‹ Essai sur la crédibilité de l'histoire évangéliqueChapitre 16 sur 26 · AU · texte numérisé non relu

AU

turel , et qui s'en vantent comme d'une prérogative de leur siècle , ne rendent en vérité justice ni aux siècles qui les ont précédés, ni aux Apôtres euxmêmes. Les hommes étaient-ils donc jadis composés d'une autre substance , pour ne pas aimer aussi les choses palpables? Placés dans un milieu où le mi* racle , cet enfant chéri de la foi , était si bien accueilli, ils n'en ont pas moins, à peine rassasiés parle premier miracle de la multiplication des pains, manifesté de nouveau leurs craintes pour l'avenir : Où prendrons^nous du pain, demandaient-ils (Matt. 16, 7.) ? « Oh I hommes de peu de foi , ne comprenezvons donc point encore? * Voilà les reproches qu'ils doivent entendre. Fermement convaincus que l'homme qui était mort sur la Croix, était celui « qui devait racheter Israël, » ils n'en sont pas moins restés près de son tombeau , ayant à peine le pressentiment qu'il devait encore se passer quelque chose; et il leur a fallu subir ce reproche : « 0 insensés! dont le cœur est tardif à croire ce que les Prophètes ont annoncé ( Luc , 2A - 25. ) I » Est- il étonnant qu'un tel traitement ait fini par étouffer l'esprit de doute? et même Thomas, auquel sa foiincer* taine et son amour des choses palpables a depuis longtemps mérité d'être canonisé par le pontife de Heidelberg*, n'est-il pas une preuve frappante que

• I^ D' Paolas , profeswnr à Hcidelberg.

(/Vo/c de CÉdiitmr,)

le génie de la critique ne date pas du xix* siècle 1^ Si, d'une part, Thomas nous montre» dans les Apôtres» une foi faible et défiante en présence des miracles» Luc et Paul» d'autre part» nous ont déjà tait connaître ce juste-milieu qui admet le miracle là où il se manifeste» sans cependant soupirer maladivement après lui là où il se dérobe à nos regards. Pour prouver que Timagination de ces honh* mes ne posait point une couronne brillante de miracles sur tout front saint et sacré » nous ne rap-^ pellerons ici qu'une circonstance bien digne de remarque : il est expressément dit dans le quatrième Évangile» que Jean-Baptiste n'avait fait aucun miracle (Jean» 10» &!.)• Nous ne doutons pas que» puisant dans son fonds intarissable de bonnes raisons» notre critique n'en trouve une toute prête sous sa main pour expliquer ce passage: « Évidemment» nous dira* t-il» cette remarque du quatrième Évangile n'avait d'autre but que d'élever et de glorifier Jésus au dessus de Jean ; et c'est par la même raison que cet évangile ne parle pas des relations plus anciennes qui avaient existé entre Jésus et Jean-Baptiste. En effet , dit-il , moins Jean-Baptiste avait précédemment connu Jésus» qu'il exaltait si haut dans la suite , plus la scène étonnante qui le lui désignait avait de poids ; moins ses Relations avec lui paraissaient le résultat de circonstances naturelles » plus elles semblaient dériver immédiatement de la volonté de Dieu môme. » — Mais supposons que l'on

— 41« — eût attribué à Jean une foule de miraclett, il est hors de doute que, dans ce cas aussi, la corne d'abondance des bonnes raisons n'aurait pas fait défaut. On eût raisonné ainsi : « L'intérêt de la légende n'exigeait-il pas que Jean, qui devait annoncer Jésus , fût entouré d'un chœur de miracles ? Tout Téclat qui environnera le précurseur de Jésus , ne retombera-t-il pas sur Jésus seul ? Plus Jean nous eût été représenté comme un homme ordinaire et sans importance, moins son témoignage aurait eu de poids. On devait au moins le représenter coonne un prophète , et le don des miracles n*était pas moins ' inhérent à la qualité de prophète que celui de prédire l'avenir. » — Ainsi raisonnerait la critique. Comme on le voit, savoir se servir de tous les moyens, n'est point un talent à dédaigner ! — Hais nous ne devons point oublier ici qu'au moins les miracles de Jésus sont presque tous par leur nature même complètement à l'abri d'une illusion des sens.

Voilà des arguments que nous devrons toujours avoir sous les yeux , lorsque nous examinerons le cercle des légendes comparées à l'histoire évangélique.

L'extension que ces parallèles ont donnée dans ces derniers temps à l'argumentation rationaliste est immense : il n'existe aucun mythe qui n'ait été opposé, sans égard aux circonstances historiques» aux relations miraculeuses du Nouveau-Testament. Par exemple, on sait comment Romulus, dont l'a-

pothéose a été racontée par Ïite-Live après 7â0 ans, a fourni un parallèle avec l'ascension du Christ. La neuvième incarnation de Wichnou , Bouddha , né de la Vierge Maia , a servi également de thème à un parallèle historique avec la naissance de Jésus- Christ *; et pourtant cette légende n'est que l'expression symbolique d'une idée philosophique. Bien

