‹ Essai sur la crédibilité de l'histoire évangéliqueChapitre 4 sur 26 · MON ESPBIT T RÉPCGNB , ET CELA UB SUFFIT POUR LB REPOCSSER · texte numérisé non relu

MON ESPBIT T RÉPCGNB , ET CELA UB SUFFIT POUR LB REPOCSSER

Les exégètes rationalistes les plus andacieux ont-ils un autre langage?

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savent perfectionner leurs moyens d'attaque, tout livre qui peut servir, ne fût-ce que sur un seul point , à ce progrès de la controverse , possède un titre évident à Tattention des théologiens ; or nous croyons que ce livre est destiné à répandre, sur quelques faces de l'histoire évangélique , une lumière nouvelle.

Qu'on prenne garde néanmoins de chercher dans ce volume plus qu'il ne contient. Notre auteur n'a pas pour but de montrer ici que nos évangiles ont été inspirés d'une manière surnaturelle *. Non-seulement il ne s'engage pas dans cette question , mais il manquait des données indispensables pour la résoudre scientifiquement. Si Ton veut justffier à cet égard la foi unanime et constante de l'Église, il faut recourir en effet à des arguments et à une méthode que la science protestante ne saurait employer sans une contradiction manifeste **. Le terrain sur lequel M. Tholnck s'est attaché à combattre le Rationalisme devait lui paraître plus facile à défendre ; le secours de la tradition ecclésiastique y est en effet moins nécessaire , bien que , là encore, on ne puisse le dédaigner sans tout compromettre.

La biographie du Christ contenue dans le Nouveau- Testament appartient-elle à la Mythologie, ou à l'Histoire?

* Il fait mêmB certaines concessions qtii pourraiétat, du moins an premier abord , sembler difficiles à concilier avec rinspiraûon iamatareUe de l'histoire évangélique. Au reste, on doit parfois abandonner provisoirement, au début cle la controverse» des vérités qu'on se réserve de prouver plus lard, quand on aura établi les principes nécessaires à leur démonstration*

•• VoyeE les Conférences de Mg' Wisevati sur la règle de foi protestante et )a règle de foi catholique.

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Telle e^t la questiou que xxokxe auteur s'eat proposé de résoudre.

Pour Djettre ea évideace la pédiMité de l'histoire évanféUifue f on peut montrer que la vie du Gbrist s'eachalne logiquement à ce qui la précède , comme à ce qui la soit, qu'elle est même exigée par l'ensecable de Tbistoire universelle , puisque le développement religieux de rhumanité, depuis son origine jusqu'à nos jours, s'explique par elle et ne peut s'expliquer sans elle*. Bien plus, iQUt ce qui tend à démontrer, d'une manière quelconque, la divinité du Catholicisme , tend à prouver aussi la crédibilité historique de l'Évangile, Dans nos croyances en effet, l'histoire s'enchaîne logiquement au dogme , à la morale , au ci^te , à la discipline ; les idées ti^nent aux faits , par des liens indissolubles ; et , de môme que tes élâuents du Christianisme adhèrent les uns aux autres, ils se rattachent, de près ou de loin, à tout le reste. Voilà pourquoi la Théologie s'encadre de tous côtés dans les autres sciences; voilà aussi pourquoi la Psychologie, l'Ontologie, l'Esthétique, là Philosophie morale, l'Économie politique et l'histoire entière de la civilisation , peuvent conduire de proche en proche ceux qui les étudient , à reconnaître la crédibilité et la

• Voyei h Discourt tmr Ckùfoire univerieile, par fiosscrr ; les Cm/î^nM» da P. Lacordaiiib, lS&6-18d7; La Chriêtologie de i'Ammên-Tmtament, par UBNCtTBfBBBo («d allemand); Taduirable DéawmêtrûtUm évangiiique de Léland, dont tous les arguments sont pris en dehors de TËvangiie ; l'HUtoirs de l'établiitemeni du Chrittiani$m€ tirée de* $euU auteurs juifs et payent, par Bullit ; le Tahleau du monde romain tout tet Césars , par M. ok Gbampa- 61IT, oOTrage éminent et trop peu connu ; etc.

certitude nécessaire de l'histoire évangélique. Un traité complet sur la x[uestion discutée dans ce livre , ne serait donc rien moins qu'une encyclopédie théologique ; édifice colossal, dont l'histoire universelle serait la base, et dont chaque science devrait poser une assise.

