On a observé 59° V. LEREBOULET, loc. cit
Dre
sèches à la base dela poitrine et nous enveloppions le corps d’un drap mouillé avec de l’eau additionnée de vinaigre. En même temps on essayait de faire prendre au patient quelques gorgées d’une potion cordiale et diffusible; alcool, menthe, éther et acétate d’ammoniaque. Bien souvent cette médication a réussi, quand on eut le bonheur de la pratiquer au début de l’accès.
Nous citerons entre autres un sergent du 85° de ligne, qui fut onze fois, en plusieurs jours différents, en proie au même danger et que nous rappelâmes à la vie de la sorte, malgré une répétition d’apoplexie pulmonaire aussi accentuée qu’il est possible d’en observer en pareille circonstance.
Pour preuve de la rapidité de l’évolution de la fièvre pendant la saison chaude dans le nord de PAfrique, nous donnons ci-après la durée de la maladie à l’époque où nos autopsies ont été pratiquées. Il est inutile de rappeler que dans toutes ces nécropsies, les lésions caractéristisques de l'intestin grêle ont été rencontrées. Elles ont beaucoup variécomme intensité suivant les individus, sans qu’il nous ait été possible d'établir un rapprochement entre le nombre de plaques ulcérées ou infiltrées et la durée ou l’intensité de la maladie. Il ne pouvait en être autrement, puisque le plus souvent nos malades succombaient plus par le fait de la haute température extérieure qu’aux progrès où à l'intensité de l'infection typhoïdique.
Du 24 juin au 1* janvier il y a eu 65 décès par suite de la fièvre typhoïde, survenant après les jours ci-dessus indiqués de l’entrée à l’ambulance.
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Report, . . . 40 Pendant le A0r jour. .. 5 Pendant le 12e jour... 2 & PE re 4 — 139 — 1 S 30 — 2 — 140 4 = 4e == ji — 158 — 4 E ÿe — 6 — 169 — 4 É 6e = 2 = 198 — 2 — 1 — 3 — 200 — 4 — dou = ‘A s Den 1 > ge — 2 == 230 — 2 — 109 — 4 = CROSS 1 + 1149 — 4 A reporter... ! 40 Toial.”. 65
On le voit, nos malades mouraient surtout du 1% au 5° jour. Si on fait attention que nos troupes n’ont pas bougé pendant 4 mois de leur campement et qu’on les dirigeait immédiatement sur ambulance située à 3,000 mètres des tentes, dès qu’ils déclaraient ne pouvoir faire leur service, il faut bien conclure qu'ici la fièvre typhoïde frappait les organismes avec une rapidité et une intensité inaccoutumées.
D’un autre côté, comme nous l’avons déjà dit cidessus, la plupart des décès survenus dans le courant du 2° septenaire, ont eu pour cause un état syncopal déterminé par la température cosmique. Aussi, saufle soldatayant succombé à une suppuration parotidienne le 25° jour, les observations cliniques, comme les recherches cadavériques, n’ont-elles pas révélé lexistence de ces nombreuses complications qu’on rencontre d’ordinaire en France, pendant la période de déclin, et auxquelles les malades succombent souvent.
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En résumé ce qui vient d’être dit sur la marche et l'allure de la fièvre typhoïde en Tunisie montre bien que son influence, par rapport à l'intensité de son action, est bien plus considérable que ce qu’on a continué d'observer à Paris. La chose était à supposer, parce que nous savons que cette maladie infectieuse, est plus grave pendant les étés très chauds que pendant ceux où la température reste humide et modérée. Dans le midi de la France à Toulon, à Marseille, à Toulouse, à Montauban, à Bordeaux, où elle évolue toujours rapidement, elle est bien plus sévère pendant la saison chaude que pendant les hivers si tempérés de cette région.
Les médecins militaires, Arnoud en tête, ont remarqué encore une évolution plus rapide et une intensité d'action plus grande en Algérie que dans le midi de la France. -
Dansnos colonies, les médecins dela marine, après avoir longtemps confondu la fièvre typhoïde (comme au début on l'avait fait d’ailleurs en Algérie) avec les rémittentes (bilieuses ou non), et récemment avec les fièvres inflammatoires, reconnaissent, maintenant que les autopsies sont plus fréquemment pratiquées, qu’ils sont souvent en présence des fièvres typhoïdes évoluant en 9 ou 10 jours.
La température comisque a done une influence des plus manifestes sur la rapidité de la marche de la fièvre typhoide, comme elle en a une non moins certaine sur son développement et sa propagation, ainsi que nous allons maintenant le mettre en évidence.
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DU DÉVELOPPEMENT ET DE LA PROPAGATION DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE DANS LE CORPS EXPÉDITIONNAIRE DE TUNISIE.
Dans la première partie de ce travail, nous nous sommes efforcé d'indiquer la marche, l’allure et les différentes mobilités qu’a présentées la fièvre typhoïde sur nos troupes en Tunisie. En un mot, nous avons essayé de mettre en relief le corps du délit, les faits mêmes qui constituent l’épidémie. Il s’agit maintenant de les interpréter au point de vue étiologique et de faire ressortir à cet égard quelques circonstances ne se rapportant pas directement à l'individu (campement, sol, hydrométéores) que nous avons laissées à° dessein dans l’ombre afin de ne pas détourner l’attention du lecteur, cherchant à se convaincre de la réalité de l’action du génie épidémique qui nous occupe.
Sachant maintenant, à n’en point douter, que les pertes ont été grandes du fait de l’action de la fièvre typhoïde, il importe de connaître si cette inflence morbigène était fatale, par cela même que nos troupes entraient en campagne, ou bien, si mieux éclairé sur les différents modes de propagation de cette maladie, on eùt pu éviter les pertes que nous avons signalées. Si à la suite de la discussion que nous allons entreprendre nous arrivons à des conclusions pratiques pour l’avenir, on pourra nous savoir gré peut-être
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d’avoir plutôt cherché à éclairer les futurs directeurs d’une expédition semblable qu’à récriminer inutilement contre les erreurs d'hygiène et d’épidémologie qui ont présidé à cette expédition dont la Tunisie a été le théâtre.
1. La fièvre typhoïde est aujourd'hui l'affection dominante dans l'armée.
Commençons par le dire, la fièvre typhoïde, depuis la nouvelle loi de recrutement, estl’affection qui maintenant détermine dans l’armée le plus d’invalidations et le plus de décès.
Jusqu’en 1810, deux fléaux décimaient également nos régiments : chez les plus jeunes la fièvre typhoïde frappait à coups redoublés; chez les vieux soldats la tuberculose minait la constitution d'autant plus rapidement que la victime avait passé plus d'années dans la vie militaire. Aujourd’hui le nombre de phthisiques semble diminuer en proportion directe de la moindre durée de séjour sous les drapeaux; quant au contraire son alliée morbide d’autrefois toucheactuellement un plusgrandnombrede victimes.
Voici d’ailleurs un tableau comparatif et très éloquent sur ce sujet, que nous empruntons au mémoire de M. Collin‘.