SOS
ne s'est absolument rien passé; En effet , si une lutte , une victoire anticipée » et même la simple prévision de la passion est impossible , ut ait phiUhsophas *f la victoire anticipée dont Jean fait honneur à Jésus, doit se réduire à la lutte dont nous parlent les synoptiques» et cette lutte doit se résoudre en ane simple prévision inventée par la piété de la tradition populaire ; il ne reste donc en définitive qu'un néant , contre lequel la Philosophie n'a plus rien à alléguer.
Ecoutons Strauss lui-même à ce propos : c Le dilemme posé ci-dessus se trouve ainsi annulé ; car ce n'est plus une seule exposition des dernières heures de Jésus avant son emprisonnement , qui est mythique , mais toutes le sont • Seulement, pour caractériser la différence de valeur historique qui existe entre le récit des synoptiques et celui de Jean , nous dirons que la première version est une formation du second degré , et la seconde une formation du troisième. En effet, ^i l'exposition commune à Jean et aux synoptiques , concernant la prescience de la Passion , est la première transformation que la piété de la tradition populaire a faire subir à l'histoire réelle de Jésus, l'anticipation des souffrances de cette Passion elle-même , chez les
* Allasion i Hegel, qui nie la possibilité da snmatarel.
(JSote de l'Éditeur).
« sfynoptiques , est k second â^té du mythe. « Mftfô , lors({tte Jean Vittit nouis dire (12 , 27 et « suiv.) que Jésus, tuut en ayant prévu etpreiwetitl
* déjà la Passion, â cepetidant longtetiips d'avohùê
* remporté !sur elle une tittoire cfamplfetfi , ^ tju*il « l'a eVttià^gée avet uki tîaltne inébranlable, aumo- « itoent même où elle était immitiènte , tî'est bien « aK>rà le troisième et le plus haut degré d une « etagération , pieuse sans doute , maià complète-^ « ment contraire à l'histoire. »
Un bon ^ens imparti^sd isuffit às^rément pour faire Justice d'une pareille crititjue. Nous nous bornerotià âùïït k une seule remarque. Notre etégète suppose (fué le quatrième èyangétiste à toujours été exclusivement guidé par le dèîdr de glorifier Jésus. Mais alors pourquoi Cet évangéliste tious peint-il (12, 27.) le Sauveur dans un état q\À râppeïle là sfcène de Gethsémani? ï>e» dritî<5[ues h*ont-ilfe pas même supposé Xfae Jean aVait àhtidaté èet événement? Et Strauss n'â-t-il pas vouïù voir dans œ passage un reste de là tradition ^m là lutte du Jarditi des Oliviers» parvenu jusqu'à J'ean sous une forme « passa- « hUmni attMè ? p En outre , l'a truditioii syti6pti(p]ë ti 'entend -elle pas biëù mal ^€i intérêts? Au lieu de mareher droh à son btrt i(la glorification du Messie), en nous exagérant l'intrépidUé de Jésus, elle vient, tout au conUraîre, nous le montrer engagé dans un combat hu-
milioBt Or» de Taveu dp Straussf^ elle, n'a^d^aptre avantage à supposer cette lutte , qne d attril>Her ai^ Sauveur une souffrance anticipée ; mais cette circonstance n'apporte aucun embellissement essentiel à riiistoire de Jésus, puisque sa prescit}i>ce de sa passion était déjà constatée d'ailleurs. La tradition synoptique n'a fait ici que donner de la peii^ç.aux évangélistes apocryphes; car, mieux éclairés, sur leurs intérêt)» > ils ont cherché à réparer ci^tte bévue : des premiers évangélistes, en nous présentant •cette , crainte de la Qiort commue une ruse de Jésus pou^:;. attraper le Diable (Evang. de Nicod. dans Tbilp , ; p. 806.)
