CABOTEUR MALAIS RECEVANT LE FEU
Ce navire (pi. g4) est un diminutif du précédent, plus court, avec des fonds moins lins; ou y voit mieux la disposition de l'avant qui donne aux caboteurs malais l'aspect de jolis petits bâtiments, qu'on aurait chargés d'une haute et lourde cabane couverte d'un toit de joncs, au-dessus duquel on dispose quelquefois une plate-forme en bambous, comme dans le Gange. Sa longueur est de 8 à 10 mètres sur 2'",3o à '2m,75 de large; il emploie deux gouvernails latéraux et porte une longue voile en trapèze, au sommet d'un mât triple, que représente clairement la planche 95.
PRAO-PENDJALENG.
Le système que nous désignons [pi. g5) sous le nom de mât triple (i) consiste en deux mâts, placés derrière un troisième et percés par une ou deux chevilles séparées, enfoncées dans des montants qui appuient sur le fond du navire et sont liés par uue traverse dans laquelle entrent leurs extrémités. Ces mâts, en bambous à bord des petits bateaux, sont joints entre eux par des cordes prises dans des amarrages qui en entourent les bouts et les empêchent d'éclater lorsqu'ils portent, pour le passage de la drisse, une pièce de bois percée d'un clan dont le pied enfonce dans le tube que forme le bambou. Les mâts basculent en arrière; mais, lorsqu'ils sont dressés, c'est celui de l'avant qui retient les autres en appuyant au fond d'un trou, où il est maintenu par une clef ou cheville. Tous les mâts triples sont à peu de chose près disposés de cette manière, et nous les verrons employés à bord d'assez grands navires, ainsi que sur des bateaux de pèche, tels que le Prào-pendjaleng, qui n'est qu'une grande pirogue de 12 a i5 mètres de long sur . '",20 de largeet im,5o de creux. Sa partie inférieure, d'une seule pièce creusée, est exhaussée, comme dans les Prào-bédouangs, par des bordages qui portent un empaillage extérieur assez éloigné du corps pour permettre de passer des avirons; cet empaillage est joint à des piquets soutenus par des tiges obliques comme les tolets du Bengale, sur le haut desquels s'attachent d'autres avirons. Le corps, peint en blanc, a des fonds plats au milieu, mais ellilés aux extrémités, qui sont terminées par des planches, et le haut de l'avant est aussi bouché par une planche. Les leviers blancs aussi, reposant sur la partie solide du corps, sont joints aux bambous des deux balanciers par des pièces de rapport courbes, tenues par des chevilles de bois. Le gouvernail est latéral, et la voile en nattes, qui se roule par le bas, est un trapèze plus long que le bateau.