* Volney a prétendu trouver aussi le type original de notre histoire évangélique dans une légende de Crichna (Buine$^ p. 267). Mais Bentley a démontré que la rédaction de celte légende ne pouvait être antérieure au vir siècle de notre ère (V. le IV* Discours de M g' Wiseman sur C accord des sciences avec la religion révélée, V partie), et il en a conclu que les analogies de cette légende avec nos évangiles proviennent d'emprunts faits au Christianisme. Les travaux récents, dont le Bouddhisme et la religion dp Tao ont été l'objet, conduisent à un résultat analogue, en ce qui concerne les légendes de Bouddha et de Lao-tseu. Si le fond primitif de ces légendes est antérieur à notre ère, les détails qui rappellent la vie du Christ, ne tiennent pas à ce fond primitif. Du reste, nous ne doutons pas que ridée du Rédempteur, attendu depuis Torigine du monde, et la notion plus ou moins confuse de l'incarnation n'aient servi de thème à un grand nombre de my thographes payens , et spécialement aux auteurs de ces légendes. Que, plusieurs siècles avant Jésus- Christ , des sectaires de l'Inde et de la Chine aient appliqué les traditions messianiques à Crichna , à Çakya- Mouni, à Lao-Tseu, comme Virgile les appliqua, par une flatterie sacrilège, au fils de PoUion , et comme des fanatiques de la Judée les appliquèrent à Barcochébas , il n'y a rien là qui doive nous embarrasser, ou nous surprendre ; tout au contraire. Quand l'universalité de ces traditions se montre ainsi dans

Googk

— âl« -

|>lus , Bouddha a rendu troit «uires fois ce méBM service aux incrédules» sous les différents noms Minois, siamois et mongol de Fo, de Somonokodam et de Çakya-mouni. Il serait facile de prouver» par cette méthode» que Blanchard n'a point fait une ascension malheureuse , puisque la légende d*Icare est un mythe; — (pie Parry nous a fait des conlts ' sur les Esquimaux» puisque les Pygmées d'Hérodote sont une fable ; — que Napoléon n'est point allé jusqu'à Moscou an nord » et jusqu'au Caire au midi» puisque les campagnes d'Hercule dans le pays des Amazones et dans l'Ile d'Ërytbîe sont des exagérations de l'Histoire.

Mais» si nous détournons les yeux de semblables parallèles» indignes de la critique » il nous reste encore un vaste ensemble de légendes» doni les rapports avec l'Histoire semblent autoriser une comparaison avec nos évangiles canoniques. Nous en extrairons donc quelques-unes» et nous choisirons

l'abus même qae tous les peuples payens en ont fait » n'avonsnous pas droit d'en conclure que ces traditions avaient leur source dans la foi primitive de l'humanité , et que le Dieu- Sauveur était bien, suivant l'expression de nos saintes Écritures» le déêiré dêê nations ?— Cfr V Introduction à-Ckàtoirt dm Bouddhitme indien, par M. E. Burnouf ; le Mémoire sur Corigimê et ta propagation de la doctrine da Tao , par M. Pantbier ; un Spécimen du Gya-ther-rol-pa publié par M. Foucaut, le PÔe-koui^ ki, publié par A. Bémusat, Klaproth et Landresse, la traduction du Haripama par M. Langlois, etc. (Note de t Éditeur).

— 4W — de préférence le* plus intérewanles, celles qui datent dea temps postérieurs à Jéaus-ChrisI et reiitreat dans le doDQaîne religieux. Nous exanûnerons d'abord le cyele des légendes qui » dans Vordre des temps, se rattachent inunédtatement i Thistoire évangéKque et ont la prétention de la cooQpléèer, ou même de la redresser.

A- Cycle des Apocryphes.

Tous les noonuments de l'histoire primitive du Christianisme qui n'ont pas été insérés dans le Nouveau-Testament, sont désignés «eus le nom d'apocryphes» Cette exclusion leur imprime un cachet d'incertitude-, sous le rapport historique , ou d'opposition à l'esprit du Christianisme, sous le rapport dogmatique.

Si l'histoire évangéUque était comprise elle-même dans le domaine du mythe , il faudrait naturellement s'attendre à ne pas trouver, dans ces légendes apocryphes , un caractère essentiellement différent de celui des récits du Nouveau -Testament. Elles devraient se distinguer seulement des légendes qui les ont précédées, à peu près comme un édifice plus moderne et dbnstruit dans le même style, se distingue d'un temple plus ancien, auquel il se trouve accolé. Mais il en est tout autrement. Il est en effet reconnu que le cycle des évangiles apocryphes ne

ressemble pas plus à celui des évangiles canomqoes que les marionnettes au drame du genre le plus élevé. Le portail grec accolé à la cathédrale gothique de Tolède, et le clocher élevé sur le Parthénon d'Athènes n'offrent pas de contraste architectonique plus choquant que celui de ces monuments apocryphes, comparés aux livres canoniques. 11 ensle une différence si énorme entre ces deux classes de récits, qu'on reconnaît immédiatement le caractère de l'histoire apocryphe , jusque dans ses moindres détails.

Nous avons déjà remarqué le peu de rapport qui existe entre ces deux genres d'écrits. La prédilection pour un mélange de couleurs heurtées indique un goût mal formé. On reconnaît de même, sur-le-champ, à ce mélange de couleurs bizarres et vraiment dignes des Chinois, l'absence d'instruction religieuse chez les. apocryphes. On peut dire avec vérité que la teinte donnée à ces œuvres par leurs auteurs tient essentiellement à la manière dont ils comprenaient l'histoire qu'ils écrivaient. ~Ce n'est ni l'intérêt de la religion, ni le soin de son âme et de celle des autres, ni cet attachement plein de reconnabsance pour C4elui qui se lit pauvre afin de nous rendre tous riches, qui portent l'écrivain apocryphe & prendre la plume, et le guident dans son travaiL U n'est , en un mot , dirigé par aucun de ces motifs internes qui ont engagé nos évangélistes à écrire.

