‹ Essai sur la dialectique du dessinChapitre 16 sur 23 · L’ITALIE · texte numérisé non relu

L’ITALIE

Les miniatures, mieux que les tableaux à l’huile, renseignent sur le mode de dessin d’une époque. La couleur couvrant à peine les traits, il est possible de découvrir le procédé de l’ouvrier, ses hésitations, parfois. Mais, au point de vue de l’illustration du livre, les dessins tracés de la même plume que le texte sont plus précieux encore à l’étude que les miniatures de missels, qui s’offrent plutôt comme de petits tableaux indépendants dans l’ensemble matériel du volume qui les contient. Il est vrai de dire que des lettrines et des bandes ornementales coloriées illustraient toutes les pages et mitigeaient l’effet disparate qu’une peinture produit nécessairement dans un livre. Actuellement, la couleur ne me semble propice que si toutes les nuances sont au même degré d’intensité et possèdent la même qualité vibratoire. Mais un livre contenant des illustrations en

Gravure extraite des Œuvres de Molière, Paris, 1682.

couleurs devra sans aucun doute n’offrir que des pages de texte entourées de cadres en couleurs. Le gros caractère serait dans ce cas certainement conseillé par l’imprimeur de goût

Avant l’ineffable groupe qui précéda Léonard de Vinci, l’Italie moderne n’avait guère brillé dans l’illustration du livre. Mais immédiatement après, on y trouve de fort notables dessins. Il y a notamment de petites gravures sans indication d’ombres qui semblent exécutées avec une science de théoricien rompu aux difficultés pratiques. Traité sans demi-teintes donc, uniquement en blanc et noir, l’une de ces gravures sur bois, Savonarole écrivant dans sa cellule , (grav. p. 68) offre un type presque irréprochable. Des murs blancs, quelques volumes, un haut siège, un crucifix dressé sur l’écritoire, meublent la cellule. Les dalles et les solives du plafond, ainsi que les reliures des volumes, sont noires, les meubles et la figure, dessinés au trait.

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