M. Tholuck n'a point eu la prétention de réaliser cette œuvre gigantesque. II n'a pas entrepris d'indiquer tous les rapports, qui enchaînent les principaux objets de nos connaissances à la doctrine et à la vie du Christ, « in quo omnia constant » , dit S. Paul. Il ne s'est pas proposé de nous peindre à grands traits, comme Bossuet, les annales du peuple hébreu si pleines de prodiges , la corruption progressive du monde payen , les égarements du rationalisme antique, la nécessité d'un secours surnaturel pour relever le genre humain de son incurable déchéance, l'établissement merveilleux de l'Église, ses luttes, ses triomphes, le miracle perpétuel de son existence , en un mot, ce vaste drame de l'histoire universelle, dont le Christ est le centre. Mais, pour réfuter le système mythique, il n'était nullement nécessaire de donner à la controverse ces proportions gigantesques. Le D' Strauss avait concentré ses efforts sur les récits évangéliques, et, par une analyse dissolvante, il avait tenté d'enlever à ces récits toute valeur historique. Tâchant de rétrécir, autant que possible, le terrain du combat, afin de nous ravir nos plus grands avantages , il avait attribué à la critique interne du Nouveau-Testament une importance excessive, et il défiait les théologiens de le terrasser dans ce champ-clos. Notre auteur n'a pas craint d'accepter son défi. Après avoir montré combien il est absurde d'enfermer l'Exégèse dans des limites aussi arbitraires, il a su triompher encore dans le cercle étroit et mobile qu'il plaisait à son adversaire de

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tracer autour de lui. Le témoignaage de Luc , de Marc et de Jean , considéré en hii-môme , mérite-t-il notre confiance ? Indépendamment des autres témoignages et des garanties extrinsèques qui peuvent l'accréditer , nous offi^-t-il dans ses caractères internes des gages suffisants de crédibiLité historique? Telle est la question que M. Thohick s'est proposé surtout d'éclaircir; et il Ta fait avec un soin que nul critique n'apporta jamais à contrôler les Mémoires de Xénophon sur Socrate.

Quand on veut démontrer la certitude du témoignage évangélique, on s'attache communément à prouver: 1*" que les évangélistes n'ont pas voulu tromper ; 2^ qu'indépendamment de toute inspiration surnaturelle, ils n*ont pas pu se tromper sur les faits importants et dédsifs de la vie du Christ ; 3* qu'enfin ils n'auraient pu tromper , quand même ils l'eussent voulu. De ces trois thèses, M. Tholuck n'a guère développé que la seconde ; encore s'en faut-il bien qu'il ait indiqué toutes les preuves, dont il aurait pu l'appuyer. Son cadre est donc plus étroit que celui de nos traités élémentaires sur la certitude de l'histoire évangélique ♦ ; et néanmoins il est assez large pour que notre savant exégète ait pu y accumuler un grand nombre de recherches d'une haute valeur. Si notre volume a besoin d'être complété par les traités de nos meilleurs apologistes , en revanche on ne pourra méconnaître qu'il complète ces traités sur plusieurs points fort importants.

Archéologue éminent, humaniste profondément versé

* Cfr la Démomiration évangélique de DuvoisiN ; la Cenitude tUs preuves du Christianisme, par Bbagibr; DisserMions sur la Heligion , par M. La Luzernb ; Études philosophiques sur le Christianisme, par A. Nicolas , etc.

tfoas l'étude des littératures profanes , M. Tholuck s'est attaché, par exemple , d'une manière spéciale, à vérifier les passages où nos évangélistes font allusion à des événements , à des dates , à des coutumes , à diverses eircoostances historiques, ou géographiques , dont nous sommes instruits d'ailleurs par des écrivains juib , grecs, on latins, étrangers au Christianisme. Ces passages, il est vrai« ont, par eux-mêmes, ass^ peu d'importance religieuse ; mais l'argumenl qu'ils nous fournissent n'en est que plus fort. Si nos évangélistes ont été scrupuleusement exacts dans des détails même qui n'étaient nullement de nature à exciter leur attention , quelle n'a pas dft être leur exactitude , quand il s'est agi de constater et de raconter des faits d'une immense portée , des faits dont la certitude était Tunique preuve de leur mission , et qu'ils devaient s'attendre, par ccmséquent, à voir contrôler de la manière la plus rigoureuse * !