Quant à la question sur le jour du çruciTiemeat » elle est étroitement liée à ceUe sur le jour de la dernière cène, et nous renverrons , comme pour cette dernière , à la 6* édition de notire Commentaire sur Jean. Nous ne parlerons ici que de la difTérencQ dans l'heure du cruciriemeot. Selon Marc (15, 25), Jésus fut crucifié à la troisième heure (vers neuf, heures du matin); selon Jean (19, li), au contraire, PilatQ siégeait encore à son tribunal vers la sixième heure. Le crucifiement devait être gravé en traits icieffa^J)les dans la mémoire de tous les témoins oculaires. Aussi la critique la plus ancienne a-t-elle cherché, par tous les moyens, à aplanir cette didiculté ; et parmi les solutions qu'elle a données, il en est une qui non-seulement satisfait complètement un esprit impartial , mais qui peut encore servir à
donner une confirmation partieairère à la crédibilité' dé rÉvangéliste. Pteus voulons J>arler de l'hypothèse présentée c^* abord par Le Cleni et développée ensuite par Townson (Traité dés quatre Évangélistes, patt. II, p. 288.)^ Dans Cette hypothèse , Jean se serait servi du calcul romain, qui , comme le nôtre, coinpte les heures depuis mmuit» tandis que le calcul juif, ou babylonien, prcfnd pour pokit de départ le commencemeAt du jour. Townson et Retti^ (Études et critiques, 183W, 1.) ont démontré que. les deux autres pasisages de l'Ëvangile où l'on trouve Tindicàtion de l'heure (1,40.— â , 6.), s'expKquent d'une manière satisfaisante , en admettant cette hypothèse : et cette circonstance est déjà une raison de pl^sumer qu'elle doit s'appliquer aussi «u passage qui nous occupe. Une chose, il est vrai, pourrait ébranler celte opinion: c'est qu'on peut produire de» passages des classiques du temps des Empereurs , d'où il résulte que les Romains se servaient alors du calcul babylonien (Horace. Sat. 4 , 6 , 419. Martial. 1, ép. 8. Pline. Hist. nat. 2, 79.) Mais, d'un autrecôté, Hug, avec sa -vaste érudition, a démontrer dans ses Remarques sur l'histoire dé la Passion (Gaz. de Fribourg , n° 5 , p. 90.) que l'autre calcul était également en usage à cette époque, et que les applications eti étaient aussi fréquentes. Ce dernier calcul était principalement usité dans le langage judiciaire : etlesPandectes du jurisconsulte Paulus lious apprennent que, sous Alexandre Se vèrci , il était encore
généralement employé. Ce calcul parait s'être introduit en même temps que le droit romain chez les Allemands, qui, dans l'origine, comptaient les heures comme les Juifs, à partir du point du jovir. II n'y aurait donc pas de raisons de s'étonner qu'il eût été pareiUemenl connu des Juifs. En effet, Josèphe se sert tantôt du calcul romaipp, tantôt du caicul baby* Ionien (Comp. De vite, c. 64. avec De bclLo Jnd. 6, 9, 3.). Jean devait supposer que dansl'Asie-Mineure Be« lecteurs connaissaient le calcul romain ; et le martyre de Polycarpe , écrit en Asie-Mineure , noua en oi&re un exemple (c. 21.). Maintenant, si nous admettons que Pilate s'est assis sur son tribunal 'vers (»<re/) la sixième heure , le crucifiement étant d'ailleurs placé environ trois heures plus tard , dans la neuvième beui^, la difficulté se trouvé-telle résolue ? On devait mettre habituellement à peu près une demi-heure pour mener les condamnés au lieu des exécutions , qui était devant les portes de la ville ; mais l'épuisement de J^sus a dû rendre cette marche plus lotigue. En outre il y avait eu encore bien ded choses à faire avant cela. Il avait fallu que les malfaiteurs qui devaient être crucifiés avec Jés^s entendissent prononcer leur sQptonce ; qu'on leur infligeât la flagellation attachée au suppUce de la croix ; que Von préparât les tablettes sur lesquelles devait être écrite la sentence (h aitU]. Quand on fut arrivé au heu de l'exécution, il fallut 4e temps de planter les croix, etc.... Les lois juri*-
digues des Romains viennent même confirmer icr la crédibilité de Jean. La haine contre Jésus avait rassemblé de très grand matin les princes du peuple devant le palais de Pilate ; mais ce n*est qu'à m heures que celui-ci prononce la sentence. Au temps de la Pâque, après Téquinoxe du printemps, c'était ITieure du lever du soleil. Or, avant le lever du soleil , aucune sentence n*était considérée comme valide par la loi romaine.
