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sfleiiee le pteMet théodas, qui, d'après Luo» pâtk^ avoir ecr «me gr&»4e célérité. Sous ce point de rue, rautèor eroit poutoir se perniettre une hypothèse, et demâttlé B^ ne s^sdt pas confonue am usages des hAh, chet lesquels on voit lé ittème kom« me porter deux noms, d'admettfe queiost^phe aurait fait mention de Théodas s^u« tm autre nom.-*^La preuve de pareilles possibilités sera insoiBsasite, Q est vrai, pour celui qui e^ imbu  Tavaiiice do fortes
se range k Fdpîftiott- de Kflster et de MeMecke, fait là rettiijqoe taàvwÊiet «Ainsi, dwiL noaWicns (fan t$im% énmnt,(r9msBr Ift gnîUurey Taulre sur la iùle, ne pouvaient, sebn M, Frîtzache, avoir existé simultanément et avoir porté un nom presque identique ; il est impossible qu'ils aient été tous les deux injustement dépréciés, qu'ils aient vécu Tan et f autre dans une grande pautrelé? One M. Fritzsehe ttié permette pour un moment délaisser de eôtë la magna paaperids et te léger changement de etntlemth en eonientiû, et Je lui adresserai cette question : Quand son nom passera à !a postérité, ce dont il n'est pas permis de douter, et que la postérité apprendra qu'il a existé simultanément, nonseulement dans Ta même ville, mais encore dans la même université, deux savants, deux professeurs du nom de Fritssche, tous les deux supérieurs, chacun dans leur partie, l'un théofogîen distingué, fautre grand philologue, connus l'un et Fantre, non par les attaques littéraires qulls anraient dirigées contre leurs contemporains, mais bien par celles auxqueRes ils anraient été nniversellemenl el injustement en butte. — Je lui demanderai, dîsje, si la postérité se trouvera autorisée par 15 à prétendre qu'ils ne sont qu'une seule et même personne, et s'îl lui serait permis d'en donner pour raison : Mîre tengruant temporum raiiones, arti$ prœitantia, iniqua contention »
préventions contre le caractère historique d'un écrivain ; mais qu*il ait du moins la bonne foi de convenir qu'il prend son point de départ dans des présuppositions , tout aussi bien que nous !
Au milieu de cette histoire si simple» qui se rattache de toutes parts à des dates et à des usages connus, nous voyons maintenant apparaître les miracles. Des critiques au caractère inquisitorial, comme le D' Paulus, ont certamemenl formé plus d'une fois le vœu que deux personnes de profession différente intervinssent seules pour l'explication complète des faits miraculeux relatés dans le Nouveau-Testament : un juge d'instruction et un docteur en médecine. L'histoire du Nouveau-Testament est de bonne composition» et elle se rend volontiers aux désirs de ceux- * là même qui la traitent avec tant de sévérité. La guérison de l'aveugle-né (Jean » 9) a été U sujet d'une enquête de la part des juges d'instruction du Sanhédrin de Jérusalem, et le résultat de l'enquête a été celuici : Cet homme est un aveugle-né , et il doit la vue à Jé^ sus. Les Actes des Apôtres nous montrent un médecin dans celui qui a examiné les miracles. Le médecin Luc a été témoin oculaire des miracles opérés par Paul : on ne trouvera pas chez lui une prédilection déplacée pour le merveilleux. Quand le jeune Eutychus» succombant au sommeil, tombe du troisième étage et est relevé comme mort» on s'attend au spectacle d'une résurrection pompeuse ; mais non ; d'après les Actes des Apôtres, Paul se borna à consoler
les spectateurs par ces simples paroles : « Ne yous a troublez pas , car il vit (Actes. 20, 10)1 1 — Quarante Juifs de Jérusalem se sont engagés par serment à s'abstenir de boire et de manger , jusqu'à ce qu'ils aient tué Paul : on s'attend à quelqu'apparition céleste, qui vienne en prévenir l'Apôtre et le protéger. Loin de là , c'est le neveu de Paul qui se hâte de l'avertir » et il se met sous la protection du gouverneur, — Lorsque Paul échappé aux vagues aborde à l'Ue de Malte , une vipère s'attache à sa main : on s'attend à quelque conjuration magique et merveilleuse ; il est dit au contraire tout simplement : « Mais il secoua la vipère dans le feu , et n'en éprouva aucun mal. (Act. des Ap., 28, 5). • * — Le témoignage de Luc, historien aussi simple que médecin modeste , nous apprend aussi que • Dieu « opérait de grands miracles par les mains de « Paul » , et qu'il suffisait même d'appliquer aux malades les mouchoirs et les Unges qui l'avaient touché pour qu'ils fussent guéris, et pour chasser les malins esprits du corps des possédés. (Act. desAp., 19, 12] . — A Malte, l'Apôtre rendît la santé au père de l'homme le plus considéré de l'Ile , en priant et en lui imposant les mains ; et une multitude d'autres malades viennent le trouver et se faire guérir par lui (Act. 28, 9.) — Dans une prédication pleine de foi» Paul exhorte les marins à la reconnaissance envers Dieu, au moment même où ils sont encore dans le plus grand danger (Act. des Ap. 27,
