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CHAPITRE I. -- MODULATIONS

moQtrentlos deux exemples ci-dessus ( yï^. Syo) relatifs, l'un au mode majeur (oscillation de do kfai, majeurs), l'autre au mode mineur (oscillation de la à réi mineurs).

680. S'il eu est ainsi, c'est-à-dire si l'on peut appuyer d'un accord parfait l'une quelconque des notes de la gamme chromatique du Ion établi, c^est parce que ces notes sont précisément celles qui forment avec la tonique donnée les rapports les plus simples et qui lui sont liées par les parentés les plus étroites. Le Tableau suivant récapitule les principales (' ) de ces parentés.

Xotos. Parentes avpc ta Ionique.

do Toniituo donnée.

rt'j fiénileur de la gamine chromatiquo de do; ré\} a, Taux cor relatif

de fa a (voisin de i/o a) et corrélatif de fa i( voisin do do i).

rc ré (.'l'i équipseudique àe do a.v; ré i.i, équiariné de do a.^.

mh me'ii a, relatif de (£? (.

mi mi i, corrélatif de do a.

fn Voisin do do; relatif de ré i et corrélatif de la ( (qui sont des équi-

armésdotjo).

fai Parenté minima.

sol Voisin de do et son éqiiiarmé.

/(1 7 . . . . l/ij a, corrélatif de do i.

la /a i, relatifdc do a.

si y ;e:i a.^, équipseiidique do do i.v; si\, a.v, équiarmé do do i.^;

si'n a, corrélatif de ré i ( équiarmé de do a ). si. Carrélalifde sol a (voisin et équiarmé do do); voisin ou dominante

de mi i (corrolalir de do a).

681. Ces parentés permettent au lecteur de comprendre pourquoi, lorsqu'il improvise au clavier, tous les accords parfaite possibles viennent se présenter sous ses doigis, en des oscillations qu'il pratique d'instinct et sans y songer. Ces oscilhitions, qui pourraient le conduire à exécuter d'incessantes modulations s'il traduisait en musique quelque rùveiic vague ou quelque songe imprécis, seront au contraire sans influence sur la tonalité et la laisseront inchangée lorsque, sous la dictée d'une inspiration véritable, il composera sur un sujet bien net, en se proposant d'exprimer musicalement une idée clairement déterminée.

PHtPAIIATIOX DES MODULATIONS PAS PARENTE.

682. Lorsque la parenté unissant les tons entre lesquels on module n'est pas jugée assez étroite, il est facile de préparer l'arrivée du nouveau ton sans faire usage de la dissonance (' ) et en employant seulement des accords parfaits choisis de façon à constituer une sorte de processus modula toiro.

Supposons, par exemple, qu'il s'agisse de préparer une modulation entre tons qu'unit la [jaietilë du second degré fondée sur la combinaison de la connexion et de l'homotonic. Suivant que le ton de départ sera majeur ou mineur, les cas pouvant se présenter seront au nombre de huit, ainsi que l'indique leTubleau suivant.

(') P.iur une et Tableau tilt complet, il faudrait y faira figurer benucoup d'uulras paii-nliis et notaDimi'llt Ini celles ijui pouvcnl lîlre fnrméei en combinant deux k deux les parcntûs les jilus simples. Iiamotoaii;, voisinage, ( noiion et dijuiarmun!.

(') Contrai peincnl i l'opinion émise par FiJlis et rappnrléa plua haut {voir n' Gil ).

NBUVlà

iB PARTIE. -

Premier ton.

Préparation

Second ton.

Panntd »tt premier ton

do majeur do majeur

mi majeu si majeu

la majeur mi majeur

Contreconnoxion.

do majeur do majeui»

sol majeu sol majeu

mi\, majeur iib majeur

FausseconDexion.

la mineur la mineur

toi majeu do ma^Qu

rfo mineur fa mineur

Contreconneiion.

la mineur la mineur

mi majeu mi majeu

/aj mineur don mineur

FauBsecennenion.

n est évident" qu'on prépare le passage de rfo majeur à ^amajeur (c^as n" 1) en faisant entendre mi ipajeur qui est à la fois dominante de la mineur f le relatif, auquel on pourrait aboutir) et de la majeur (le contrerelatif, vers lequel on va moduler) {')•

De même, dans le cas n" 2, la modulation peut notamment être pvéparée par l'accord de si majeur, dominante commune m connexe et au contreconnexe du ton donné.