En face de cette loi juridique , quelle conclusion' le critique n'aurait-il pas tirée par rapport à notre histoire, si elle nous avait montré Pilate rendant la sentence vers minuit?
Cela étant, nous ne pouvons voir dans les paroles suivantes du critique, qu'un appel à la rhétorique pour co*ivrir Sa retraite : t A moins « qu'ici , comme au temps d'Ezéchias , l'ai-' « guille du cadran n'ait marché en arrière , c'est « une contradiction , qui ne peut être levée , ni en c changeant violemment la manière de lire , ni en « invoquant le mot imi employé par Jean , ni en t prétextant l'incapacité des disciples à bien obser- « ver l'heure, au milieu de scènes si douloureuses. « Il serait peut-être tout au plus possible d'y par- • venir, si l'on pouvait prouver que le quatrième « Évangile se sert, pour compter les heures* d*un c calcul entièrement différent. »
L'histoire de la résurrection offre un large champ à la recherche des différences ; et on eti trouve ef*
fectîveiDeiit plusienra, dans cette histoire, entre les synoptiques et Jean *, Persofnne ne pense à nier 1 existence de ces différences ; maïs, d'un autre côté, cm ne peut soutenir qu'elles sont insolubles, sans pavtir de la présupposition toute gratuite que chaque évanigéliste a f oulu faire un récit Complet.
Les soupçons du D' Strauss derienneut pour Ivk une certitude cainplëte« lorsqu'il porte ses y eut sur les discours du Christ rapportés par Jean , el snr le type qui en résulte. A l'eti croire, le Cbrial du quatrième évangile est entièrement difféi'ent de celui des trob autres. Le premier est un mystique de l'école d'Alexandrie , le second un rabbin de la Paleadme. Résumons d'abord tous les argumeots qu'il apporte en farenr de cette thèse ; noua ks discuterons ensuite.
Lliisto«re, demande-t-il , foumit-elle un seul exemple de discoure aussi différents, pi^ononcé^ par un a^ul et même individu ? Et puis , a-t-on jamais tu detix historiens attribuer, chacun dé letir c6té^ au même personnage, deux recueils de discours tellement dissemblables, que chei: Tun tous les disc^yurs soient empreitits du cfachet de 1er slm-> plioifé, tandis que èhez l'autre tous ont un caractère mystique ? Quelle différence entre le Christ des pré-
* On peut voir là^dessqs le savait ouvrage de G. Westt (Denu érang, , édit. Migne.) — Strauss ne Ta pas même cilé. — Voyez aussi une note de notre auteur à la fin du volume.
(^ote dé f Éditeur, )
— 54© — rnters évangiles et celui du quatrième, aussi Jbien dans la forme que dans le fond des enseignements ! Chez les synoptiques » les discours du Christ rappellent toul-à-fait, quant à leur forme, cette méthode d'enseigner par sentences et en paraboles » qoi était à la portée du peuple et propre & la Palestine. Au contraire , la méthode de Jean porte un cachet tellement abstrait et mystique, que, si l'on avait eu la pensée d'opposer un type contradictoire à la métfiode de Jésus dans les premiers évangilfs, il eût été difficile d'en inventer un plus parfait. Tandis que la première relation évangélique, où les discours auraient dû , ce semble , être le plus liés , se contente de nous donner ces discours en fragments assez mal assemblés, et comme des restes échappés à l'action délétère de la tradition , on est étonné de trpuver, dans le quatrième évang^e , un ensemble doctrinal si bien enchaîné » que les choses les plus étrangères en apparence y sont liées par les transitions les plus fines de la pensée. Enfin, tandis que les premières relations présentent sans cesse une nouvelle affluence de pensées , ou au moins des images toujours nouvelles des mêmes idées , le quatrième évangile n'est que la répétition des mêmes formules , revenant sans fin , comme le bruit du balancier d*une pendule. Signalons encore une différence capitale dans le fond des pensées : on a eu peine à trouver cinq sentences qui aient un rapport constant avec
