‹ Essai sur la Fièvre TyphoïdeChapitre 20 sur 35 · PAT RE · texte numérisé non relu

PAT RE

produire, à notre avis dans le climat du nord de l'Afrique.

Les désordres pulmonaires et non les lésions qui n’ont pas cltemps de s'établir ont, pour nous, une autre origine.

La congestion pulmonaire, au lieu d’être le fait du progrès de l’adynamie, de la dégénérescence granulograisseuse des éléments anatomiques, serait au contraire le résultat de la faiblesse des fonctions du cœur. Nous avons assisté souvent aux derniers moments de ces malheureux dont lautopsie nous révélait le lendemain une congestion éminemment intense des deux poumons. À la visite du matin leur état ne semblait pas faire prévoir une fin aussi rapide, lorsque tout à coup au milieu de la journée la respiration devenait courte et précipitée. La face se cyanosait, une sueur froide, très abondante couvrait tout à coup le corps et, si l’on n’arrivait pas à temps pour le secourir, ainsi que nous allons l'indiquer, le malade succombait par syncope comme frappé d’une insolation.

Évidemment il ne mourait pas par les poumons, mais bien par le cœur, et la cause de cette terminaison funeste était pour nous tout entière däns l’hyperthermie du sang, venant désorganiser par sa haute température les fibres musculaires de l’endocarde. Les poumons étaient sains mais l'organe central de la circulation devenait inapte, et à aspirer le sang veineux venant de la périphérie et à le pousser dans les capillaires pulmonaires, pour qu’il subisse le contact avec l'oxygène, À plus forte raison le cœur était-il

incapable de projeter le sang dans l’encéphale, centre de l'influence nerveuse de la respiration, ou dans les autres organes non moins importants à la nutrition. Cette respiration devenue tout d’un coup accélérée, cette faiblesse du cœur que révèlent des battements à peine accentués et irréguliers, cette cyanose rapide rappellent les expériences de M. Vollin sur le mode d'action des hautes températures; d’un autre côté, rappelons que ces morts par syncope et apoplexie pulmonaire instantanée avaient lieu au milieu du jour pendant les mois de juillet, d'août et de septembre alors qu'à ce moment la température sous la tente dépassait 40°*.

Que nos fébricitants eussent une température fébrile atteignant ce niveau, et il ne paraîtra plus extraordinaire qu’ils dussent succomber à une lutte thermique dans laquelle des bien-portants n’ont pas toujours eu le dessus.

Du reste cette terminaison syncopale de la fièvre typhoïde pendant sa première période a déjà été indiquée par les médecins militaires observant en Algérie, ou par les médecins de la marine en présence de cette affection dans nos colonies de la zône torride. Nous ne ferons donc que la signaler sans insister davantage, nous contentant de relater le traitement qui a réussi souvent à enrayer la marche des accidents. Dès qu’on nous prévenait qu’un malade faiblissait de cette facon, nous appliquions de nombreuses ventouses

Page 1