Strauss et ses partisans ont (^)servé malignement que les apologistes anglais, surtout Lardner, avaient beaucoup serti à notre auteur, qui l'avoue loyalement. Toutefois il n'y a pas, dans ce tivre, un seul chapitre qui

* Si aulem Cbristus non resurreiit , disait S. Paul, inanis est ergô praedîcalio nostra , inanîs est et fides nostra ; invenimor autem et fîalsî testes Dei ; qnoniam testimonium diximus adTers6s Deum qaôd suscilaverit Christam. Erg6 et qui dormierunt in Ghristo, periernnt^ Si in h&c vitâ tantùm in Christo sperantes sumns, miserabiliores sumus omnibus hominibus. None âubem Ghrislus resurrextt à mortuis, priœRi» dormienliuB (I Cor., XV; f lA-SO.). — Les miracles sont dans la vie du Christ, ce que sont Arbelles et Pbarsaie dans U vie d'Aleundre et de César.

ne 90ft enrichi de documents nouveaux , et M. Tholuck a pa répondre justemoit à sds détracteurs* « qu'il avait pka n &it , sGQd ce rapport, pour f histoire évangéhque , que « Strauss n'avait fkit contre elle, n Strauss, en effet, manque complètement d'érudition originale ; et , pour déleii* dre à cet égard ga r^utation , il n'a eu qu'une choee k dire, c'est que, a dans un combat sdentiâque, la vktohre a ne dépend pas seulement de la masse des troupes, mais « aussi de la tactique du général. »

III. — Après avoir indiqué très sommairement à nos lecteurs ce qu'ils trouveront dans le livre dont nous leur offrons une traduction abrégée * , il nous reste à leur dire quelques mots sur l'origine et sur le caractère de celte traduction.

Il y a environ huit ans, N^g* l'ÉvÔque de Bayeux créa dans son grand séminaire et daigna me confier un nouveau tours , destiné à servfar de complément aux études phik>s(^iques, et d'introduction aux études théologiques. Pour remplir le but de ce cours , je m'attachai surtout à réClh ter les systèmes du rationalisme ccmtemporain sur Thistoire de la Philosophie et de la Religion. Les audacieux paradoxes de certains exégètes allemands et en particuli^ les théories sceptiques du D' Strauss devaient naturellement occuper dans ce cadre une place importante. Chaque année, je consacrai en effet un temps assez long à les discuter. Les apologistes et les exégètes firançais, ou

* Pour coppléer k riaBDAsauee de ees indicfttionâ , novs al- Ions donner, à la soHe de cette fntredoctScn , nne xMe analytique fort détaillée, qui pourra servir de repère à nos lectenrs. La table du texte alleaiand necentient que les titres des chapitres.

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anglais* me fouroirent tout d'abord dee matériaux plus que sufiSsants pour remplir cette tâche. Néamuoins , tant que je fus réduit à ces matériaux « je sentis péniblement qu'il y avait là, dans mes recherches, une lacune regret-* table. Des laïques pleins de zèle et profondément instruits de la langue allemande *, voulurent bien alors venir en aide à mon insuffisance. Pour seconder mes efforts et servir au progrès de l'enseignement ecclésiastique, ils me proposèrent de traduire les productions théologiques, ou exégétiques de l'Allemagne dirétienne , qui me semUeraient les plus utiles dans l'état présent de la controverse. Du reste, étrangers à toute ambition littéraire, se défiant beaucoup d'eux«i;Démes, et n'aspirant qu'à sanctifier leurs loisirs , ils m'abandonnèrent leurs manuscrits , afin que j'en usasse librement pour la défense de notre sainte cause. Ils mirent seulement à cet abandon une réserve ** : c'est que, si je publiais une partie de leurs travaux , leur nom du moins dem6urB*ait toujours inconnu du puUic. Puissé-je, en révélant, à leur insu, la part qu'ils prennent ainsi à nos travaux, ne pas trop inquiéter leur modestie ! Mais, quoiqu'il arrive, j'aurais cru manquer à un devoir, si j'eusse gardé le silence sur ce noble exemple de désin* téressement et de zèle. Il est bon que l'on sache ce que la foi inspire encore de dévouement et d'abnégation, dans une époque d'égolsme vaniteux et de cupidité insatiable, où des hommes célèbres ont spéculé souvent sur des trar

* L'un d'eux a passé une partie de sa Jeunesse en Allemagne, et a suivi , dorant plusieurs années, les cours de l'Univenité de niessen.

