‹ Essai sur la construction navale des peuples extra-européensChapitre 93 sur 126 · NOUVELLE-ZÉLANDE · texte numérisé non relu

NOUVELLE-ZÉLANDE

Le balancier que nous venons de voir si répandu entre les tropiques n'est pas en usage à la Nouvelle-Zélande, dont la population, entièrement vouée à la guerre, n'a pas cherché à construire ses bateaux pour de longs voyages. Toujours en armes et renfermés dans leurs pàhs ou villages fortifiés., les Nouveaux-Zélandais savent qu'ils trouveraient partout des ennemis et courraient des dangers d'autant plus grands qu'ils s'éloigneraient davantage. D'ailleurs leurs côtes sont baignées par une mer aussi orageuse que la nôtre, et, avec le peu de ressources qu'ils ont et sans le secours du fer, il leur est impossible de tenter de l'affronter ; ils sont donc réduits à naviguer dans les baies ou à ne longer la terre que lorsqu'ils prévoient une suite de beaux jours assez longue pour effectuer le trajet. Ils n'ont pas cherché, comme dans les autres archipels, à étendre la puissance des voiles, parce qu'elles sont plus utiles pour diminuer les fatigues d'un long voyage que pour aider aux manœuvres diverses et rapides qu'exige la guerre; mais ils leur préfèrent partout la pagaie, qui imprime plus de vitesse, n'embarrasse pas comme l'aviron et peut, au besoin, servir d'arme. Le caractère guerrier de ces hommes est peint sur leur physionomie : ils ont l'ceil perçant et farouche, les membres forts et ramassés, et les teintes bleuâtres du tatouage dont ils sont couverts augmentent encore la dureté de leurs traits; leurs femmes même, perdant la douceur qui les distingue partout ailleurs, se montrent aussi intrépides et aussi féroces qu'eux. Ils vivent en petites tribus toujours en guerre entre elles, et dans le sein desquelles s'élèvent des rixes entraînant des vengeances qui se transmettent de père en flls

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