— hn —

« Cesparoies sont écrites» dit Jean (ch. 20, 31)» afin « que ?ous croyiez que Jésus est le Christ, le fils de < Dieu, et que par la foi vous obteniez la vie en son « nom. » Le but des apocryphes est uniquement de satisfaire un attrait puéril pour le merveilleux. C'est, à proprement dire , ce qui caractérise U conte; et 'même là où un intérêt religieux aurait pu se rencontrer, rien , dans la narration, ne s'élève au-dessus du caractère du conte. Partout , dans nos évangiles, le Christ occupe si complètement le premier plan , que ses miracles eux-mêmes, malgré toute leur grandeur , ne le relèguent pas une seule fois au fond du tableau. Ces miracles, en efifet, ne sont pas des répocxa. et des ^aùparoe^ mais des aniuiccy qui ne font que reporter constamment la pensée sur le mystère du royaume spirituel, dévoilé en Jésus. Dans les apocryphes au contraire, les partenta grotesques et aventureux absorbent tellement Tattention , qu'ils la détournent même de leur auteur. De même que nous voyons parfois une étoile filan^ te efiacer l'astre dans la direction duquel elle est tombée , le merveilleux rempKt à tel point ces légendes» qu'il D*y reste plus de place pour les enseignements du Seigneur. En revanche , les prédécesseurs, les contemporains et les apôtres de Jésus y acquièrent une haute importance. Quelques-uns des apocryphes, tels que YHistoria Josephi, sont expressément composés pour la fête des Saints. Appelons l'attention spéciale du lecteur sur une

Googk

circonstance qui a rapport aux paroles de Jésas. N'est-il pas bien digne de remarque , n est-il même pas inexplicable , au point de vue naturel , que des hommes d'une éducation nulle , comme étaient les Apôtres , ne nous aient fait connaître aucune sentence du Christ, que Ton puisse traiter d^insignifiantei ou de triviale ? Que Ton se fasse rapporter les discours et les actioi^s d'un homme d'un grand génie par un homme pieux, sans instruction , mais du reste plein de bon sens : il n'apercevra jamais la limite exacte entre ce qui offre une importance véritable et ce qui est indifférent. Aussi voyez les évangiles apocryphes : c'est à peine si l'on y rencontre une sentence digne d'être recueillie , â moins que la Gnose n'ait inspiré à l'écrivain des idées plus élevées que celles où il se complaît.

Nous avons eu l'occasion ci-dessus d'extraire , pour les. lecteurs auxquels la littérature apocry^e est inconnue , deux exemples pris dans ces ouvra^ ges ; ib peuvent servir à faire sentir le contraste qui existe entre eux et nos relations évangéUqaes. Nous y en joindrons un troisième, tiré de VÉtan*giie de Jacques, évangile qui appartient au second siècle après le Christ, et où, à partir du cb. 18, l'enfantement de Marie est raconté de la manière suivante : c Et Joseph trouva une grotte dans laquelle « il la conduisit ; et il alla chercher une sage-leuame « dans les environs de Bethléem { et Jossph allait et k il n'allait point ; et il regardait le ciel, et il voyait

le pdie du ciel immobile , et les oiseaux du leiel iremèler; et il regarda vears la terre, et il aperçut une chaloupe ; et les ouvriers qui s'y trouvaient étaient couchés ; et ceux qui voulai^it soukrer ipi«lque chose ne soulevaient rien ; et ceux qui voulaient porter quelque chose à leur bouche, ne portaient rien à leur bouche ; mais leurs r^ards à tous étaîeot tournés vers le ciel. Et }e vra des moatons que Ton conduisait a«x pâturages et q«i ne bougeaient pas; et le berger leva la main pour les frapper, et sa main resta sans moiivenMot; et des boucs restaient immobiles près d'un ruisseau , la bouche tout près de Teau, et cependant ne buvant pas; car tout était saisi d'éionnement. Vdli qu'une femme descendit de la montagne, «t dit: homme , où vas-tu? Je lui dis: je cherche une aage-femma. Elle demanda: dlsrael? J« ré* pondis : oui. Elle dit : qui a enfanté éàos la gnatte ? Je dis : ma fiancée. Elle demanda : «st-œ qu'elle n'est pias ion épouse ? Je répondis : c'est Marie , élevée dans le iemple du Seigneur, qui a eonçn du saint Esprit. Alors la sage-fenune 4St: cela eat-il la vérité? Je dis : viens et sois-en témoin. Et «Ue lônt avec n»ot , et elle s'arrêta près (de la groliite, qui était ombragée par une nuée ; an aorte «pfelle «'*éoria: mon âme s'est élevée, car ]'ai vu un nouveau spectacle : le salut est arrivé a Israi^. Alors le nuage s'éloigna delà grotte; et wn% lumière éblouissante ap|)arut dans la

• groUe ; et au moment où la lumière se retira , m Tenfant parut, et prit le sein de sa mère. Là* « dessus, la sage-femme s'empressa de sortir, et elle « rencontra Salomé, et lui dit: Salomé, j'ai un

• nouveau miracle à te raconter : une vierge a c enfanté, et elle est restée vierge, ce qui est con- « traire à la nature. » Que ceci nous sufiBse; car, immédiatement après cette narration, suit une enquête que Salomé fait subir à Marie par rapport à ce miracle , enquête qui forme le contraste le plus tranché avec la chasteté délicate que l'histoire évangélique a mise à indiquer plutôt qu'à raconter ce prodige.