3C^e^4fi? ^y^ofitnmf^f M. To^im • pajrmi. cas seivifiiï^s,,^ s*§p trjûuy^ adxjfïQïTmi>'9i-i qui sont évidepfimentfcftr^jcWkufj«^î:it^l^;PÎAce (û, 44,-13^ 2p, ik, âl). Ç^)a p0|i4çe qi:|e l'hauteur a rect^eilli seuUiueot quelles dél^i|# ép^ajos.de la ^adiûon évaiigéiique, poc^s jusj^-fi^ljUttpflfr iJMi b^ureux tia^rd , A^n^is qu^ , d^ii)^ lea pr^iiEii^s Évaogilej», les |>aFolôs 4ii Cbrbt oui {>oui! tiiut principe de stigoptatiser ks aJb!U3>ducullejudalquQ» deveau^tout eiftérieUTr-et^ rendre, la wie 4 ULoji.^n évoquant Fesprit^els pàraphètea^ oodame aytak pu le £^re à -cette lép^iqule uOiRabtMn jfuif de la meilleure teodaûee. La.peit- 90imaliié HLy^que du Mûasie apparaît dans 1^ qua- >tr«ëma J^VaBgile ccanmle;iQ cetitré de ^us les diftcovrs, et sous lea formuiiieat dé. la philoSopl^e d'Al^^iandrie, Ef dei^aot iqui Jésoa proaooce-Hl iires <lîâCK)ujFs abfiU'âita? devant des p«rs^nnès de Tesparit le plus^obtua; non^aeulemeidt devant ses diocipjiesitsi ,aouvejpt accuftôs de sÉ^pidUé^imaiseocioire.devaotJes Pbai^i^s, dont iVintelfigence était lermée mix »exk- 4eace« de i^Dorale les pluft ^Utiaent aires ; deraot de aûnpl^sieiumes, comiïie.la Samaritaine et Marthe. (44, Chap. 7*). Deià cette plainte ii^uente : « Led homm^a («ntetadent dans un sens chaimél , .<te •gui est dit dans un sei^ spârilueL » D'aiUeuiEt» , eût-il été podsibie à q«i que ce fût de cottserve^r daps sa mémoire des discoure de oe^nre. et c^a* jusqu'à l'âge d^ qjaalre^vingts akis ? Mais* de plus ^ les épHres .deJeaai,d<xnt les sentences» sansce^ae répétas» res-
semblent parfaitement aiix discours de Jésus dans rËTangile , ne sont-elles pas là comme un document incontestable, pour prouver que ces discours ne sont que des fictions ? Ekifin , si l'on prétendait * encore parer ce dernier coup en disant que le disciple a pu s*accoutumer à imiter, jusque dansses nuances les plus fines» la forme des discours de son maître , nous voudrions bien savoir ce qu'on nous répondrait quand nous montrerions qu'il a mis dans la bouche de lésus des discours devant lesquels l'exegète supernaturaliste lui-même s'embarrasse, ne sachant nullement s'ils n'appartiennent pas plutôt à l'Évangéliste (Chap. &,1Ô^21.). C'est au point que le D* Lûcke s'est vu dans l'impossibilité de nier que « la main de l'ËvangéHste ne paraisse ■ en ces adroits. Mais quand même on attribuerait à Jésus de semblables spéculations, qui appartiennent si visiblement à Jean, aurait-on pareillement le front de regarder réellement comme des pensées de Jean-Baptiste tous les discours que ce personnage , si simple et si modeste, prononce dans les formules mystiques qai nous révèlent très clairement la main de Jean (Chap. 4, 15-18, et S, 27-86.) ? Véritablement, à moins de répudîfer toute espèce de critique , il faut avouer que quelque Juif-chrétien, versé dans la philosophie d'Alexandrie et appartenant à l'école de Jean, a recueilli les discours de Jésus dans des traditions déjà très exag^ées , les a enc<tre embdlis dans sa
propre imagination , et que , les trouvant trop peu élevés, trop judaïques, il les a remplacés par d'autres. N'a-t-il pas, du reste, appliqué ce système aux foits ? Il est impossible d'en douter quand on le voit donner à ceux que la tradition raconte le dernier degré de l'ornementation mystique , et intercaler des récits tels que ceux de Nicodême , de la Samaritaine, de Lazare , etc., dont aucun n'a le moindre fondement liistorique?
