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d'anémies passagères, de gastralgie, de dyspepsie, voire même d’hématémèses.
Un autre grand processus morbide, dont le rôle est encore plus difficile à délimiter dans les affections simultanées du cœur, de l’estomac et des reins, c’est l’artério-sclérose généralisée, qu’on rencontre le plus souvent à côté du foie et du rein cardiaques, que le processus scléreux soit primitif ou secondaire, qu'il ait donné naissance à une endocardite valvulaire, ou qu'il soit né d’elle par propagation.
Voici une maladie qui tient de si près à la maladie de Bright, de si près aux altérations du myocarde et de l’endocarde, que quelques auteurs en ont voulu faire la mère commune de toutes ces affections. Joignez à cela que, par son étiologie la plus fréquente, l’alcoolisme, elle est bien proche parente de la gastrite chronique; et jugez s’il est facile, dans un syndrome aussi compliqué, de discerner ce qui est primitif de ce qui est secondaire.
Il est certain que l’artério-sclérose est fréquemment accompagnée d’hypertrophie du cœur gauche, et que, dans cette hypertrophie, il arrive un moment où le foie et le rein se prennent, et où les troubles digestifs apparaissent et se caractérisent principalement par des régurgitations sans nausées.
Nous savons déjà que la myocardite graisseuse est fréquemment compliquée de troubles dyspeptiques, de gastralgie, d’anorexie, par le fait, comme le dit très bien M. Peter, d'une sorte de défaillance du pneumogastrique, de la gêne de la circulation stomacale, de
l'insuffisance sécrétoire des glandules de l’estomac, et de la faiblesse de la contractilité musculaire de cet organe. C'est là une véritable dyspepsie cardiaque et non une dyspepsie goutteuse, hien qu’on la rencontre très souvent chez les goutteux. Nous avons particulièrement connu un malade goutteux depuis de longues années et atteint d'une affection aortique légère, dont l'appétit et les fonctions digestives se conservèrent intactes, jusqu'au moment où le myocarde devint malade à son tour. Alors les symptômes stomacaux firent leur apparition, et cela avec une grande violence. Le malade vécut encore un an, en gardant un embonpoint exagéré, et succomba dans une période d’asystolie.
Eh bien, à côté de ces cas où la myocardite peut être incriminée à propos des lésions et des troubles stomacaux, il en est d’autres où cette relation ne peut pas et ne doit pas être établie.
Il est particulièrement une forme de l’artérite, rare d’ailleurs, dans laquelle on rencontre à la fois, et primitivement, une dégénérescence du myocarde et des lésions de l'estomac : nous voulons parler de la périartérite noueuse diffuse, caractérisée par la présence de petites masses, arrondies et très analogues à des tubercules, dans La tunique externe des artères. M. Lancereaux rapporte, dans son remarquable article du Dictionnaire de Dechambre, l'observation « d’un jeune homme de 27 ans, dont la plupart des artères, ne dépassant pas le calibre de l’artère hépatique, se trouvaient affectées : les artères de l'estomac, de l'intestin, de la rate et du cœur... Du côté des viscères, on
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constatait à l’autopsie l’atrophie du cerveau et l’&œdème de la pie-mère, la dégénérescence granuleuse où amyloïde des fibres musculaires du cœur, et d’un grand nombre de muscles volontaires, une dégénération graisseuse de quelques tubes nerveux, une néphrite diffuse. On trouvait de plus une entérite muqueuse, des érosions hémorrhagiques de l'estomac, lésions qui étaient vraisemblablement une conséquence des lésions des artères coronaire, stomachique et mésentérique, »
M. Lancereaux cite encore le fait d'un autre malade de l'Hôtel-Dieu, chez qui on constatait des vomissements, des alternatives de diarrhée et de constipation, se rattachant vraisemblablement aux lésions des artères mésentériques avec palpitations et douleurs musculaires. 6
De ces exemples nous pourrions rapprocher des observations plus récentes de M. Huchard, dans lesquelles l’artério-sclérose, après avoir débuté, tantôt par le foie, tantôt par les reins, avait fini par envahir le cœur, l'estomac et même le poumon.
Il est évident d'ailleurs que dans les cas d’artériosclérose, se manifestant à la fois par des troubles cardiaques et des troubles gastriques, le diagnostic pourra être éclairé par l’état des artères, par les antécédents du malade, ete...
Les différentes dyspepsies que nous venons de passer en ravue, ne sont évidemment pas des dyspepsies cardiaques pures; elles font partie d’un processus morbide complexe et sont des dyspepsies constitution-
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nelles au même titre que la dyspepsie alcoolique, la dyspepsie diabétique, la dyspepsie goutteuse, la dyspepsie tuberculeuse, la dyspepsie rhumatismale, la dyspepsie herpétique, ete...
Il est encore une maladie que Spillmann nous a fait connaître il y a uue dizaine d'années, el qui, à ses débuis, présente assez exactement le tableau d’une névrose cardiaque, telle que la maladie de Basedow fruste, par exemple, et qui se complique en outre d’une myocardite graisseuse et de troubles digestifs souvent fort accentués : nous voulons parler de l’anémie progressive pernicieuse.
Cette affection a peu de rapport avec l’anémie simple; d'après M. Ponfick, sa caractéristique anatomique serait une dégénérescence graisseuse du cœur. D'autre part, c’est dans l'intestin que résiderait sa cause première, à savoir un Catarrhe folliculaire de cet organe.
On voit d'ici le cortège de symptômes qui découlent naturellement de ces deux faits. Bruits du cœur sourds, mal frappés, lointains, palpitations; quelquefois étourdissements dus à une contraction passagère el exagérée de la fibre cardiaque, faiblesse générale, voilà pour le cœur; perte d'appétit, sensation de barre au creux épigastrique, digestions pénibles, diarrhée, voilà pour le tube digestif, et brochant sur le tout des accès de fièvre plus ou moins irréguliers, dénotant la nature infectieuse de la maladie.
-Il est évident qu’au début de la maladie on sera porté à diagnostiquer une myvocardite primitive, à quelque origine qu'on la rapporte, et une dyspepsie
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cardiaque consécutive. Les accès fébriles et la diarrhée précoce seront les signes principaux qui permettront d’écarter ce diagnostic et de soupçonner l'invasion d'une anémie progressive pernicieuse.
Il est enfin une dernière sorte de dyspepsie cardiaque, si on peut l'appeler ainsi, que nous signalerons en passant pour épuiser ce diagnostic différentiel. On est exposé à la rencontrer fréquemment, et il ne faut pas la mettre sur le compte ni d’un acte réflexe, ni d'un trouble de la circulation. On sait, en effet, que quelques médicaments cardiaques, et en particulier la digitale, provoquent chez certains malades une intolérance absolue. C’est généralement vers le cinquième ou sixième jour de l’administration de la digitale que l'estomac se révolte; c'est aussi quelquefois beaucoup plus tôt, et l’on a vu des malades qui n’ont pu supporter même une fois les préparations de digitale. On observe dans ces cas des vomissements et rien de plus.
On a signalé deux cas d'intolérance stomacale pour la caféine. Dans les deux cas, le malade était atteint de cirrhose avec ascite (Huchard, Durand). Au contraire, la convallaria, d'après M. Germain Sée, exciterait l'appétit et facililerait les évacuations.
On sait enfin les troubles que peuvent produire dans les fonctions de l’estomac, et le bromure de potassium et la trinitrine et l'opium, et l’adonis, Il n’est pas de médicament cardiaque qui ne puisse être accusé d’un méfait de ce genre; mais de tous, c’est la digitale qui a été le plus ineriminée et à juste raison.
Mie