Maintenant, plaçons sur la même ligne ces deux cycles de miracles : l 'apocryphe et le canonique. S'ils appartiennent également tous les deux au seul domaine de la légende d'invention , la prodigieuse différence de leur caractère devra paraître un problème difficile à résoudre. Selon Strauss , l'histoire des luttes de Jésus a suivi , dans la formation du mythe, une progression ascendante, s'élevant a à la troisième puissance. » Si la première transformation de l'histoire montrait Jésus prévoyant sa Passion , la seconde , celle des synoptiques , la lui fait ressentir d'avance , et dans la troisième, celle de Jean, il-va jusqu'à remporter, toujours d'avance, la victoire sur sa crainte. Le même esprit préside à ces trois degrés. Mais d'où vient donc cette caricature que l'on voit apparaître subitement dans

le quatrième degré de formation de la légende évangélique ?

Strauss a sauté » pour ainsi dire, à pieds joints par dessus cette question. Il s'est emparé d'une règle posée par le D' Schneckenburger, règle qui fait disparaître la difficulté en un clin-d'œil. « Au « surplus, dit-il, Schneokenburger rappelle . avec « raison que Térolntion du mythe a du mawimum et c un minimum ; ce que l'on peut définir avec plus de «( précision , en disant que partout la production des « mythes a deux périodes : une période primaire , puis « une période secondaire. Les produits sains de là « la première période (nos évangiles canoniques) < se distinguent par une noble simplicité ; ^ les c produits maladifs de la seconde, au contraire , « (les apocryphes du Nouveau-Testament) sont catt ractérisés par le défaut de naturel et par l'exagé- « ration. » Notre critique se borne à cette. courte observation qui , selon lui , doit nous satisfaire. Nous ne pouvons cependant le tenir quitte à si bon marché , et nous devons nous étonner que , dans une pareille recherche, il se soit lui-même contenté de si peu.

11 serait d'abord à désirer que Ton démontrât cette assertion 9 en en faisant l'application à l'histoire mythique de divers peuples , afin de voir clairement si les parallèles que notre critique a en vue sont de nature à être employés ici , et surtout quelles sont les circonstances de temps dans lesquelles ces périodes ,

Googk

la période pritnaréuUe et la période secondait e , u tout manifestées. Par exemple, quelle est, dans la iiiyihalogîe grecque, la période r^ardée coaune «eceodaîre par k D*" Strauss ?

Un^avant adf«rsairê du Docteur» M. HolIÎBann, Im « a fait cette cègecCion * : «n est facile deprom^qoe, « dans sa formation» le Mythe suit une marche dta- « méiralement opposée. Le Mythe le plua aacîeA « étant plus eyaabolique » plus allégonque, et a'a- « yant pas re?étai complètemeat la forme histof rîque » renfernte partout » dans la mythologie « indienne ceuuBe dans la mythologîe f;reoque« c les réoî4s les plus étranges $ tandis <iue les é?è- « nements relatés dans les myUies postérieurs sont < d*ftutant plus naturels que ces mythes sont plus « miodemeff. t L'obsenratûm historique confirme oelte opinion sw le développement des mythes*. 1^ myihe philosophique a sans doute une crue lente et graduelle» oomme l'Histoire» et pomme la akmgie légende ; aaais» abstraction faite des cas où la Comédie s'est emparée des mythes pour atteindre son but» les mythes ne deviepnent pas plus monstrueitt dans leur cours à travers les âges ; ils revéteni au contraire» à l'instar des symboles antiques» unefonne plus pure» et prennent un sens {dus élevé; ce ^

• Voyei la Fie de Jétu$ par Stratus, tritiquée par Hoffmann, 4*«àhîeir, p. 97.

•' CcMiparct par «temple, O, Mnfler, p. 421 , sar4e roytbe de Pfométbée.

Googk

provient surtout de ce qu'oti à acquis ^e«i à peu It cofiAcieiice 4« se ttioutmr datw le dommne de Tuilégorie. Poorift'en convaincre/ il suffit "de reporter sa pensée 9ur ie rapport des mythes gigantesque» et fantastiques de l'amcienne Asie, tite la Phénicie, de la Chaldée et de l'Egypte, avec Hceux de la Grèce. On peut étudier aussi les mythes grecs eux-mêmes , et comparer , par exemple , ce que Creuzer dit des rapports du lupiter moderne lavec Tancien Jupiter areadien et «dodooien: k premier ne devient^il pas de plus en plus hummin? ^ Ne « finil-il pas» pour ainsi dire» pur devenir vérila-- « blement historique, à tel point qu'en dernier ItMi « on ne sait pitfs si Ton doit dire q«e IVm adore 'en « lui un Keti , ou un homme * ? »

Si nous jetons tin coup^V»il sur ^ rapports de temps entre les é^mg^es apocryphes et ks évangiles •canoniques ^ il sera de toute évidevice que l'on ne peiït emploj^ ici \é paraHèfe tiré de là comparaison avec d'aalres ^yclefs de légendes on de mylhes. L'histoire ^apocryphe dé JésaS a dé telles prétentions à la vél^té historique , qne , qtiand'eUe a uti but hérétique, elle entend mdme porendre la place de l'histoire authentiqua. Elle «st, d'ailleurs , si peu tme portion secondaire de la tradition canonique , séparée de la première par des ^siècles, que, sî Ton admeft l'époque

* Symbolique, H, p. 465.

