‹ Essai sur la dyspepsie cardiaqueChapitre 15 sur 16 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Dans ce chapitre, nous ne ferons que rassembler les notions éparses au cours de ce travail, notions recueillies tant dans les travaux de nos maîtres que dans nos observations personnelles.

Et d'abord l'estomac cardiaque a-t il une physionomie particulière, caractéristique, telle qu’on puisse le reconnaître à première vue dans tous les cas? Evidemment non. Outre que les diverses formes de la maladie que nous avons étudiées offrent des altérations bien différentes les unes des autres, et, pour ainsidire, spéciales à chacune d'elles, il n’est pas rare de rencontrer des malades, tel que celui qui fait l’objet de notre treizième observation, chez lesquels les troubles digestifs s’accusent fort tard, quand ils ne manquent pas complètement. Il est vrai que, même dans ces cas, si l’on songeait à regarder l'estomac, on trouverait souvent des lésions très neltes, mais trop peu avancées dans leur évolution pour s'être traduites pendant la vie. Le malade auquel nous faisons allusion en est un exemple.

Les lésions typiques de l’estomac cardiaque n’existont en réalité que dans la forme congestive; et elles

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sont typiques, parce qu'il n’est pas de maladie dans laquelle l'estomac, et les viscères abdominaux en général, soient soumis à une congestion aussi intense, à une stase veineuse aussi complète.

Depuis que notre attention est attirée sur ce sujet, nous n'avons pas fait l’autopsie d’une personne morte d'insuffisance mitrale, sans rencontrer, à un degré plus ou moins avancé, les lésions suivantes :

L’'estomac est en général dilaté; ses parois sont épaissies, congestionnées ; leur consistance est fibreuse, leur couleur lie de vin. La surface interne de l'organe est souvent recouverte, ainsi que la partie supérieure du tube digestif, d'un mucus grisâtre, demi-transparent, et très adhérent à la paroi. Cette lésion se rencontre à son plus haut degré quand la maladie cardiaque se complique d'une affection du rein et des symptômes de l’urémie. On rencontre parfois au lieu de ce mucus transparent des plaques d'exsudats blanchâtres, pultacés, de nature fibrineuse, et qui ont quelque analogie d'aspect avec les fausses membranes diphtéritiques.

Quand on a enlevé ces productions pathologiques, on voit une surface ardoisée, souvent infiltrée de sérosité, avec des suffusions sanguines, et criblée dans quelques cas types, d'une multitude de petites érosions. La grande et la petite courbure sont les deux sièges principaux de cette lésion.

Les veines sont plus ou moins dilatées et variqueuses ; il est probable, mais il ne nous à pas été donné de le constater, que dans les cas d'hématémèse

Ta TE d’origine cardiaque, on trouverait à leur niveau de petites ulcérations.

Un grand nombre de glandes à pepsine sont atrophiées; les cellules de leur épithélium sont remplies de granulations graisseuses.

Il n’est pas rare de trouver de l’athérôme dans les vaisseaux artériels de l’estomac, quand cette lésion existe à l’aorte, et surtout si elle est généralisée à tout le système artériel.

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