‹ Essai sur la construction navale des peuples extra-européensChapitre 92 sur 126 · NOUVELLE-HOLLANDE · texte numérisé non relu

NOUVELLE-HOLLANDE

Avant de nous avancer davantage vers l'est, nous nous arrêterons un instant à la Nouvelle-Hollande, dont la population misérable, déjà remplacée en grande partie par les Anglais, n'inspire pas la même pitié ni les mêmes regrets que la plupart de celles qu'ils ont détruites pour s'emparer de leur sol. On pourrait presque dire qu'ils n'ont chassé du pays que des animaux sans industrie, ayaut à peine l'instinct de s'abriter, de se nourrir de quelques coquillages et de se couvrir à demi de peaux de kanguroos : sur la côte méridionale et à Van Diémen , les anciens habitants n'avaient jamais osé se risquer sur l'eau, et, comme depuis quelques années on n'en trouve plus de traces, on suppose qu'ils sont complètement anéantis, bien qu'il n'y ait que quarante ans que leur île soit occupée.

A la baie Jervis seulement, au midi du port Jackson, nous avons vu sur le sable une pirogue de 4 à 5 mètres de long, si toutefois on peut donner ce nom à un morceau d'écorce noué à ses extrémités (pi. î n,Jig. t) et écarté au milieu par des tiges flexibles, courbées par une corde comme un arc ; ce faible esquif n'avait aucune forme et ne devait pas pouvoir aller loin. Nous ignorons comment les naturels parviennent à détacher d'aussi grandes surfaces d'écorce des beaux arbres qui couvrent les environs de leur baie, où, en 1826, les Anglais n'étaient venus qu'en relâche et n'avaient pas encore formé d'établissement. Quaut aux pirogues de la partie nord de la Nouvelle- Hollande, dont les habitants sont moins faibles et plus courageux, elles sont probablement peu dignes d'attention, car aucun navigateur n'en a parlé.

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