De même encore, les modulations n*" 3 et 4 peuvent être préparées par l'accord de sol majeur, dominante commune au toit donné et à son contre, . . . , etc.

683. On voit que les préparations précédentes peuvent aussi s'expliquer par ampbitonie; ainsi, dans les cas n" 1 et % on utilisa l'amphilooie que possède l'accord préparatoire pour le connexe et pour son contre ; dans les cas n" 3 et 4, l'amphitonie utilisée est celle que possède l'accord préparatoire, tant pour le ton donné que pour son contre.

Ces préparations présentent donc une certaine analogie avec celles dont traitera l'article suivant (modulations par ampbitonie).

IHTBRPKfiTATIOK BABIIUILU DBS F1IT9 PRCcSDKNTS.

684. Les harmonistes n'ont pas coutume de prendre en considération les parentés étudiées dans le présent article; aussi expliquent-ils généralement les modulations fondées sur ces parentés en les attribuant aux hasards de l'inspiration ou au caprice du musicien.

C'est ainsi que Fétis, traitant des modulations {Traité de l'harmonie, livre III, p. i6o, §§ a5o et aSi), dit que parfois telle tonalité se substitue à telle autre par la simple et libre fantaisie du compositeur à qui il a plu de faire succéder l'accord parfait d'un ton à celui d'un autre ton, sans que, dans cette succession, il n'existe ni liaison ni transition d'aucune sorte.

« La musique moderne, ajoute Fétis, offre de beaux exemples, par leur simplicité, de » •> ces successions de tons que rien ne fait pressentir et qui s'opèrent par la succession • » libre de deux accords parfaits. Un des exemples les plus remarquables de ce genre et, ■ » je pense, le premier de son espèce, est la charmante canzonette foi cke Sapete, des > > /Vozse di Figaro, par Mozart. »

Ce passage, que cite Fétis, est le suivant :

T In inodulslion en Taisant entendre le relatif /a mineur lui iaion de deui modulations par parente dn premier degré, et n un par pareald du second degré.

nCiDe. maia alors on I pas dans celui, qno

CHAPinB I. -- HODtILATIOKB.

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8ft5. Ce passage contient uae modulation du type :

de /a majeur vers la\f majeur, c'est-à-dire d'un ton vers son fausrelatif ( ').

Il est bien évident que les modulations de ce genre s'exécutent, comme le dit Fétis, par la libre fantaisie du compositeur. Mais il est excessif d'ajouter qu'entre les tons se succé-

(') Cependant il senil pIsB eiaot, ainii qu'on va le voir, d« dire qu'il y a deux modnlnlions successives, l'nns de /a majear k son oonire /a mineur, l'anlre de /d miaear i son ralatit /a» majeur.

ilÔ TJBtJVIÈyE PAMTie. — APPLICATIONS MliSICALKS.

dant, il n'existe de liaison d'aucune sorte, car, si ces tons étaient véritablement tout à fait éti'augera l'un à l'autre, les modulations d'emblée paraîtraient souvent incohérentes.

Ce qui fait que, dans l'exemple précèdent, la modulation est à la fois facile et charmante, c'est que chacune des harmonies successives, loin d'être indépendante de la précédente, se rattache à elle, au contraire, par les liens étroits qu'indique l'analyse suivante :

Mesure 1 fa majeur, ton initial.

B 2 do majeur avec septième, accord de septième de dominante du Ion initial.

» 3 /a mineur, contre du Ion initial. '

> i do majeur avec septième, accord de septième de dominante,

aussi bien du Ion initial (/a a) que de son contre (/a {) pris dans le genre orné.

» 5 la', a, relatif de /i mineur.

° (>, 7, 8 Vccord do septième de dominante, puis accord Ionique

de la-, a.

On volt qne, mémo si l'intervention de/o mineur n'était pas indiquée par le bémolis;igc du la de la mesure 3, la parenté par fauxrelatif, c'est-à-dire par relatif du contre, sufQrait à expliquer la modulation de cet exemple ('); mais ici, il ne s'agit même plus d'une modulation par parenté du second degré, c'est-à-dire avec suppression de l'échelou de parenté intermédiaire; en effet, cet échelon (/a mineur, contre du ton initial) figure expressément dans ta mesure 3, et il est étonnant que son intervention ait échappé à un analyste aussi avisé que Fétis.