85. et suiv.) — Pierre et Jean sont cités devant le Sanhédrin pour avoir guéri un malade. Pierre a la hardiesse de reprocher ouvertement aux chefs du peuple le meurtre du Messie ; le malade a été amené avec eux devant le Conseil assemblé ; les membres du Sanhédrin sont frappés d'étonnément, et certes ils ont dû frémir en voyant la puissance qu'ils avaient cru détruire par la mort de Jésus, ressusciter» pour ainsi dire, dans la personne de ces disciples inexpérimentés. Cependant ils n'osent contredire ce discours hardi , et ne peu* vent réfuter ce faîl évident ; ils n!osent pas davantage prononcer la peine de mort contre le thaumaturge ; et TefTet produit sur le peuple est si grand que près de 5,000 personnes se sont réunies à rÉglise par suite de ce miracle; ils ne trouvent d'autre moyen que d'imposer silence aux deux disciples de Jésus (Act h.) . — Aucun des signes opérés par les membres de la nouvelle Église ne Test en leur propre nom : • Je ne possède ni or « ni argent, s'écrie Pierre (ch. 3, 6.); mais je te « donne tout ce que j'ai : au nom de Jésus- Christ « rfe Nazareth, lève-toi, et marche ! » Nous voyons que celui qui avait promis à son Eglise de demeurer avec elle jusqu'à la fin du monde , a tenu sa parole ; il est resté avec elle : de même que l'activité créatrice et consenatrice de Dieu persévère dans le gouvernement du monde, elle persévère aussi dans rÉglise. Le Christ n'était point semblable au soleil
des tropiques, qui se lève et se couche sans dorer le ciel de ses rayons ; de même que l'aurore des prophéties Tavait précédé d'un grand nombre de siècles , ainsi , après sa mort » la puissance miraculeuse qu'il avait donnée à son Église lui a servi de crépuscule. Or puisque cette puissance régnait parmi les Chrétiens , comment aurait-elle pu man« quer à leur chef ?
Nous avons appris, dans les Actes des Apôtres, à connaître Paul comme un homme qui force Tesprit le plus froid à Testimer. Qui pourrait en effet refuser son estime au courage qu'il déploie devant Festus, quand il impose tellement à ce gouverneur, et qu'il excite dans le roi Agrippa le désir de le connaître (Acl. 25, 22)? Qui pourrait la refuser à l'énergie et en même temps à l'adresse qu'il montra dans son discours devant le prince juif (Act. 26) ? Comment la refuser au courage, à la prudence, au sang-froid qu'il fit paraître lorsque le vaisseau était en danger de faire naufrage (Act. 27) ? Quand son histoire et les paroles de personnes qui lui sont étrangères nous l'ont fait connaître, combien le désir de l'entendre parler lui-même ne devient-il pas plus vif! Non , cet homme d'un caractère si ferme n'est point un fourbe adroit ; cet esprit si calme et si 'philosophique n'est point un enthousiaste * : le tableau qu'il trace des effets du Christianisme,
* Athanase Coquerel Ta parfaitement démontré dans son
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et ridée qu'il donne du fondateur de cette religion , doivent être vrais. Nous avons de lui treize Épltres * qui font assez connaître ses opinions; et la critique moderne reconnaît l'authenticité des principales. Vient- on maintenant à les comparer avec les Actes des Apôtres, et à rechercher si elles s'accordent avec le jugement que , d'après ce livre , nous avons porté sur le caractère de l'histoire évangélique, on trouve qu'elles confirment cette liistoire sur tous les points. Ces Épltres nous représentent Paul ferme y courageux, et même plein d'allégresse au milieu des fers; que l'on compare surtout l'kpltre aux Philippiens, en se rappelant que l'homme qui dit à plusieurs reprises : « Réjouissez-vous , mes chers frères ! réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur; je vous le dis encore une fois, réjouissezvous I » (Ép. aux Phil., &, &), portait des chaînes lorsqu'il écrivait ces paroles (Act. des Ap. , 28, 20) ! Ses Épltres, et surtout les deux qu'il adressa aux Corinthiens, révèlent un homme modeste , sage et hahile. L'Épltre aux Golossiens montre l'irritation que lui causait une affectation de piété extérieure et une exaltation enthousiaste (Coloss. 2,
spirituel ouvrage sur le livre duD' Strauss. V. aussi Lyttelton, dans les Démonstrations de M. M igné.
