‹ Essai sur la construction navale des peuples extra-européensChapitre 76 sur 126 · CABOTEURS DE MACASSAR · texte numérisé non relu

CABOTEURS DE MACASSAR

C'est à Bezouki, comptoir hollandais situé à l'est de Sourabaya, que nous avons vu ces deux navires (pi. gG) ; celui de gauche, qui ressemble à beaucoup d'autres caboteurs malais, peut être comparé à un bateau ayant de jolies formes écrasées sous la lourde maison de couleur noire qui domine l'avant, qui est très-bas, et auquel on descend comme par étages. Le milieu est couvert d'un toit en joncs portant, sur les côtés, de petites galeries entourées de feuilles de palmier, où se placent les rameurs, qui sont obligés, à cause de cette position très-élevée, d'employer de longs avirons à pelles rondes. Les gouvernails extérieurs, maintenus à deux bancs saillants, ont leur barre perpendiculaire au plan du safran. Les mâts triples portent des voiles en nattes, longues et basses, de la forme d'un trapèze, liées à des vergues dont la supérieure est formée de bambous attachés avec du rotin; le plus petit des deux mâts est sur l'arrière, comme en Arabie, ce qui se rencontre souvent aussi dans les pays malais. Le vaste intérieur de ce bateau n'étant pas complètement ponté laisse assez d'espace au-dessus de la cargaison pour que l'équipage puisse y loger.

Ce caboteur appartient au détroit de Macassar, ainsi que celui représenté sur la droite de la même planche, qui montre la disposition de leur arrière; il porte des voiles à cornes, hissées sur l'une des tiges de l'arrière des mâts triples. Ces deux caboteurs ont de belles carènes, larges au centre, mais très-unes aux extrémités, comme quelques bateaux de pêche provençaux, qui, de tous ceux de nos pays, ont le plus de rapport avec les formes malaises; ils paraissent bien marcher, mais ne peuvent servir que dans des mers aussi tranquilles que celles qu'ils fréquentent, car l'échafaudage dont ils sont chargés ne pourrait résister aux chocs et aux mouvements.

(1) « Il est rare, mais non [>as sans exemple, qu'il }' ail qualre bambous réunis.» (Relation de l'expédition de l'Urame commander par M. Frejcinel, lome I", page 183.)

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