‹ Essai sur la construction navale des peuples extra-européensChapitre 88 sur 126 · NOUVELLE-GUINÉE · texte numérisé non relu

NOUVELLE-GUINÉE

sans posilion fixe; cependant, lorsque le mât de l'avant est le plus long, il s'appuie seul au fond, tandis que chacun de ceux de l'arrière est percé à sa base par une traverse qui repose sur le plat-bord et sur les tiges attachées aux leviers. La voile de forme rectangulaire, unie à deux vergues de bambous et formée de joncs parallèles joints par des attaches, se roule par le bas, et, lorsqu'elle est vieille, les joncs, devenus mous et spongieux, tombent en pourriture, de sorte qu'il n'en reste que des parcelles pendantes aux fils qui embrassent les deux vergues. Du reste, cette voile, petite pour le bateau, oriente mal; son écoute est nouée au milieu du bas, et deux petites cordes, faisant l'office de bras, la font changer de position. Sa drisse, attachée aux leviers, passe dans un trou pratiqué dans le bambou du milieu, au-dessus de l'amarrage qui réunit les têtes des mâts, et ce n'est que sa résistance qui relient ce trépied et l'empêche d'être emporté lorsque la voile produit un peu d'effort. A bord de ces pirogues, on rame et on gouverne avec des pagaies de formes différentes (Jtg. 7 et 12); il y en a de 3 mètres de long avec une pelle ronde attachée au manche par des lanières de rotin croisées, dont les naturels se servent quelquefois comme d'un aviron, mais ils obtiennent ainsi moins de vitesse qu'en pagayant ; quoique leurs pirogues marchent bien, ils ne pourraient tenter de longs trajets avec elles, parce qu'elles n'ont de qualités qu'en eau tranquille.

Les fig. 8, 9 et 10 représentent une autre pirogue de Dorey copiée du voyage de la Coquille : « longue de 10 mètres, large d'un seul au milieu et soutenue par un balancier double ; son avant est orné de planches trèsminces , grossièrement sculptées à jour et supportant des têtes de papous ornées de plumes; la voile est accrochée à l'un des mâts au lieu d'être hissée avec une corde. »

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