(Note de l'Éditeur.) • On sait que les Protestants n'admettent pas Fauthenticité de rÈpître aux Hébreux. (Xc»fc de CÉditcur.)
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16-23) ; et ce même homme, calme et modeste, parle de pouvoirs extraordinaires, de miracles et de prophéties, comme de choses qui rentrent dans le cercle ordinaire de son expérience. Les Actes des Apôtres avaient parlé de visions dans lesquelles le Christ transfiguré, était apparu av disciple ravi en extase (Act. 22, 17; 28, 11). Il parle lui-même de ravissements merveilleux qu'il a éprouvés (2 Cor. 12 , 2 ) , quoiqu'ici même on reconnaisse encore sa modestie, car il n'en fait mention que dans ce passage* Le même ouvrage a raconté les miracles que Paul a opérés; il parle luinnême des t prédications et des couvres, des prodiges et des miracles par lesquels il a propagé l'Évangile (Rom. 16, 19. 2 Cor. 12» 12 *). » Les Actes des Apôtres ont
* Par honreur pour les tniracîes, on aime mîeox déclarer en maflae indignes de rhiatoire, tous les passages des Évangiles et des Actes des Apôtres où il s'en présente , que de se laisser eonToincre par eux. Nous ne devons plus nous étonner de ce procédé, lorsque nous voyons que là où les ciseaux de la critique ne sont d'aucun service, on emploie la lime de Texégèse pour violenter les textes, comme par exemple chei Reîche, qui TOUS donne les tnifinK et rspoera que Paul dit avoir opérés » pour « un miracle dans le cœur des nouveaux convertis (Voy. Rom. 15 , 19). • Le D' de Welte n'a pas pu approuver une pareille énormité exégétiquc ; il reconnaît que dans les deux passages, Paul parle de ses propres miracles; mais il reprend: « Toutefois, nous ne sommes point suflisamment éclairés sur ce que renferme ce témoignage qu'il se rend . ni même sur le sens des mots oi^faroc et répocrccy parce
parlé du don miraculeux des langues chez les premiers Confesseurs du Seigneur. Paul remercie Dieu de ce qu'il possède ce don , et même à un degré éminent (i Cor. lA, 18). Mais nous reconnaissons encore ici sa modestie. En effet , pour eriiorter ses firères dans une langue connue , il est disposé à sacrifier cet état extatique qui avait tant de charmes pour celui qui s'y trouvait plongé. L'apparition du Christ glorifié indique le moment où Paul changea de vie (Act. 22 , 10. 26. 15.) ; dans sesEpttres il parle de cet événement comme du plus important de son existence ; mais si , d'une part > il fonde sur cette apparition son droit et son élévation à Tapostolat (1. Corr 9, 1.), d'un autre côté, il la raconte avec l'humilité que lui inspirait la pensée d'avoir jusque-là persécuté le Fils de Dieu (1. Cor, 15, 8. 0.); et dans presque toutes ses Ëpttres il commence par assurer que ce n'est point une vo-
que les faits rapportés sont trop peu nombreux. » Comment ! lorsque ce même Apôtre nous donne toute une liste d'apparitions merveilleuse» qui ont eu lieu dans les communautés chrétiennes (4. Cor. 12, 9. 48. 28.), une telle nomenclature ne dottelle pas répandre ta lumière sur cette mention soi-disant trop restreinte? N'est -on pas forcé d'avouer que les miracles, dont la faulx de la critique a purgé le sol des Évangiles, reparaissent dans les Actes des Apôtres ; et à peine les at-on arrachés péniblement qu'ib se montrent de nouveau dans les Épîtres de Paul , et cela avec de telles circonstances . qu'ils résistent aussi bien aux ciseaux de la critique qu'à la lime de Texégèsc.
