L:s conjonclives sont décolorées
La malade vomit encore de Lemps en temps des matières bilicusus, quelquefois teintées par des lilels de sang.
A lauscullalion du cœur, on trouve, à ia pointe, un souffle assez fort, systolique, couvrant et elfaçant le deuxiène bruit. A la base, souffle très intense, au premier temps, se propagunt le
sue JA as long des vaisseaux. Le cœur paraît dilaté; la matité cardiaque se confond avec la matité hépatique. |
Rien au poumon.
Traitement : Infusion de digitale, café. Sirop de morphine, sirop d’éther ; 0,50 cgr. d’iodure de potassium. La dyspnée disparai atu bout de cinq à six jours.
4 mars. — La malade éprouvant de nouveau de la dyspnée, l'auscultation fait reconnaître la présence d’une pleurésie droite avec épanchement peu considérable. Râles de congestion dans l'étendue des deux poumons. Traitement par la digitale, les vésicaloires : amélioration rapide.
28 mare. — Les hématémèses ne se sont pas renouvelées. La malade quitte l’hôpital.
Cette observation, dans laquelle on trouve une congestion passive et douloureuse du foie accompagnée d’hématémèse, pourrait être rapprochée d’un cas publié par Hanot (sur une forme de cirrhose hypertrophique du foie, Th. Paris, 1875). Il s’agit d’un homme atteint de cirrhose, essentielle cette fois, qui présenta pendant sa vie des hématémèses abondantes accompagnées de selles d’une couleur noïrâtre. A l’autopsie, on trouva les veinules de l’estomac peu développées, mais sur les deux tiers supérieurs de la muqueuse œsophagienne, les veines sous-muqueuses énormément dilatées, formantdes cordons longiludinaux, quiavaient environ le diamètre d’une plume d'oie. Sur un de ces cordons on trouva une petite ulcération de 0,001" de diamètre, obstruée par un caillot noirâtre,
Et
OeservaTion XI (personnelle).
Hypértrophie du cœur. — Rétrécissement aortique. Troubles digestifs.
Albert P..., 22 ans, employé de commerce, très intelligent. Mère bien portante, mais d’un tempérament migraineux, Père mort à 56 ans, goutteux, avec une myocardite graisseuse et une lésion aortique mal déterminée. Une sœur en proie à des crises nerveuses, uu frère bien portant, ayant eu déjà une attaque de rhumatisme articulaire aigu.
Ce malade se plaint d’avoir, depuis deux ans environ, des palpitations ; il a toujours été essoufflé en courant et en montant des escaliers ; il n’a jamais eu d’attaque de rhumatisme, articulaire ; il éprouve seulement de temps en temps quelques. douleurs vagues dans les articulations. Il a eu une fois, dit-il, un. rhumatisme musculaire, siégeant à la nuque, qui a duré quelques jours.
Pas d’alcoolisme bien évident, pas de masturbation, peu d’excès vénériens.
Le malade se plaint surtout de digestions pénibles et de gastralgies parfois très violentes. Après chaque repas, il éprouve une Jlangueur indéfinissable et des étourdissements qui le forcent parfois à s'étendre. En même temps, il a de la pyrosis et des crampes d'estomac, comme si, dit-il, il avait absorbé une grande. quantité de vinaigre. Il a quelquefois, mais rarement, des vomissements, surtout à la suite d'efforts de toux.
À l'examen du thorax, on trouve la pointe du cœur qui bat dans le sixième espace intercostal, plus près de l’aisselle qu’à l’état normal, ce qui indique déjà une hypertrophie notable.
La région épigastrique est plus sensible qu’à l’état normal.
A l’auscultation, on ne perçoit rien d’anormal dans les deux poumons, mais on entend un souffle rapeux au premier temps et:
ss à la base du cœur, souffle qui se propage le long des gros vaisseaux. De plus, les battements sont nettement irréguliers.
Le pouls est petit, irrégulier; le tracé sphygmographique donne une ligne d’ascension longue et inclinée.
Diagnostic : Hypertrophie et rétrécissement aortique.
En présence de l’irrégularité des pulsations, on donne à ce malade de la digitale à dose décroissante, en commençant par 0,40 cgr. On continue l’usage de ce médicament pendant une huitaine de jours, Le pouls devient rapidement plus tendu et plus régulier ; non seulement le malade éprouve moins de palpitations, mais il assure que les troubles digestifs sont bien amendés. Il ressent encore après les repas de la pyrosis. L'usage des alcalins l’améliore considérablement.