tardive assignée par notre critique à la naissance de nos érangiles, elle en est presque contemporaine. A la vérité, nous ne possédons pas encore, sur l'âge des apocryphes, la recherche si dé^rable que le D^ Thilo a promis de nous donner dans le S** volume de son Codex cipocrypkas Navi Testamenti ; nous avons néanmoins assez de données , pour montrer que la composition de ces écrits a conmiencé vers la fin du premier siècle, et que deux des évangiles apocryphes qui nous ont été conservés intégralement , Tévangile appelé Pratevangelium Jacobi et VEvangelium TkanuB israetita, étaient connus par Origène, au plus tard vers la fin du second siècle , s'ils ne l'avaient pas été dès le commencement de ce même siècle par Justin-le-Martyr. Le plus ancien évangile apocryphe qui nous soit connu, est l'EuocyyéXcov xc^ Efipaiovç. Soit que cet évangile ait été celui de Matthieu, orné de légendes, — ou, conmie Credner a essayé de le prouver, le Tcàpy^/fia nirpov, mêlé d'éléments gnostiques par des chrétiens d'origine juive et partbans du Gno^ticisme, cité sous une première forme dans les Clémentines , et employé sous une autre forme par les Nazaréens, qui y ajoutèrent des légendes pour ornement ; — il nous faudra toujours placer cet évangile vers la fin du premier siècle. Quant au Protevangelium Jacobi, il a été cité d'abord par Origène , et plus tard par Gi^égoire de Nysse , Ëpiphane , etc. On trouve aussi quelques-unes des légendes qu'il renferme dans le

martyr Justin (Dial. c. Tryph. 70.) , et dans Clément d'Alexandrie {Strom.Y. 7, p. 889, éd. Polter.); mais ces légendes peuvent également provenir de la tradition orale. L'Evangelium Thomœ Uraelita, a été cité d'abord par Origène» ensuite par Ambroise et Jérôme, puis signalé parleurs successeurs comme un évangile manichéen. Nous avons déjà vu ci-dessus que la secte gnostique des Marcosiens connaissait au moins quelques-unes des légendes qui s'y trouvent ; or ces sectaires appartiennent à la dernière moitié du second siècle. Selon Credner, leur évangile doit être également une transformation gnostique du xnpyyiict uirfov. Les traces des relations apocryphes sur le Christ se reportent donc à un temps très rapproché de celui assigné par Strauss, à la naissance des évangiles canoniques. Or, quelqu 'intérêt que notre critique ait à placer la confection de nos évangiles le plus tard possible , la connaissance que Justin en a eue ne lui permet cependant pas de reculer cette époque au*delà du commencement du second siècle. Pu^qu'il fait écrire le troisième évangile par un disciple de Paul, il ne peut même le placer au-delà du premier siècle; et il ne le pourra pas davantage, quant au premier évangile, puisqu'il considère Y Évangile selon les Hébreux conune une amplification plus récente de ce premier évangile lui-même ; il est au contraire forcé de placer le quatrième évangile après la mort de Jean, si ce n'est même plus tard , à peu près en

Tan 11& aprèft le Chriat, puisque • aelon lui » il a pm Daisaapoe au miKeu dea disoipJka éphéaiena 4e Jeap. Cel éfaegile aurait donc upe ori^a plua récçnle que TÉvangile' dea Hébreux , et se trouverait presque à égale distance des évaogilea apocrypiies et des autrea é?aagîlea canomquea*

Pour justifier sa présuppositiop» notre critique peut sanadoule faire valoir cette cireoDstonee, querÊvangile des Hébreux» est, par son caractère apocry (dàCt une espèce de transition entre la forpiation des évangiles canoniques el celle des apocrjfpbe^ Le point capital ne reste pas moins dénué de preuve : on ne peut en effet démontrer que » quant au t^nps , la formation des évangiles canoniques et celle des évangitea apocryphes soient très éloignée» Tune de l'autre. Ajoutons encore ceci i quoique TËvangile des Hébreux, dans ce que nous en connaissons, ne contienne qu'un petit nombre de passagea apocryphes et grotesques, ces passages eontrasteni, d'uAe manière frappante , avec le caractère de nos évangiles^a«oniques. Jérdme (mMîcA. 7,0.) extrait de cet évangile les paroles suivants» mises dans la bouche de Jésus : ^Med0 tuUt ^m, tnatm- «ea, sémctiu Sfliriiu$ in tm0 eapillorun tnearum. • Nous croyons pouvoir soutenir que, s'il se trouvait dans nos évangiles un seul mot pai*eîl à celui-d : « Ma mère, le Saint-Esprit m'a saisi par un de mes cheveux ,» il ne se rencontrerait pas, parmi les lecteurs de la Bible , un seul fidèle qui , à chaque

Googk

iiouf elle ketare de ce passage , ne s'arrêtât stupé^ fait, comme devant uoe statue classique, dopt un membre, maladroitement restitué, détruit complè* tement l'harmonie, trahissant ainsi la main étran* gère et malhabile qui l'a restaurée.