lonté humaine , mais bien un conseil miraculeux de Dieu qui a fait de lui un apôtre. Les Actes nous le montrent accablé de tribulations de tout genre, mais toujours ferme, toujours ^sous l'assistance miraculeuse de Dieu : c'est ce dont il nous donne lui-même l'assurance (2. Cor. 6, i-10. 11, 23-28.). Les Actes des Apôtres font mention de nombreuses manifestations de forces miraculeuses au milieu de l'Église , et Paul les présente comme un fait généralement connu des Chrétiens, (i. Cor. 12, 8-10. lA.). Et ce qui étonne le plus, au milieu de tout ce merveilleux, c'est de voir cet apôtre constamment témoin de tant de miracles, et Cependant n'en attendre aucun. Il sait que son compagnon Kerre a été délivré de ses liens par une apparition céleste ; il n'a point oublié qu'à Philippes, tous les fers ont été brisés, toutes les portes ont été ouvertes par l'effet d'un tremblement de terre (Act. 16.) ; et cependant à Borne il porte ses chaînes patiemment, comme un homme qui n'a aucun droit de compter sur quelque chose d'extraordinaître en sa faveur; il ignore ce qui l'attend , de la mort ou de la délivrance (Phil. 1. 20.). Dans toutes ses paroles , depuis Césarée jusqu'à Rome , et plus tard dans toutes ses Ëpltres , rien n'indique qu'un événement miraculeux quelconque doive le sauver. Et l'on voudrait le ranger dans la même catégorie que le premier venu des Juifs qui voit des miracles partout !
Crédibilité de Vhiitoire étfangéiique, proutfée par sa comparaiton avec d*autre$ tradiliotn qui ont , en apparence , la même nature.
C'est la comparaison de» traditions antiques et modernes soit dans leur ensemble , soit dans leurs détails» avec l'histoire miraculeuse du Nouveau-Testament, qui a le plus contribué» dans les derniers temps, à faire naître et à entretenir le doute sur la véracité des récits évangéliques. Car» comme a dit un poète: « Quand nous avons été souvent trompés par des fables , nous sommes en garde conti*e la vérité elle-même, qui se présente à nous sous le voile du merveilleux. »
Toutefois, si l'histoire fabuleuse et l'histoire véridique des Évangiles se trouvent basées sur une idée commune, la généralité et, par conséquent, la nécessité de Tidée chrétienne, en ressort avec plus d'évidence.
La superstition elle-même est une ombre projetée sur la vie par la vérité. Elle emprunte à celle-ci la vertu de rendre à l'âme le calme dont on éprouve un besoin invincible. Mais il existe une différence essentielle entre ces images trompeuses et la vérité évangélique. Si l'histoire de l'idée a été pressentie dans les premières , bien qu'impar-
faitement, elle revêt, dans la dernière seule, le corps qui lui convient , et entre dans le cercle de la réalité. Cette différence , il est vrai , est niée par nos adversaires sur tous les points où ces parallèles peuvent se présenter. Du reste , l'emploi de cette arme contre Thistoire miraculeuse du Nouveau- Testament n'est pas récent. Gelse , comme on le voit dans Origène {Contra Celsutn, 1, ch. 6, 67.), oppose aux miracles chrétiens, tantôt les prodiges des thaumaturges paiens, tantôt ceux de la Mythologie ; et les narrations mythiques employées par Origène lui-même (ch. 8.), en partant de Maton, de Py thagore et de Socrate , seraient également susceptibles d'être opposées aux miracles évangéliques-Les Paiens nous ont même laissé des ouvrages de polémique contre le Christianisme,dans lesquels l'argumentation est principalement basée sur des parallèles de ce genre. Au conmiencement du iv* siècle , un gouverneur de Bytfainie, Hiéroclès , qui, par sa guerre contre les Chrétiens, se servait à la fois du glaive et de la plume , écrivit contre eux un livre, où il établit un parallèle entre les miracles du thaumaturge Apollonius de Tyane et les miracles du Christ ; il refuse aux faits de l'histoire miraculeuse du Christianisme la crédibilité historique qu'il accorde , à un haut degré, à ceux d'Apollonius. «Il faut ré- « fléchir, dit-il, que les miracles de Jésus ont été « rapportés dans un style hyperbolique par Pierre , « Paul et autres gens semblables , personnages