Après l’avoir perdu de vue, nous le rencontrons quelques mois après. [1 nous raconte qu'il a été repris d’accidents semblables à ceux qui l'avaient amené à l’hôpital ; il a repris de la digitale et s'en est bien trouvé. C’est maintenant, avec le bicarbonate de soude, le remède à tous ses maux.
OBsEeRvATION XII (personnelle).
Insuffisance mitrale. — Dilatation de l'estomac.
Adèle M..., 53 ans, journalière, entre au mois de mai dernier à l'hôpital Saint-Antoine, pavillon Lorain, lit n° 20, service de M. Landrieux.
Son père est mort à 76 ans, et sa mère à 37 ans, d’une affection inconnue. Elle n’a ni frère ni sœur, mais trois enfants, dont une tousse habituellement.
Cette malade souffre d’une bronchite chronique qui daterait de 1875, Elle n’a pas eu d'autre maladie. Elle a été soumise depuis un certain temps à des privations multiples.
Elle à commencé à être sérieusement malade il y a environ trois mois. Vers cette époque, la malade a éprouvé des palpita-
a 1j} Jun
tions ; ses jambes ont enflé à plusieurs reprises, et, par deux fois, des hémoptysies, de nature probablement congestive, se sont produites.
À l’auscultation du cœur, on constate une arythmie absolue, avec un souffle systolique, dont le maximum d'intensité est à la pointe, et une sorte de roulement dans toute l’élendue de la région précordiale.
La malade déclare que, depuis trois à quatre mois, elle éprouve après les repas du ballonnement du ventre avec flatulence, éructalions ; elle rend par en haut et par en bas une grande quantité de gaz. Les digestions sont Jaborieuses et pénibles, accompagnées d'une oppression et d’une anxiété considérables. On constate une dilatation de l'estomac, qui descend presque jusqu’à l'ombilic. On y perçoit du gargouillement, et en seouant Ja malade, on produit un clapotement notable. |
Traitement par la digitale et le café. La malade, améliorée quitte l'hôpital au bout d’une quinzaine de jours.
OsservaTion XIII (personnelle).
Insuffisance mitrale. — Asystolie, — Estomac cardiaque (Autopsie).
Jean-Baptiste L..., âgé de 64 ans, marchand des quatre saisons, entre à l’hôpital Saint-Antoine, salle Broussais, le 12 mars 1886.
Ses parents sont morts très âgés d’une affection inconnue. Un fière, de 63 ans, en bonne santé, Une fille mariée et bien portante. Cet homme a élé soldat pendant sept ans, a travaillé la terre jusqu’à l’âge de 35 ans, et est, depuis une vingtaine d’années, marchand des quatre saisons. il a eu dans sa vie deux pleurésies.
Vers la fin de décembre 1885, il s’est senti affaibli et a gardé la chambre pendant tout le mois de janvier. Au commencement de févriér, il a pris, dit-il, une bronchite qui, en tout cas, a duré
EST qe peu de temps et n’a laissé que des traces légères. Pendant son évolution, le malade a commencé à avoir des palpitations, qu’il attribue à la toux, et qui n’ont pas cessé depuis lors. C’est pour ces palpitations que le malade entre à l'hôpital.
Le facies est légèrement bouffi, le pouls veineux est très marqué dans la jugulaire externe. Le thorax n’est pas déformé. La pointe du cœur bat dans le sixième espace intercostal sur la ligne du mamelon. Le cœur paraît abaissé en totalité. Dans l’abdomen existe une ascite considérable, ainsi qu’un œdème très marqué sur toute la longueur du membre inférieur et sur le scrotum.
Le pouls est bondissant, très irrégulier.
À J’auscultation, on entend, dans toute la poitrine et surtout à droite, les râles crépitants de la congestion et de l’æœdème pulmonaire. Les battements du cœur sont tumultueux, sans aucun rythme. On perçoit, au premier temps et à la pointe, un souffle d’iasuffisance mitrale, pas très accusé. :
L’appétit est diminué, les selles sont régulières. Il y a huit à dix jours, ont débuté des troubles gastriques qui ont coïncidé avec le plus fort développement de l’ascite. Les digestions sont devenues pénibles. Pas de nausées ni de vomissements. La région épigastrique n’est pas douloureuse.
Un peu d’albumine dans les urines.
Traitement : Régime lacté,; infusion de digitale, sirop de morphine, ventouses sèches, bains sulfureux.
Aucune amélioration ne se produisit. Au bout de quelques jours, l’infiltration œdémateuse se généralisa. L’arythmie était toujours considérable, l’anorexie complète. De plus, il se déclara un hydrothorax qui nécessila six ou sept ponctions pendant les cinq semaines que le malade vécut encore. Il fut emporté par une attaque d’asystolie, avec manifestations d’æœdème cérébral, le 22 avril.