Admettons toutefois que l'on puisse assigner une époque plus récente à l'origine de l'histoire apocryphe de Jésus ; admettons que Thistoire canonique, regardée comme la portion primitive du mythe chrétien, date du temps de la mort des Apôtres, par conséquent de l'an 70àran iSO, et la seconde portion , celle du mythe apocryphe , de l'an 180 à l'an 200 ; ne sera-ce point encore un feit inexplicable que cette seconde portion, loin d'être 'nsvendiquée par l'Église entière,. ait été au contraire rejetée par toute l'Église, soit & cause de son peu de certitude , soit à cause de son esprit opposé au Christianisme ? Selon Strauss , si Paul a repoussé les (avôoi (1, Tim., 1, 4.) des Juifs, c'était uniquement parce qu'ils n'offraient rien d'édifiant pour des chrétiens : il devait cependant^'y trouver des ftûôot (tidlfieatian chrétienne ; car les apocry^ phes ne renfermaient assurément pas tous des éléments dliérésie. Si, vers la fio do 1** siècle, l'Église chrétienne s'est montrée si peu attachée à l'histoire de son Sauveur, transmise par les Apôtres ses fondateurs « qu'elle l'ait laissée transformer sous main en tableaux d'imaginaiion , d'où lui est donc venu si subitement cette ténacité pour les produits de da

propre invenlion ? La cause de cette ienacité seraitelle par hasard dans ce seatiment d'amour paternel, dont les auteurs de la mythologie évjingé- Uque ne pouvaient se défendre pour les tableaux de leur imagination? Mais, d'après la supposition de Strauss, ils ne les ont pas inventés à dessein; ils ont pris crédulement les enfants de leur propre caprice pour des émanations du ciel I Ou bien encore l'histoire mythique de Jésus auraitelle eu, pour se former dans l'Église, un laps de temps plus long que l'autre histoire toute naturelle du prophète de Nazareth, répandue parles Apôtres? Mais Strauss n'exige pas plus de trente ans pour la la formation d'un cycle de mythes; et, s'il tient rigoureusement aux dates qui viennent d'êtrt fixées, il nous reste à peine ce même nombre d'années pour cette formation. Cet ami de Paul, qui est l'auteur du troisième évangile, ne peut en effet avoir écrit plus de trente ans après la mort de l'Apôlre. Et en comptant depuis le moment où Jésus a quitté la scène du^monde jusqu'à la mort de Pierre et de Paul, on trouve , au contraire , quarante années accordées à des gens aussi capables et aussi actifs que les Apôtres, pour composer avec soin la vie authentique de leur maître.

Tout nous ramène donc à cette croyance , que la foi à l'histoire canonique et la foi à l'histoire apocryphe reposent sur des bases complètement différentes. Ces deux plantes ont germé dans des

élémenls différents, Tune dans le terrain salide do la véritable histoire, Vautre dans le domaine aérien de l'imagînaUon.

B. Miracles de t Église catholique '.

Les miracles des évangiles apocryphes ne sont pas seulement dénoncés par leurs caractères internes, comme une création imaginaire. Dépourvus de toute garantie de crédibilité , ils furent rejetés par l'Église elle-même. Loin de nuire à l'Évangile, ils devraient donc, par le contraste de leurs couleurs, comme par l'absence de témoignages , servir bien plutôt à confirmer cette histoire authentique du Seigneur. Mais nous rencontrons, dans l'Église catholique, de nombreuses relations de miracles , appuyées des témoignages externes les plus forts , reconnues en outre par l'Église, et se rattachant par une chaîne ininterrompue aux miracles des temps apostoliques , comme ceux-ci aux miracles du Seigneur lui^oième. Que penser de ces relations ?

Nous l'avons dit, le soleil du fils de Dieu Be s'est point couché, sans laisser les vives lueurs d'^un cré-

* Ce paragraphe çst an cie ceux où nous avoQs fait subir ks plus laiges coupwe$.aii toite (^ notre auteur. En agissant ainsi, nous avons usé d'an droit inconleaUlsAc ; mais nons devons loyalement en avejctîr ncs lecleurs. (N0I4 de l'Éditeur. )

— iu —

Inascole miraculeux dans le ciel de son Église. Maintenant , devons-nous admettre , avec les ca^ tboliques , que ce crépuscule brille encore du même éclat î — Et , s'il n'est depuis longtemps qu'une illusion, comment ne pas craindre que le crépuscule des temps apostoliques, ou le soleil miraculeux lui-même , aient eu pareillement une existence illusoire ?

Nous ne bornons certes pas Tère des miracles au temps des Apôtres. Les témoignages de Justinle-Marlyr , d'Ignace , d'Orîgène , nous obligent d'admettre que les forces surnaturelles^ si abondamment répandues dans l'âge apostolique , ont conservé leur activité jusque dans le m* siècle *.

* Telle est l'opinion commane des théologiens protestants les pins distingués. Mais ce n*est pas seulement durant les trois premiers siècles , que les représentants les plus illustres du Christianisme en ont appelé aux miracles , comme à un témoignage authentique que Dieu ne cessait de rendre à son Église , soit contre les infidèles , soit contre les hérétiques. De même que S. Irénée défiait les hérétiques du second siècle de produire pour leur défense des miracles comparables à ceux qni s'opéraient souvent en faveur de la foi catholique romaine, S. Paden , S. Augustin , tous les Pères » tous les écrivains ecclésiastiques les plus éminents par leurs vertus et leurs lumières» ont opposé continuellement aux hérétiques de leur époque le privil^e des miracles conféré à la seule véritable Église. « 11 faut convenir , dit à ce sujet un fougneux adversaire du « Catholicisme, Midleton (Libres rechere/tes sur te don des mi- « racles), il faut convenir que la prétention aux miracles était

Googk

— àS5 —

Néanmoins , quand nous foyons ces hommes , et Origine en particulier » parler seulement d'un petit nombre d'effets postérieurs et isolés de ces forces jadis si actives , et les légendes miraculeuses deve^nir au contraire de jour en jour plus nombreuses et plus bizarres, précisément à partir du iv* siècle , nous sommes forcés de reconnaître que la plupart

