier de l'arrière, très-relevé (fig. 7 et g), est joint aux balanciers par un amarrage, et par une tige/ g qui les perce; ses deux pièces sont aussi coupées en biseau dans les parties qui entrent dans le bambou ee (Jig. g), où elles sont tenues par des coins. Quand ce levier est attaché directement au balancier (pi. g2), il est trèscourbe et maintenu par une corde; nous n'avons pu savoir pourquoi il était toujours relevé, tandis que celui de l'avant, plus exposé à être atteint par les vagues, ne l'est jamais; c'est sur ce dernier que se mettent les hommes pour contre-balancer l'effort de la voile, quoiqu'ils chargent ainsi l'avant et gênent le bateau quaud il tend à se relever.

Le gouvernail (fig. 5 et 6), placé entre le corps et l'un des morceaux de bois b, amarré sur une traverse, est retenu par une estrope c, attachée en e, qu'il suffit de lâcher pour le retirer et le passer de l'autre côté sans en détacher la tête lixéeà un amarrage a, réunissant le haut des deux montants a a, plantés sur une planche horizontale ; cette planche supporte aussi une fourche cl servant à placer la voile ou les bambous des lignes de pêche. Le gouvernail est toujours sous le vent, et ce n'est qu'alin d'en mieux montrer la disposition que nous l'avons représenté au vent dans la fig. 5. Des tronçons de bambous attachés en travers sur le plat-bord sont comprimés par une tringle kk, dont nous ne devinons pas l'usage, les Prào-bédouangs étant trop étroits pour employer l'aviron.

Les voiles semblent n'être disposées que pour marcher au plus près; elles ont la forme d'un long triangle isocèle dont le petit côté est la moitié des autres, qui sont transùlés à des bambous unis par un amarrage au sommet de l'angle dirigé du côté du veut (fig. 5) ; l'un d'eux, remplaçant la vergue, est soutenu par une corde sous laquelle se place un bambou terminé en fourche, dont on se sert pour élever la voile jusqu'à ce qu'on puisse en appuyer le pied au fond de la pirogue; cette espèce de mât n'a d'autre soutien que la corde de la vergue attachéeau vent sur le levier de l'arrière, de sorte que la voile tombe si elle masque, car le hauban du levier de l'avant ne la soutient pas non plus. La vergue inférieure se trouve horizontale et la voile oriente parfaitement au plus près, mais vent arrière et même largue, elle n'offre que très-peu de surface, et est relevée par le vent qui glisse en dessous, le point de jonc-

JAVA. Kl

tion des vergues ne pouvant pas être rais sur le côté. Celle de l'avant a une drisse ordinaire et un angle moins aigu, relevé par une corde qui l'attire vers l'extrémité d'un bâton de foc qu'on n'emploie pas ordinairement. Elles sont toujours en nattes, et la dernière laize est eu coton, d'une couleur désignant le port auquel appartient le bateau : quelquefois les laizes, très-courtes, sont disposées comme pi. gi , et des flocons de feuilles de latanier pendent au bout des vergues.

Il y a d'autres Prâo-bédouangs, très-étroits et de i/( à iG mètres de long (pi. qî), dont le corps, plongé dans l'eau, est exhaussé par des planches clouées entre elles, et à chaque extrémité sur un montant oblique et massif, qui repose au bout de la pirogue; comme ils ont quelquefois i'°,5o de creux, ils portent un petit pont en claies posées sur des traverses placées de manière à tenir les hommes assez élevés : on en voit aussi quelques-uns ayant les formes de nos canots (pi. 92 en second plan), mais plus étroits, ce qui leur rend nécessaire le balancier double ; ils sont bordés et membres, les traverses qui supportent le pont percent les bordages et se montrent à l'extérieur, et ils ont, comme les plus grands, une cabane de rotin et de chaume maintenu par des lattes. On rencontre ces pirogues jusque dans le détroit de Bali, et, sans changer de formes, elles ont des dimensions très-différentes , car quelques-unes n'excèdent pas 5 mètres de longueur, o'",35 de largeur et o™,5o de creux; leur voile, soutenue par un bambou oblique et par un mât, n'est alors qu'un petit triangle dout l'angle aigu est en bas, à plus d'un mètre au-dessus du bateau ; le corps est d'une seule pièce, avec des extrémités aiguës, comme le montre la pirogue qui se trouve sur le devant de la pi. g5. Elles sont toutes peintes en blanc, ainsi que leurs balanciers, et tenues avec propreté; leur légèreté est telle que quatre hommes en portent facilement une de grandeur moyenne, pour la placer à terre sur des morceaux de bois attachés en croix ; elles marclipnt bien à la pagaie et à la voile, et sont très-usitées pour la pêche sur la côte orientale de Java, mais nous ignorons si elles servent aussi dans les îles situées vers l'est.

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