CONCLUSION
S'il me fallait tirer des conclusions pratiques de cette étude, dont le but essentiel a été de faire la lumière sur une mentalité obscure, — lumière qui n'importe pas moins aux peuples neutres qu'à nos alliés et à nous-mêmes, — les principales seraient celles-ci.
Il n'y a pas seulement à triompher d'une formidable machine de guerre et à conjurer, pour l'avenir, son retour offensif; il faut avoir raison de la malfaisance de tout un état d'esprit.
Tandis que le patriotisme des autres pays est surtout fait d'amour, celui de l'Allemagne a toujours été fait de haine, haine invétérée de la France, haine prédominante aujourd'hui de l'Angleterre, haines d'autant plus féroces qu'elles sont devenues des haines de chair et de sang. L'idée de race les a incarnées dans le peuple, parce qu'il n'y a jamais eu de véritable nation allemande. La race a dû en tenir lieu.
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Par la même raison, l'État, ne pouvant faire corps avec une nation allemande, a prétendu avoir sa raison d'être en lui-même, et a abouti à une création artificielle et monstrueuse : mécanisme de compression et de despotisme sur les territoires subjugués, mécanisme de domination militaire et économique sur le monde entier.
Et le germanisme, ainsi constitué, ne peut s'avouer vaincu, puisque son principe est le succès. Une force invincible devra le briser.
J'ajouterais que le caractère prussien est irréductible, et que le caractère allemand pourra se ressentir longtemps du virus de la prussification qui lui a été inoculé.
Mais il y a une conclusion beaucoup plus large qui s'impose à l'esprit. Je la demanderai au noble génie qui avait embelli une Allemagne imaginaire de toutes les qualités idéales de sa propre nature, à M me de Staël :
« Que deviendrait le genre humain si la morale n'était plus qu'un conte de vieille femme fait pour consoler les faibles, en attendant qu'ils soient les plus forts ? »
» Il faut que la fierté, la générosité, l'équité, tous les sentiments magnanimes enfin soient sauvés » !