• universellement affirmée et reconnue dans tous les pays « chrétiens et dans tous les siècles de TÉglise jusqu'à Tépoque « de la Réforme ; car Thistoire ecclésiastique ne fait aucune « différence entre un siècle et un autre, mais poursuit la suc-

• cession de ses miracles comme de tous les autres événements

m ordinaires , dans le cours de tous les siècles indifféremment ' « jusqu'à cette circonstance mémorable... 11 n'y a pas un seul

• point de l'histoire si constamment, d clairement, si nnani- « mement affirmé par les historiens ecclésiastiques que la suc- « cession continuelle de ce pouvoir des miracles dans tous les

• siècles, depuis le plus ancien des Pères, qui le premier en a

• parlé, jusqu'à U Réforme. Enfin cette succession est prolont gée encore plus loin, et jusqu'à nos jours, par des personnes « d'un caractère également distingué sons le rapport de la

• probiié, de la science et de la dignité dans f^'glise romaine; « au point que le seul doute qui puisse encore nous rester,

• est de savoir si l'on doit se fier, on non, aux écrivains ecclé-

• siastiques; car, si l'on pent leur donner quelque croyance e dans le cas actuel , il faut l'étendre à tous les antres , la

• raison qui portera à les croire dans un siècle quelconque ,

• se trouvant avoir la mémo force dans tout antre , pour tout

• ce qui regarde le caractère des personnes qui attestent , on

• la chose attestée L'opinion générale des docteurs protcs-

« tan ts est que les miracfes continuèrent d'avoir lieu dans les

des relations pos^ériftv^re^ (WYPOt $|^^ a^tiî{iy^^ A une prpdigieuse c^édul^té. Nous pe pous ^^ S{%^Or ciops pas moins ^ la c^oy^pce que , depuis \^ iy^ siècle jusqu'^ nos jjours, le mi^açl^ n'a jai^f^ c«is^ entièrement d'exis^^ dans l'Église c^ré^^qç; el par le mot ippiraçle , nous eptençlpns un ivèt^çw^p^ f(4f s*icart^ cimiplà^p^t du f(>ar4 bien conn^ de (a

• trois prciniers siècles. Le D' Wf terlaucl les fa^t desçe^^T^jQS-

• qu'au IV*, et le D' Berfinaa j|usqu*^i^ v*. Ceux-ci oui ioço^-

• sidérément livré la cause protestante eqtrç 1^ qiain^ dç ses

• ennemis ; car chacun peut voir la it^ssemblaoce que les prin>

• cipes et la pratique du iv* si^Ie , tels fjffe les Pères Içs plus

• distingués de ce siècle les représentent, ont avec les rites ac-

• tuels de TÉglisc romaine En accordant a^^ papistes un

• siècle de miracles après le temps des Apôtres , no^s nous

• embarrasserions dans yn amas de dilllçaltés , dont kvçmjis ne

• pourrions jamais nous tirer entièrement , sans i\ccordl^ éç^-

• len^en^ Içs mémçs pouvoirs aa siècle où aous viToi^. • Ainsi pour Aier no^ mira^cles , il ne suffit pas de démentûç tel ou tel auteur ; il faut dire que tous les Pères, tous les écrivains ecclésiastiques los plus iiius^es, ^epjois les hj^Uns iasq/f^l la Réforme , el, de|Hib celte époque, les prélats et les théçlDgiens catholiques le^ plus résiliables » ont é(v pierpéLue(lcinent des fous » ou des imposteurs. In tel paradoxe est plus inciojrable que les pirades. Là, où une ftme droke ne peut s^empécher d'admirçr des vertos t^^^maturelU» , pourquoi refnsjerait-çUe de reconnattte d^autres laits. utrnatMnU , <pii en sont la j,nste récomptense ? Quoi de plus digne de Dieu , que de subordonner ^ans cesse les, lois subalternes de Tordre pbvsique aox» inléréis supérieurs de Tordre moral ?

(No4e d$ Cédiitmr.)

— as? —

nature ^ H ihnt la Beiigitm esi le principe et la fin. Mais il est hors de doulë (et dés saVànts catholi* HMSi qui se sobt livrés à un exàmën conscieticieux de ce faii^ loût eux-mêmes démontré)^ qu'à Tégard de la grande majorité * ded relations de ce §èiire, ii exista de deux ckoses l'une : ou l'Histoire gdrde silr ^les un sileiice absolu i H par cela îiiêmë elles