ARTICLE III. — Modalationa par amphitonie-

686. Ainsi que nous l'avons dit dès la 6' Partie ( Enharmonie, a" 32V} et rappelé dans l'article I ci-dessus (n° ti53), les modulations fondées sur l'amphitonie consistent à faire usage d'im accord (ou d'un dessin mélodique ) pouvant appartenir à la fois au ton établi et à un second ton vers lequel on veut moduler. Considérant le groupe de notes amphitonique sous son premier aspect, on l'introduit dans le ton établi; envisageant alors ces mêmes notes sous leur second aspect, on modulfe vei's le second ton.

L'accord (ou le dessin mélodique) dont on utilise l'amphitonie peut être consonanl; nous en avons vu plus haut des exemples {Enharmonie, n" 324 et Applications, a." 683); donc, dans les modulations par ampUitonie comme dans les modulations par parenté, il serait excessif de dire que la modulation exige la dissonance, et que la musique consonante ne peut ôtre qii'unitonique (n" 641, Tlutorie de Féiis).

Mais la dissonance possède une propriété qui lui est presque spéciale ('), consistant en ce que, non seulement elle prépare et rend possible l'arrivée du toîi nouveau, mais parfois elle l'annonce et le fait désirer plus ou moins vivement à l'auditeur.

Cette importante propriété résulte de ce que, comme on l'a vu plus haut (5* Partie, Itailachements), les combinaisons consonantes rattachent généralement à elles-mêmes ('), laudis que les combinaisons dissonantes peuvent rattacher d'une façon plus oii moins énergique à des échelles autres que celles dont elles sont formées.

Nous allons examiner successivement quelques exemples se rapportant aux principaux ciis qui peuvent se présenter.

(') OIti' modulutioi) be Imnvo piv)>nr^e par l'acuord de (to inrij hoiil pour le cas n' 3 du Tableau du n' C8Î, <■) dette propriéW n'appartient pas à ta dissonance d'unii fu^on ti (') ToulcrDis, une sOric de cansonaDces peut aussi nitlacher à u

CHAPlTkB I.

■ yoDouTiima.

HlfiOLBIUSE.

687. Soit, par exemple, à moduler de t/o majeur à /a majeur par l'amphitonie de l'accord la do mi sol. Cet accord, qu'il soit fondé sur le la, VI° degré de do, ou sur le la, III* degré de/a, est toujours exactement courorme à la formule i T t; l'ampliltoni^ est donc rigoureuse et la modulation s'exécute ainsi qu'il a été indiqué plus haut (n" 686). Ln modulation de /a à do s'effectuerait d'une façon identique.

Pour s'en convaincre, il suffit de se reporter à la figure 23o {Enharmonie, n" '■ikZ), dont les deux premières lignes sont respectivement relatives aux tons de/a et de do; on constata qu'on peut sans difficulté enchaîner \a seconde moitié de l'une de ces lignes avec la première moitié de l'autre.

CAS b. —

ET gBtopbonie.

688. Soit à moduler derfo majeur à so/ majeur par l'amphitonie de l'accord /a rfomfso/. Suivant qu'il est fondé sur le la, VI" degré de do, ou sur le la. II" degré de sol, cet accord a pour formule ( T ( ou /' T ï; l'amphitonie n'est donc pus rigoureuse; mais les deux accords étant étroitement gétophones, l'oreille les assimile l'un à l'autre avec facilité (d'autant plus que, le plus souvent, ce que l'oreille entend, c'est l'accord tempéré correspondant, lequel est identiquement le même dans les deux cas).

Pour s'en assurer, il suffit de se reporter encore à la figure aSo précitée (Enharmonie, n° a43) et de faire avec les lignes n" a {do) et n" 3 {sol) une vérification semblable à celle qui vient d'être indiquée pour les lignes n"* i et a.

CAS C. — AHPHITONIE ET HNHAHMOniS.

689- Soit à moduler de do majeur à la mineur par l'amphitonie de l'accord neutre ou accord de septième diminuée.

