PIROGUE DU HAVRE DOREY
Dorey est le dernier point où le balancier double soit en usage; il y a sans doute été introduit par les Malais, car plus à l'est, sur la côte de la Nouvelle-Guinée, on emploie le balancier simple que l'on trouve même déjà dans ce port pour de petites pirogues, qui ne sont que des troncs d'arbres grossièrement creusés, tandis que d'autres, à balancier double, sont plus soignées et présentent beaucoup d'analogie avec celles dont nous venons de nous occuper. Le corps (/)/. io*j, fig. i3, i4, i5 et t6), formé d'une seule pièce, est exhaussé aux extrémités par des parties faites aussi d'un seul morceau creusé, quoiqu'il soit plus facile d'en obtenir de pareilles en deux pièces; elles sont attachées sur le bateau et réunies l'une à l'autre par des lattes de bambou, dont l'une est appliquée sur le corps, l'autre sur la première et ainsi de suite, ce qui augmente beaucoup l'élévation. Sur la plus haute de ces lattes, sont fixées de petites traverses rondes à chaque point où doit se trouver un levier; sur celles-ci est posée une longue tringle qui va d'une extrémité à l'autre en suivant les contours de la pirogue, et sur laquelle sont placés les leviers liés entre eux par une autre tige semblable placée à om,2o en dehors.
Les leviers, en bois ordinaire, sont fixés par des amarrages en rotin passant sous une tringle ( fig. 16) placée audessous de renflements conservés dans le corps et liée à une traverse qui se trouve au-dessus pour qu'elle ne puisse changer de place si les amarrages lâchaient. Les balanciers, en bois léger autre que le bambou , sont unis aux leviers au moyeu de tiges verticales enfoncées dans les premiers et amarrés sur le côté des seconds par une portion de branche.
Un toit léger, que supportent des montants attachés aux leviers (fig. i5 et 16), couvre ces pirogues; il est en feuilles d'aréquier cousues entre elles, reposant sur trois bambous horizontaux, et maintenues par d'autres bambous joints aux premiers et posés au-dessus du chaume alin de le comprimer pour l'empêcher d'être emporté par le vent. Des bancs de lattes, à dossier, se trouvent dans le milieu, et tout l'intérieur a cet aspect de propreté qui tient à l'emploi du bambou et du rotin , dont toutes les parties accessoires sont formées ; le mât triple a trois tiges à peu près d'égale longueur, réunies par un amarrage en rotin et reposant au fond de la pirogue