* Notre anteaf va josqa'à dire , an pea plus haut , qne lès mirades authentiques, de nos saints sont à la masse de nos légendes oe qu'une gouUè d'eau est k la mer* En reprodùi^t oes assertions « nous sommes bied loili d'en itssumer Id responsabilité; Mais ^ si e»igérées qu'elles pbissent être t tie sont-elles 1^ rematquableâ encore de la part d^un protestant? (Toyés sur «09 qifestiond le savant et jtKlicieirx ouvrage dti P. Honoré de ^inte-Marte « Réflemiohê imr Im réglée et $ar l^àsagê Je la eritig»è lame/umt f histoire de tÉgtiee, les ouvragée Àes Pérès, les Aàtes des aneiehs martyrs p les Fies des Saittikf etc., 5 toi. in-à"*;)-^ il j ailraît toul dn lîrre à faire s^'r la confiintité dès miracles «a seki de TÉgltse. Plusieurs apologiste^ ont déjà élabdfé ^elques^-uns des Ufalériaux qui devraient entrer dans la eoiiiposiyon de Oet ouvrage^ mais M seraif fort à désirer (Sfo^un homoM d'un esprit sur el d'nné profonde érndftion coâsaor&t «e» toees à résumer et à compléter leurs recherfekes. En atten- <laDt» on peut consulter » Le shrétien caihdli^mes par DiasBAin; La f^UgiiM ^ânvée par an seul fait (ie miracle de Tipasa); —De eUngaatis mysteriam SS^^ Trinitëtis eeUhranlibOà, par ScnInBfiTf 08 ; — DiseomH soitc&ritaM lé tremblement de tetfé éé Véi^mptiàh qki firent èeketstr la fentatiife de Julien peur rebâtir le temple dé Je' rësaèem, par WiiàavRTOit » tmdnct. fr.< 4754, 2 vol. m-12; — et sur des faits contemporains y cfr Les êtigniatisées du Tyrol^ par Li BoOÉ ; Les plaies sanglantes du Christ, par Wbtland^

n'offrent plus que le caraclère de légendes populaires ; ou la critique historique nous révèle ce qu'elles ont de factice, et prouve ainsi qu'une illusion grossière , ou parfois même la fourberie , ont présidé à leur composition.

Les deux auteurs principaux de légendes apocryphes, Sitnèon le métaphraste, dans le xu* siècle.

MeU, iS4&. — Foi et Utmiéra, p. 127 el sQîv. , etc. — Noos nous bornerons è citer ici les preuves d'an miracle opéré, à ht fin du V* siècle, en faveur des ûdèles de Tipasa, auxquels le loi arien Hunnéric fit arracher la langue. Après celte mutilation, ils conservèrent l'usage de la parole, et, dispersés par tout FOrient , ils ne cessèrent d'y prouver la vraie foi par leor prédication miraculeuse. Ce fait si public, et qui dura de longues années, est attesté par tous les hbtoriens contemporains qui avaient été à portée de le constater, et nous trouvons dans eur témoignage tontes les conditions réclamées par la critique la plus exigeante. Citons brièvement ces témoignages : i* le comte Marcellin affirme dans sa Chroniqtie (Tndiction vri*', année A84, dans le Thesamr. tempor, de Scatiger) qu'il a vu è Coostantinople quelques^uns de ces confesseurs qui avaient la langue coupée , et qu'il les a entendu parler aussi distinctonent que qui que ce soit — J* le saint évéque de Vite, Victor, témoin oculaire de la persécution, assure que plusieurs de ces confesseors ivaient encore à l'époque où il écrivait , et il parle spécialement d'un sous<liacre, nommé Réparatus, qui se retira h Constantinople , où il était respecté et admiré de tout le monde. iCfr son Hiilor, persecutionU vandaticm , ^ve africanœ , sub Genserico et Hunnerico, Vandalorum regibus). — S* Victor de Tu nés rend le même témoignage : • Hunnéric , roi des Vandales, dit-il, coupa la langue aux confesseurs, et

«l Jacobus de F'oragine , dans le xiu* , n'ont-ils pas été jugés comme ils le méritent par les membres àe leur propre église ? Voici en quels termes le célèbre dominicain Cano parle de la légende dorée : Hanc hamo scripsit ferrei oris » pUimbci cordU , animi certè paràm sobrii €t prudentis (Loc. tbeoL lib. Il, c. 6.).

toute la ville royale , où leurs corps sont ensevelis , atteste qu'ils ont parlé de la manière la phis distincte jusqu'à la fin de leur vie , qnoiqu'ayant la langue coupée (Cfr sa Chronique , dans le Thaaur, iemporum de ScaUger), » — 4** A ces dépositions vient s'ajouter celle de l'empereur Justinien : « Nous avons vu nous mêmes» dit-il , ces hommes vénérables qui , ayant la langue coupée jusqu'à la racine , racontaient leur supplice d'une manière miraculeuse {Codicis 1 , 1 , in princ). » — 5* Procope , quoiqu'il se montre peu bienveillant pour les Chrétiens , constate pareillement la notoriété de ce ftiiracle : « Hunnéric , dit-il , fut de tous les princes de sa race le plus cruel envers les Catholiques , qu'il contraignit d'embrasser l'hérésie d'Arius , par toute sorte d'affronts, par le feu et par tous les autres supplices imaginables, faisant même couper à plusieurs la langue jusqu'au gosier. 11 y en avait encore plusieurs de notre temps à Constantinople, qui parlaient très bien, et qui ne se sentaient en aucune manière incommodés du supplice qu'on leur avait fait souffrir ( Guerre dee Vandales, livre 1*'.). • — G'' Enée de Gaza, d'abord payen et néo-platonicien . puis philosophe chrétien , ne pouvant se dé« cider à croire ce prodige , voulut l'examiner par lui-même; or voici en quels termes il eipose le résultat de ses observations : • Je les ai vus, ces hommes vénérables, persécutés par le tyran de l'Afrique, qui leur a fait couper la langue, parce qu'ils n'ont pa»-

Au reste , dans la limite où les récits miraculeux de l'Église chrétienne peuvent soutenir un parai* lèle véritable avec les miracles des temps apostoliqueSy nous n'hésiterons pas à proclamer et à soutenir que le Sauveur a opéré des prodiges dans les temps modernes , comme au temps des Apôtres , lorsqu'il Ta jugé nécessaire. N'a-t-il pas promis d'être avec son Église, jusqu'à la fin des siècles?

Page 1