** CeUe réserve est bien la seule ; car le présent volume sç vend au proGt du séminaire de Sommervieu.

ductions qu'ils n'avaient pas faites , mais dont ils ne recueillent pas moins le profit et la gloire.

Parmi les ouvrages d'exégèse dont les traductions nous furent ainsi confiées , nous choisîmes tout d'abord celuici , et nous en commençâmes l'impression , il y a déjà quelques années. En le livrant au public , après bien des retards involontaires, nous regrettons encore de n'avoir pu lui consacrer plus de temps et plus de soins ; nous regrettons surtout que diverses circonstances nous aient empêché de donner à certaines parties de ce voluifie la correction typographique et littéraire , qu'on aurait droit d'y attendre. Ce n'est pas un léger travail, que de donner une forme française à un ouvrage allemand, spécialement à un ouvrage de controverse exégétique, tel que celui-ci; à moins d'avoir essayé ce travail, on ne saurait môme en soupçonner toutes les difficultés. Nous ne nous flattons pas d'avoir réussi à les vaincre complètement ; mais , si fatigante que la lecture de ce volume puisse sembler encore parfois *, nous croyons avoir épargné à nos lecteurs bien des ennuis , en abrégeant souvent le texte de M. Tholuck. Notre manuscrit contenait une traduction très littérale et très complète , mais qui n'avait point été primitivement composée en vue du public. Quand nous eûmes résolu d'éditer cette traduction , nous fûmes donc obligé de lui faire subir un remaniement profond. 11 nous fallut , par exemple , couper et couper encore des phrases compliquées de citations , de parenthèses, ou de pro-

* Malheareascment les premières pages sont peat-élre les plus obscures ; nous prions donc ceux de nos lecteurs qui seraient peu* familiarisés avec les formules de la philosophie allemande, de ne pas se laisser rebuter par ces p^erai^^es pogcs.

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positions incidentes, et qui, suivant la coutume ^leoiande, couvraient maintes fois plusieurs pages de leurs périodes sans fin. Nous avons en outre supprimé des discussions destituées d'intérêt pour notre pays , et des erreurs que nous n'euisions pu reproduire^ sans nous engager dans une polémique longue et intempestive. Si « malgré tout cela, les allures de notre savant critique sont encore pesantes et embarrassées « nous sommes du moins convaincu qu'il dédommagera amplement les esprits assez patients pour le méditer ; nous inscririons donc volontiers, sur sa première page, ces paroles de TÉcriture : c Patientiam babe in me , et onmia reddam tibi *. >

Cet ouvrage ayant été publié en Allemagne avant la dernière édition de la Vie de Jésus, nous n'avons pu faire concorder les passages de Strauss cités ici avec la traduction de M. Littré. Notre auteur a suivi en effet la première édition du livre de Strauss, tandis que M. Littré a suivi, en grande partie, la troisième édition, dans laquelle Strauss a modifié notablement la forme primitive de son œuvre. En comparant notre volume avec la traduction française de la Vie de Jésus, on ne tardera pas à s'apercevoir que , sur plusieurs points , Strauss a senti le besoin de battre en retraite devant son habile antagoniste. Mais, comme il n'a voulu renoncer à aucune de ses erreurs fondamentales , la critique de M. Tholuck conserve toujours la môme importance**. C'est en vain que l'auda-

• Matth. , XVIil , f. î6.

** Que Fou eiainine l'édition de M. littré, depuis U première page jusqu'à U dernière, on verra qu'elle se réduit, comme les premières éditions allemandes, aux deux thèses que voici : — 1* L'authenticité des quatre évan^es ne peut être

deux adtrersaire de l'Évangile déploie les ressources iné^ pofeaUes de sa dialectique, afin de cacher sa défaite : fo victoire de notre auteur demeure évidente pour le bon sens attentif.