Tels sont , dans leurs parties essentielles, les arguments de la nouvelle critique qui viennent renforcer les ProbabUia de Bretschneider. Nous avons été d'autant plus à même de les exposer dans toutç leur force , que nous avions déjà depuis longtemps le pressentiment qu'un jour les éléments du doute relativement au quatrième Evangile seraient exploités au profit d'un raisonnement de ce genre.
Si le lecteur chrétien a été troublé un instant par ces difficultés , voici une réflexion bien propre à le tranquilliser. Peut-on réellement penser que ce type du Christ , considéré dans tous les siècles et dans tous les lieux comme l'Idéal absolu de Thomme , ce type cpi'on ne retrouve nulle part ailleurs dans la pensée humaine, soit dû à l'imagination d'un homme obscur , au travail arbitraire et accidentel du cerveau d'un rêveur inconnu ? Et si une pareille supposition était admissible,la couronne posée par la recontiaissance de l'Église' sur la tête du héros de cette biographie , n'eût-elle pas été
(irr^chée pour être placée sur Le &ont de Taut^eiH' ?
Passons mainteiiaDt à ce que nous arons à opposer à ces difficultés,, dont nous oe contestous pas l'importance. On peut, il est vrai» au pi^HÛer abord, reg£grder comme iBcroyal)Ie que le môme homme ait servi de modèle aux deux portraits si différents des synoptiques et du quatrième Evangile , et que cependant ces deux portraits soient réellement ressemblants. Mais n'en est -il pajs des bomm^s comme des pays , où les points de vue se multiplient à proportion de leur . richesse ? La richesse du Christ ne nous donne-t-*eUe ,p^p à eUe seule, une exphcation bien suffisante de cette différence ? Il est £o|t possible que , ds^ns le travail du biographe cofnme dans celui du peintre , la personnalité de l'auteur vienne détern^iner 1^ couleur ; et comment pourrait -il en être autrement? N'est-il •pas de l'essence die l'art que l'objet spit reflété dans l'esprit de l'^^te ^a^t d'être représeapté par lui ^ Hais Ven^jt^l que, sur.uncerjtain nombre de portraits se reflétaiH différemment dani desindifidualités di(£érentes» un^eul puisse être vrai? Certes il faudrait avoir une, idée bien, me&quine de la vérité pour le soutenir-
Sinous avons de lapeine ànotis persuaderque deux phénomènes aussi easenti^ement dilTérents puissent devoir leur origine à un seul et méoçoe individu » il faut certainement en chercher la principale (Cause dans notre insuffisance à,n<)^us représenter
— Modes géfiies d'une nature si élevée. Un grand homme est comme le minerai de Corinthe, qui fournit àTun le fer de sa charrue et à Taûtre For de son diar dême. Que de choses réunies dans Leibnits » ce sommaire des quatre Facultés I Que d'élémeints divers tirés de son ^éûie par différents individus ! liais cdkii qu'il nous feut surtout citer ici , c'est ce sincère ami du vrai qu'on a voulu si souvent » dans des temps peu éclairés » comparer d'une manière absohie au fioî de la yérké. Quelle abondance des éléments les plus variés dans les. discours de l'homme qui a servi de point de départ à tant d'écoles philosophiques si différentes I L'antiquité eut dix écoles qui lui durent l^m origine : l'Académique, la Ojnique» la Mégariquè, l'Epiourienno» la P^patéticienne, la Cyrénaique^la Stoique, oedh les d'Elis et d'Erétrie. Sans suivre tous lesr détails de ce catalogue , nous demanderons s'il est adtmiiisible que^ dans les discours de l'hommç qui a fourni à Xénophon, à Platon et à Aristote la hase de leurs opmions,il n'y ait eu qu'une seule espèce d'idées ? Mais, laissant Socrate pour passer au Roi de la vérité , nous demanderons s'il n'y avait pas une pei^onnalité importante dans celui dont les di&cours^ quoique conservés 'en très petit nombre, ont suffi pour produire cette série innombrable d'idées et de systèmes qui, depins son af^parilian, sont devenus les forces motirices du monde moral? £t si nous convenons de ce point , n aurions-xH)U6 pas