Autopsie. — A l'ouverture de la poitrine, on constate un hydrothorax considérable. Le poumon est refoulé et en partie atélectasié, Le cœur est hypertrophié avec surcharge graisseuse,
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Le myocarde est manifestement atteint de dégénérescence. La valvule mitrale est indurée, incrustée de petites plaques calcaires ; elle est insuffisante.
Le foie présente les altérations habituelles du foie muscade. La rate est normale, Les reins sont gros, congestionnés.
L'estomac est un peu dilaté ; il a une teinte un peu ardoisée, et est revêtu d’une couche de mucus grisâtre. Il présente sur toute sa surface, et principalement dans la grande courbure, un pointillé ecchymotique très serré, 11 y a une ecchymose considérable auprès du cardia. Les veines oflrent une légère dilatation variqueuse à la partie la plus déclive du grand cul-de-sac. On constate de petites et nombreuses ulcérations, dont une plus considérable au niveau de la face antérieure. A ce niveau la surface péritonéale elle-même offre un pointillé hémorrhagique.
OBsERvATION XIV (personnelle).
Insuffisance mitrale, — Troubles digestifs.
Adélaïde Y..…., cuisinière, 54 ans, entre à l’hôpital Saint-Antoine le 2 juin 1886. Son père, 86 ans, est en bonne santé. Sa mère est morte à 42 ans, d’une ffuxion de poitrine. Frères et sœurs bien portants. Cette malade n’a pas eu d'autre maladie antérieure que la rougeole, et quelques engorgements ganglionnaires, de nature probablement strumeuse.
Depuis très longtemps elle est sujette à des migraines; elle a aussi de la dyspepsie habituelle. Elle ne supporte pas le vin, ce qui lui a fait adopter d'elle-même un régime lacté mixte. Elle fait au contraire un grand usage de café et prélend que ça la soulage.
Il y a un an environ, ses membres inférieurs, puis ses membres supérieurs, ont été envahis par des douleurs rhumatismales, qüi se sont fixées un certain temps sur les genoux. A la même époque les jambes ont commencé à enfler, en même temps que la malade ressentait des maux de reins. Puis vinrent
Me
des palpitations assez violentes. Dès sa jeunesse, d’ailleurs, cette ‘femme ne pouvait ni monter les escaliers, ni marcher un peu vite sans avoir des battements de cœur.
Elle se plaint de digérer lrès mal les viandes noires, landis qu'elle supporte bien les aliments gras, les féculents, et d’éprou-, ver après chacun de ses repas un malaise qui dure de une à deux
heures.
Le pouls est lent, bondissant, très dépressible. Etourdisse-
ments fréquents.
A l’auscultation on perçoit, à la pointe du cœur, un souffle vibrant d'insuffisance mitrale au premier temps. On perçoit également un souffle au premier temps au foyer xiphoïdien. Rien à Ja base. Dans les poumons, râles sous-crépitants de congeslion aux deux bases.
Traitement par la caféine, puis par la digitale. Amélioration passagère des symptômes cardiaques.
OBsERVATION XV (empruntée à Chomel).
Un malade avait observé que l’usage des boissons exaspérait constamment des coliques auxquelles il était depuis longtemps sujet, coliques ordinairement sèches, rarement avec dévoiement.
Lorsqu'il vint me voir pour la première fois, il se plaignait aussi de palpitations pénibles. Le cœur était augmenté de volume et présentait à sa partie moyenne un bruit de souffle très prononcé. Sous l'influence d’un régime convenable, suivi pendant quelques mois et composé exclusivement de substances solides, tous ces accidents, clapotements, palpitations, avaient complètement disparu.
H. Huchard, qui cite cette observation dans son étude sur le régime sec dans les maladies de l’estomac, la fait suivre des lignes suivantes : « Ainsi la
QT
diète des liquides, ou régime sec, que l’on pourrait appeler, d’après Fonssagrives, rérophagie, produit de très bons effets dans certaines dilatations de l'estomac, . les dyspepsies atoniques, les dyspepsies des liquides. Cette espèce de diète est surtout applicable à d’autres affections encore, caractérisées surtout par l’excès de tension artérielle, chez les athéromateux, chez les gens atteints de néphrite interstitielle, d’affections aortiques, etc...
OBsERvATION XVI {empruntée à Huchard).
Angine de poitrine. — Dilatation de l'estomac.