Fondé sur le VII" degré, cet accord est, en do : si ré /a la\^, et, en la : soin si ré /a ; dans les deux cas, sa formule eai t H t. Pour moduler, il faudra, par exemple, assimiler l'état direct de l'accord de do :

si ré fa iaV = ll' t

au premier renversement de l'accord de la :

si ré fa soif = I' ( ï.

On voit que cette assimilation n'est pas rigoureuse, puisque les deux accords que l'on confond entre eux ne sont que gétophones. Le présent cas ( cas c) e^i donc tout à fait

ainsi une sui^cussiuu comprcnanl les harmonies de do majeur, ré mineur ol mi majeur pourra évoquer lo Ion de la mineur, comme dons l'exemple suivant :

Fig. 371.

Ce rallachement [dont Is tjodsncB est d'sillears moins énergique que cotle de bien dos rattachements de combinaisons dissonantes) résulte de ce que les trois premières échelles de la succession préciWe sont toutes en rapports simples avec la mineur, deni elles forment respectivement ; le relatif, la dominée et Is dominante (genre orné).

4l8 NBUVIÉHE PABTIK. — APPLICATIONS MUSICALES.

semblable au précédent (cas b), du moins au point de vue des opérations g'exécu tant dans l'intelligeBce du musicien qui module; mais, au point de vue de l'aspect extérieur des choses, il existe une différence très sensible : dans le cas b, les deux formes de l'accord ampbitonique s'écrivantï l'aide de signes absoluments semblables, on était assez exposé à ne pas remarquer qu'il y avait gétophonie, c'est-à-dire que les deux accords confondus l'un avec l'autre n'étaient pas tout à fait identiques; dans le cas c. au contraire, il est impossible de ne pas faire cette remarque, puisque les deux accords que l'on assimile l'un à l'autre ne s'écrivent pas avec les mômes notes (')■

CAS d. — AMPHITONIE ET ENBAHHOnrE SANS PAUEHTË.

690. Soit àmoduler de </(> (mode quelconque) à/att (mode quelconque) par l'amphitonie de l'accord neutre. Le ton de do possède l'accord neutre

ri rcfa lag = t t' i;

le ton de/a 3 a pour accord neutre mi'S *o/s ■"' ré:\ dont le second renversement est

Ces accords 1 1' i ett s t, tous deux fondés sur si, étant gétophones, la modulation de do À fat peut 3'exëcuter par amphitonie, de même que dans le cas précédent.

Les cas c ^id toutefois diffèrent en ce que la seconde modulation, plus brusque que la première, est susceptible de produire un effet d'imprévu bien plus marqué : ceci tient à ce que, dans le cas c (comme aussi dans lea cas a et & ), on modulait entre tons qu'unissaii une certaine parenté naturelle; tandis que, dans le cas d, la parenté naturelle entre do et fat, pris dans des modes quelconques, semblables ou contraires, est très faible; et la parenté de rencontre créée par Tamphitonie approximative des accords neutres n'a qu'un caractère assez artificiel (*).

CAS e, — AHPHITOKIB ET ALTËKATIOR.

691. Nous avons déjà fait remarquer que l'altération combinée à l'amphitonie permet de réaliser avec rapidité les modulations les plus diverses {Enharmonie, n' 388).

Non seulement l'altération se prête à l'exécution rapide des modulations, mais elle peut aussi, lorsqu'on l'emploie convenablement, déterminer un phénomène absolument nouveau, consistant en ce qu'elle annonce et fait désirer l'arrivée du nouveau ton. Rien de semblable ne se produisait dans les quatre cas a, 6, c. d précédemment étudiés; en effet, dans ces cas, les accords par l'amphitonie desquels nous modulions appartenaient naturellement aux deux tons en présence, et même à plusieurs autres; on pouvait donc tes rattacher à des tons assez nombreux, et leur arrivée était loin d'imposer une modulation déterminée.

Mais, si l'on emploie l'altération, on peut faire entendre dans le ton établi une combinaison de sons qui a une forte tendance à résoudre dans le futur ton, tandis qu'elle no rattache que faiblement au ton établi, en raison précisément de la présence de certaines notes altérées formant avec la tonique actuelle des rapports relativement complexes : cette combinaison déterminera donc une tendance à substituer le nouveau ton à l'ancien.

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