Nous nous étions proposé d'abord de donner à cette introduction et aux notes qui terminent Touvrage , une 'étendue plus considérable; mais la traduction ayant formé à elle seule un volume assez gros , nous avons dû renoncer à notre. projet, et il nous a été impossible de tenir toutes les promesses que nous avions cru pouvoir faire çà et là dans quelques notes de nos deux cents premières pages. En revanche , nous sommes heureux d'annoncer à nos lecteurs qu'ils trouveront le complément naturel et nécessaire de cette publication dans l'ouvrage que M. l'abbé Chassay vient d'entre-

proitée, d'une matiière certaine, psr auctm témoignage histotique ; le caractère interne des récits évangétiqaes doit donc seul décider la question de leur crédibilité; or, quand «n confère les coiAradîctions et IMnexactitude de ces récita, on est condeit tout au moins fi rejeter la partie snmatnrelle de la We dn (^eAUL^^t* Les miracles sont impossibles, et dès-lors tonte relation miracoleuse est incroj^ble (Vojes spéeittlemeiit i. I , fK iSO , t07-108, de hi trad. fr.). «^ Les ai^menfs développés ici pas* M. Tholock tendent plus ou moh» dbectemeM h i^nverser tmt double thèse ; ils gardent donc leot actualHé t^ leur forte. • Pi9ur qoe le rôle de la polémique dât sobir un changement profond, observe notre auteur (Préf. de sa î* édit), ii faudra^ que Stravss se résignât enfin h reeomiattre d'une manière positive fauthentieité d'an évangile bu moins, ou qu'il renonçât à supposer d'avance Thomogénéité absdine de tous les foits historiques. Mais «ette dernière l^potbèse est toujours pour lui un aiiômc , sur lequel il n'admet pas l

prendre *. C'est assez pour moi d'avoir creusé un nouveau sillon dans un terrain fertile et trop négligé ; les mains d'un ami achèveront de cultiver le champ et recueilleront la moisson.

En quittant ce travail, et en retournant à d'autres études qu'il a souvent interrompues , je n'ai plus qu'une chose à demander au Ciel : c'est que ce livre , tout imparfait qu'il est , ne soit pas inutile à notre patrie bienaimée. Puisse-t-il éclairer quelques âmes fascinées, ou du moins troublées par l'exégèse .rationaliste ! Puisse-t-il aussi servir un peu à ranimer et à développer parmi nous le goût de l'Exégèse sacrée! C'est dans cet espoir que nous le dédions spécialement aux professeurs de Théologie et d'Écriture sainte. Le précieux héritage des sciences

la discussion. Ce n'est pas l'incerlitade de l'histoire évangélique qui l'amène à celte supposition, c'est an contraire 'cette supposition qui le conduit à soutenir TincerUtude de cette histoire. La force des preuves historiques contre lesquelles il se débat, se manifeste par l'aveu des doutes qu'il éprouve sur la Intimité de son scepticisme , concernant l'authenticité de r Évangile de Jean. Les aveux qu'il a faits au sujet des miracles dans son troisième écrit polémique, ne révèlent pas moins clairement son embarras. Ces aveux lui sont si bien arrachés par la force des choses que , malgré le sang-froid apparent de sa défense , on sent qu'il n'est pas tranquille ; et le jour pourrait bien venir, où il se verrait contraint aussi sur ce point de douter de eon doute, »

* Le Ckritt et CÉvangile , HUtoire critique des eyttimee rationaliêteê contemporaine sur iee origine* de la révélation chrétienne, par l'abbé F.-E. Chassât, professeur au grand séminaire de liayeux. (Voyet, sur cet ouvrage, une note à la fin du présent volume.)

ecclésiastiques leur est confié presque entièrament , depuis la destruction de nos ordres religieux et de nos vieilles universités. Slls négligeaient de féconder et d'agrandir cet héritage, s'ils ne savaient pas môme le défendre contre les envahissements du scepticisme, qui pourrait aujourd'hui se charger à leur place de cette double mission 7 Personne évidemment Dieu veuille donc leur inspirer un zèle proportionné à la grandeur des devoirs qui leur sont imposés I Non contents de préparer une milice dévouée et capable de repousser les attaques de l'ennemi , ils travailleront alors , sans jamais quitter leurs armes » à relever les fortes murailles de la Jérusalem spirituelle. Alors aussi , l'humble pierre que nous apportons à cette œuvre de reconstruction , trouvera sa place dans quelqu'une des hautes tours, qui doivent protéger les abords de la cité sainte.

H. DE Valroger.

Sommervieu , mai iSh7,

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