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« menteurs , grossiers et adonnés à la sorcellerie , « tandis que ceux d'Apollonius l'ont été par Maimex « d'iEga, Pbilostrate d'Athènes, et Damis le pkilo- « sophe. Ce dernier a vécu avec lui , et ils possé^ t daient tous les trois un esprit éminemment culti- « vé ; ils étaient remplis de respect pour la vérité, et, « par amour de l'humanité, ils ne voulaient pas que « les actions d'un homme aussi noble et chéri des « Dieux restassent ignorées. » — La même absence de saine critique , que Ton rencontre dans tant d'autres parallèles établis dans ces derniers temps , ca^ ractérisait déjà ce premier essai, cette première prétention de réfuter la vérité historique de l'Evangile, au moyen de rapprochements équivoques. Cet Apollonius de Tyane est en effet un thaumaturge qui parait èti*e né à la même époque que le Christ et avoir vécu jusque sous le règne de Nerva , de 96 à 98. Sauf quelques mots succints qui ont trait à lui, particulièrement dans Dion-Gassius, toutes les autres relations qui le concernent ont été perdues jusqu'à Philostrate. L'ouvrage détaillé de ce rhéteur du in* siècle , est le seul qui nous reste , le seul aussi sur lequel Hiéroclès s'est appuyé. Cet ouvrage fut composé pour servir de lecture à Julie , femme de l'empereur Seplime-Sévère, et l'auteur y donne, comme des sources historiques, les relations qu'un Assyrien nommé Damis, disciple fidèle du thauma* , turge, doit avoir composées, et qu'un parent de ce même Damis, dont on ne dit pas le nom, doit
avoir mises entre les mains de rimpératrice Julie. Mais en premier lieu» aucun autre ouvrage ne faisant mention de ce Damis , nous n'avons aucune certitude sur l'exactitude de ses relations. En second lieu» l'œuvre de Philostrate est composée dans un style pompeux , et l'auteur employait très probablement les figures de la Rhétorique à orner les documents historiques qu'il avait sous les yeux. L'ouvrage est» en outre» rempli de grossiers anachronismes. On peut même regarder comme vraisemblable que Philostrate a voulu tout simplement et dans un but de polémique établir un parallèle entre Jésus, le thaumaturge des Chrétiens » et un thaumaturge païen , et que dès-lors les traits de détail ont été inventés à ce dessein» ainsi que l'a démontré le savant traité de Baur» sur Apollonius (dans la livr. /k""» 1832» d\x Journal de Tubingue*). Ces diverses circonstances n'ont cependant point arrêté quelques rationalistes» amateurs de polémique. Elles ne les ont point empêchés d'en forger» quoique d'une main maladroite» une arme contre la foi chrétienne. C'est ce que Blount fit» le premier» en 1680» dans sa traduction des deux premiers livres de Philostrate » et c'est ce qu'essaya plus tard» un auteur anonyme» dans le livre intitulé : Certitude des preuves de l'ApoUinisme (Franc-
• On peal voir , ponr plus de détails, ÏHigtoire d'ÀpoUonimM eonvaineti d'impiéié, par EIHes Diîpiw.
(Note de CîiJiUur,]
fort, 1787). Il s*est cependant, depuis, rencontré nn auteur, qui, aiguisant cette arme grossière d'une main plus exercée , lui a donné tout le mordant dont elle est susceptible. L'Agathodémon de Wie* land, n'est en effet qu'une fiction qui, sous prétexte d'expliquer naturellement la vie du thaumaturge de Tyane, nous montre du doigt le thaumaturge de Nazareth.
Il s'agit maintenant de savoir si les Apôtres et les Évangélistes ont rempli les conditions exigée^ par une saine critique ; et c'est un point sur lequel nous avons déjà eu à nous expliquer dans le cours de nés recherches. On les a accusés d'être des esprits bornés et de voir partout des prodiges. Nous répondrons d'abord à cette accusation : ceux qui, par horreur des miracles, commencent par décider que les miracles sont impossibles , ont-ils bien le droit d'accuser les autres d'aimer les miracles, de les rechercher ? A celui-là seul qui ne s'est pas décidé sur la possibilité ou l'impossibilité des miracles en général , il est permis de se prononcer par oui ou par non sur le fait d'un miracle particulier. Quiconque a la prétention de porter un jugementsurlesfaits surnaturels doit commencer par dire avec Augustin : Dandumhoc est Deo, eum facette aliquid posse quod nos investigare non possumits. jLa passion, comme l'aversion, pour les miracles , est une maladie ; elles sont l'une et l'autre une faiblesse de la nature humaine. Ceux auxquels la critique inspire cette horreur du suma-