Un homme encore jeune, indemne de toute atteinte franche de maladie constitutionnelle, de Loute affection des centres respiratoire et circulatoire, et qui avait souffert seulement {de temps à autre d’accidents dyspeptiques assez promptement réprimés, est pris subitement, au milieu de la plus parfaite santé et dans le cours d’une conversation, d’une douleur violente, atroce, non pas seulement en arrière du sternum, mais dans toute la poitrine, avec quelques irradiations dans les deux bras et dans le cou. Il se fait transporter chez lui, en proie à une angoisse profonde et telle qu’il ne put même proférer une seule parole. Je le vois quelques heures après ; sa figure exprimait l’anxiélé la plus vive, la parole était entrecoupée ; le malade se plaignait d’une barre qui l’étouffait, d’une sensation de main et de griffe de fer. Depuis sept ans que je lui donnais des soins, je n'avais rien trouvé du côté de son cœur ou de son aorte; deux jours auparavant, par une circonstance tout à fait fortuite, j'étais amené à l’ausculter, et je ne constatais rien encore; le jour même où je fus appelé, je pratiquai l’auscultation avec tout le soin dont je puis être capable, et je ne trouvai toujours rien. C’est seulement quelques jours après que nous pûmes constater, avec
Di r
M. Potain, les signes d’une dilatation cardiaque légère, sans lésions des valvules ni de l’aorte. Mais cette dilatation était de date récente et s’était développée, pour ainsi dire, sous notre oreille, et loin d’être la cause des accidents angineux, elle en était plutôt l'effet. Quelques jours plus tard, les accidents douloureux firent place à une dyspnée permanente, traversée par des accès paroxystiques de douleur sous-sternale et d'angoisse si caractéristique, avec symptômes du côté de l'estomac : dilatation considérable, presque aiguë, du côté de cet organe ; du côté du poumon: symptômes de congestion pulmonaire, ou plutôt de congestion bronchique, mobiles dans leur siège ou leur mode d'apparition ; du côté du cœur : précipitation extrême des battements cardiaques, dilatation du cœur, quelques lipothymies, fréquence du pouls sans fièvre.
M. Huchard conclut à l'épuisement et à la paralysie du nerf pneumogastrique, paralysie ayant donné naissance, entre autres symptômes, à la dilatation aiguë de l'estomac.
OBSsERvVATION X VIT (empruntée à Huchard).
Il s'agit d'un homme atteint d’aortite avec insuffisance des valvules sigmoïdes, chez lequel l'affection ne s’est d’abord révélée, pendant assez longlemps, que par des symptômes gastriques violents (accès de gastralgie intense, dilatation énorme de ‘l'estomac, vomissemeuts, vomituritions, tympanite, douleurs violentes dans la région du foie ressemblant à des coliques hépatiques, etc...) et qui a présenté seulement après quelques mois de ces souffrances, des symptômes cardiaco-pulmonaires, d'origine nerveuse, et, en dernier lieu, des accidents d’angine de poitrine, auxquels le malade a succombé.
sm 108
OBsenvarion XVIII (empruntée à M. Huchard.
Dans un autre cas, que j’ai pu suivre avec M. ie D: Cagniat (de Noisy-le-Sec), le malade a soutfert pendant plusieurs mois, en l’absence de tout symptôme cardiaque ou aortique, d’accidents gastralgiques assez intenses, au point qu’on put le regarder pendant longtemr.s comme atteint d’une maladie d’estomac; mais bientôt, après les douleurs gastriques, apparurent les dou-' leurs rétro-sternales, la dyspnée, l'oppression avec accès paroxystiques, et les symptômes d’une dilatation stomacale. En même temps la percussion et l’auscultation de l’aorte permettaient de constater l'existence d’une altération de 3e vaisseau (aortite et dilatation aortique).
OBSERVATION XIX (résumée).
(Durand, De l’action comparée des médicaments cardiaques, Th. Paris, 18385.)
Gevraerts (J.-B.),38 ans, journalier, entre, le 25 mars 1884, à l'hôpital Sainte-Eugénie, à Lille.
Ce malade ne présente aucun antecédent morbide; il est fumeur, mais nullement alcoolique. Il présente actuellement des acciden‘s dont le début remonte à quatre mois. Il eut d’abord des troubles gastriques, tels que douleurs, flatulence, vomissements ; il accuse même un accès de dyspnée avec angoisse qui dura près d’une journée. Depuis, les accidents ont augmenté de fréquence, surtout la nuit, et, chaque fois, c'est l’état de l’estoqui paraissait dominer la scène.
