‹ Essai sur la dyspepsie cardiaqueChapitre 8 sur 16 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

Nous allons maintenant chercher à expliquer la pathogénie des troubles gastriques, que nous avons jusqu'ici sommairement énumérés. En nous plaçant au point de vue de la pathogénie seule des accidents, nous pouvous dès à présent les diviser en deux grandes classes : dyspepsie par trouble réflexe, quelle que soit d'ailleurs la nature intime de cette action réflexe, et dyspepsie par troubles mécaniques.

De la dyspepsie cardiaque par action réflexe. — Il n’est pas douteux que l'estomac ne puisse être le point d'arrivée de certains trajets réflexes, très variables d’ailleurs. L'influence des impressions morales sur les maladies de l'estomac, signalée par Dujardin- Beau metz, en est une preuve. N’est-il point naturel de se demander si le pneumogastrique ne peut pas être par sa portion cardiaque le point de départ, et par sa portion stomacale le point d'arrivée de phénomènes réflexes du même genre, ou inversement? Écoutons M. le pro. lesseur Peter:

« Tous ceux qui, par situation, voient beaucoup de cardiopathes, ont vu ces choses :

«lei cœur affolé par le tabac, aussi faible qu'irrégulier, par trouble de son pneumogastrique « à lui», avec désordres fonctionnels du pneumogastrique « des voi-

« Sins », je veux dire des pneumogastriques des poumons et de l'estomac. Et ces désordres fonctionnels du pneumogastrique pulmonaire sont alors une dyspnée spéciale bien différente de l'asthme avec anesthésie pulmonaire et perte de la sensation de l’air inspiré; comme les désordres fonctionnels du pneumogastrique stomacal sont de la dyspepsie avec ballonnement immédia, plus anesthésie avec perte aussi de la sensation des aliments ingérés : il y a là‘ un exemple aussi saisissant que caractéristique pour le médecin qui sait voir. »

Et plus loin la contre-partie, à propos des troubles fonctionnels de la myocardite : « La miseen branle de ces troubles fonctionnels est très fréquemment provoquée à une certaine période de la maladie myocardique par la mise en action du pneumogastrique, dans l’un ou autre de ses trois départements fonctionnels. Aïnsi la mise en action du pneumogastrique stomacal, je l'ai vue, dans des cas longuement observés par moi, déterminer d’épouvantables accès d’oppression et de palpitation, avec sueurs froides... et c’est de la sorte que, chez certains individus, la lésion cardiaque se démasque définitivement. Cette mise en action du pneumogastrique stomacal, c’est-à-dire l'excitation fonctionnelle de celui-ci, entraine dans ces conditions soit une parésie du pneumogastrique cardiaque, d’où les palpitations; soit une contracture de celui-ci, d’où la syncope possible. »

Les dyspepsies et les troubles digestifs analogues, par excitation des filets gastriques ou autres du pneumo-

or

gastrique, ne sont pas rares : sans parler des névroses du pneumogastrique dues à des états moraux, peut-on attribuer à une autre cause les vomissements sympathiques du mal de mer, les vomissements de la tuberculose, ceux de l’adénopathie trachéo-bronchique ?

Dans la dyspepsie cardiaque, le pneumogasirique paraît agir par deux modes différents, tout d'abord par les mouvements qu’il imprime aux tuniques musculaires de l’estomac et principalement au cardia; en second lieu, par les troubles que son excitation détermine dans les fonctions secrétoires. Il est enfin un troisième ordre de faits dans lesquels, bien que l’irritation réflexe du pneumogastrique soit indéniable, néanmoins le mécanisme intime de son action ne parait pas pouvoir être précisé. Reprenons chacun de ces modes de dyspepsie réflexe. | . Aux troubles digestifs produits par les mouvements réflexes imprimés par le pneumogastrique à l'estomac, dans les affections du cœur, nous signalerons seulement la dysphagie de la péricardite, dysphagie qui est quelquefois le premier symptôme de l’inflammation du péricarde. Le rôle du nerf vague dans la déglutition a été étudié par Letulle (th. d’agrég.). Si l’œsophage, après la section des deux pneumogastriques, se comporte comme un tube inerte (expériences de Mosso, de Cl. Bernard et de Schiff), il est naturel de penser que son irritation donne lieu à des contractions réflexes trop énergiques du cardia et à des mouvements antipéristaltiques de l’estomac.

M. le professeur G. Sée admet l’action motrice des

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