Aujourd’hui le pouls est petit et très irrégulier. La pointe du cœur bat à 13 centimètres de la ligne médiane dans le 5° espace intercostal. L’impulsion n'est pas encore accrue, il existe un souffle systolique très net, rude et profond à la pointe; le deuxième bruit est dédoublé. Rien du côté du poumon. Pas d'œdème des membres inférieurs, mais il y en a eu antérieurement, à diffé-
Ed rentes reprises. Rien du côté de l’estomac, sinon un peu de sensibilité de la région correspondante.
Diagnostic. — Insuffisance mitrale et rétrécissement mitral.
Traitement. — Gouttes amères de Baumé IV, convallaria 25 centigrammes, pepsine 50 centigrammes. Sous l’action de ce traitement, les symptômes s’amendèrent rapidement; mais la douleur stomacale nécessita l’application d’un vésicatoire.
Nous avons placé à dessein cette observation à côté de celles, si intéressantes, publiées par M. Huchard, à cause de l’analogie évidente qu’elles offrent. Ces divers faits nous paraissent devoir être rangés dans notre classe des dyspepsies cardiaques par acte ré-
flexe.
OBservarTIoN XX (personnelle ).
Rétrécissement pulmonaire.
Henri T..., 33 ans, représentant de commerce. Père et mère morts de vieillesse (?); une sœur bien portante. Pas de maladies pendant la jeunesse. Le malade est marié depuis six ans ; il n’a pas d’enfants.
Il a toujours été extrêmement nerveux et impressionnable. Sa santé a commencé à s’altérer il y a environ deux ans. Dès cetle époque il a eu, la nuit, à intervalles de plus en plus rapprochés, des crises d’étouffement qui le contraignaient à quitter la position couchée pour se mettre sur son séant.
Il éprouvait en même temps des fourmillements aux extrémilés des membres, en même temps qu’une sensation de refroidissement général à l’état de repos. Ces accidents ont toujours été en s’accentuant depuis cette époque.
En même temps le malade perdait l'appétit et était pris de dégoût pour certains aliments, en particulier pour la viande; ila fréquemment des nausées, qui sont parfois suivies de vomisse-
ss OÙ ments ; pendant environ deux ou trois heures après chaque repas, il est hors d’état de se livrer à aucun travail. En dehors de ces accidents, le malade est pris, depuis quelque temps, d'accès d’oppression avec constriction à la gorge qui simulent assez des crises d'hystérie et qui durent de cinq à dix minutes chaque fois.
Ce malade est pâle, assez anémié ; il n’a jamais eu d’œdème aux membres inférieurs. Il tousse fréquemment, par quintes et sans cracher (toux hystérique). Ni alcoolisme, ni arthritisme.
À l’auscultation de la poitrine, on n’entend rien d’anormal dans les poumons.
Le cœur paraît notablement hypertrophié, surtout du côté du ventricule droit. On entend au premier temps, à la base, au niveau du deuxième espace intercostal, un bruit de souffle systolique assez doux, se propageant un peu vers la clavicule. On perçoit un léger frisson en appliquant la main sur la région précordiale.
Diagnostic. — Rétrécissement pulmonaire.
OgservaTion XXI (due à mon excellent ami Auclert).
Louise F..., 22 ans, entre, au mois d'octobre 1884, à l'hôpital Laënnec. Son frère et une sœur sont morts phthisiques; sa mère est en bonne santé. Elle-même a eu quelques bronchites dans son jeune âge. A 17 ans, pleurésie droite dont la durée fut de trois mois.Quelque temps après, la malade a été prise d’une violente altaque de rhumatisme articulaire aigu et généralisé. On lui appliqua à cette époque un vésicatoire à la région précordiale. Depuis celte époque, la malade est sujette à des palpitations,
Il y a un an environ, elle fut prise de douleurs et de pesanteur au creux épigastrique. Elle eut des vomissements alimentaires assez fréquents. Les digestions élaient toujours pénibles. A deux reprises différentes, il y a trois mois et il y a quinze jours, elle vomit du sang noir et déjà altéré, à peu près la valeur d'une
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demi-cuvette chaque fois. Les vomissements alimentaires ont persisté, mais ils ne sont pas constants, comme dans l’ulcère rond. Ils sont parfois striés de sang.
A l’auscullation du poumon, on ne trouve rien de très caractéristique. Au cœur et à la pointe souffle d'insuffisance mitrale. Au premier temps également souffle doux au niveau de l'rifice pulmonaire. |
Pas de point rachialgique.
Le diagnostic est incertain, mais l’ulcère rond est peu probable; nous admettons plus volontiers une petite ulcération des vaisseaux de l'estomac.