‹ Essai sur la gameChapitre 158 sur 201 · CHAPITBB II. — ANALYSE MUSICALE · texte numérisé non relu

CHAPITBB II. — ANALYSE MUSICALE

l'accord eat A + 6", ce qui correspond à la dénomination : échelle du 1V= degré avec sixte, ou, pour imiter l'expression précédente : accord de sixte du IV' degré.

n faut d'ailleurs reconnaître que, selon le cas, ce même accord peut avoir un grand nombre d'autres genèses tout à fait différentes (voir Dissonance, n" 167).

On sait que les harmonistes englobent les deux accords que nous venons d'étudier sous la dénomination unique à'accord de septième du second degré; sans être matériellement fausse, cette dénomination n'en est pas moins un peu dangereuse comme pouvant donner lieu à des malentendus; elle semble en effet signifier : réunion de l'échelle et de la septième /ondées sur le II' degré; or, si l'accord considéré a parfois cette origine dans le mode majeur, il ne l'a jamais dans le mode mineur (').

782. De même que pour la gamme majeure, les mesures 9, 10, 11 et 12 constituent une oscillation dans le ton de la dominante (*), et l'harmonie de la mesure 10 est l'accord de septième de dominante de cette dominante; mais ici, il apparaît avec altération, puisque le véritable accord de septième de dominante de dominante serait

siréUfatila.

tandis que l'harmonie analysée est

siréSfaala.

Cet accord est altéré, puisqu'il est formé de notes provenant de deux gammes différentes, savoir : si rés la, accord (incomplet) de septième de dominante de mi, fait par les parties hautes, et/ab, sixième degré de la ('), chaulé par la basse.

78S. De même que la précédente, cette règle d'octave est agréable, mais elle est loin d'être une harmonie type, la plus simple de toutes, puisqu'elle contient notamment une oscillation hors du ton établi, et un accord altéré, c'est-à-dire une harmonie qui ne peut pas se produire naturellement dans la gamme de la dont il s'agît.

784. Non seulement les règles d'octave précédentes ne sont pas simples, mais encore il n'est pas facile de les contremoder pour les faire entendre dans les divers homotoniques des deux tons choisis (do et la).

Pour trouver une règle d'octave remplissant ces conditions, nous procéderons de la façon suivante : conservant le même nombre de parties que dans les solutions précédentes, nous ferons chanter la gamme elle-même aux deux parties extrêmes; quant aux parties Intermédiaires, elles chanteront exclusivement des notes appartenant à la même échelle constitutive que les parties extrêmes ; enËn, en ce qui concerne les degrés I et V, dont chacun est commun à deux échelles, on les considérera toujours, par raison de sim-

( ' ) L'dxpi'cssiotL d'accord de septième du second degré aysiil itë jugiic honue, dans lu modu majeur, nu moins pour cvrlttins cas, il osl possible que «on emploi ait ensuilt^ éié étendu à l'autre mode, par une gûndralisation injusliliéo {voir Contrepoirtl, promier renvoi du a' 116).

Pour les accords dont il s'agil, la formule A -4- G" et la dénomination A'arcord du IV' degré avec sixte eussent évi d'un usage plus gânifral.

(') D'abord an mi mineur, 'puis en mi majeur, lequel se subslilue au prérëdenl, soil par liomotoniB, eoil par l'umpliitonie de l'nccord de septiènle de dominante (si majeur avec septième) conimon aux deux tons de tni majeur

{') On peut aussi înler]>niter cet accord olti'ré en disant qu'il est l'accord de septième de dominante de la gamme de mi, celle-ci étant prise, non dans une espèce naturelle, mais dans une espèce primaltér^e (altérée par abaissnment du second degré de la gamme). En aucun cas il ne pourrait être considéré comme an accord naturel, car. ayant pour formule en grades 11 rétfa la ex jij, il ne peut se rencontrer à l'élat naturel que dans les deux champs allei'nnnls s fit 't 9 et 1)^ {tiret mit la, et aimi^fa ta), c'eit-à-dire dans les tons allomanis de dot majeur et de fat mineur, ainsi que de sot miyenr et do da mineur : or il ne s'agit évidemment lui d'aucun de ces rjuatre tons.

464 NBUVIÉHE PARTIE. — APPLICATIONS

plicité, comme appartenant à l'échelle tonique elle-mâme

Régie d'octave naturelle de DO me^'eur normal

L'harmonie ainsi obtenue peut se jouer dans l'un quelconque des huit homotoniques de do, c'est-à-dire avec les armures suivantes

Gtnras. II. mi. la. si. mi. ta.

Normal in» <, ; ;

Orné Il 'i h b ■< ,

Atlemant ), \ n b \, ■

Pseudique 1» • s j [> »

el, dans ces huit cas, elle résume avec netteté et brièveté les qualités ou les défauts propres iiux huit types de gamme existant en tonalité ternaire naturelle (' ).

A'. — RÈGLE n'OGTAVB CHROMATIQUE.

785. proposons-nous maintenant de chercher ce que pourrait être la régie d'octave relative à la gamme chromatique de do majeur normal.

Dans le cas du septain précédent, il existait une certaine indétermination pour l'harmonie du V" degré qui peut être entendu, soit dans l'échelle T, soit dans l'échelle D.

Dans le cas du douzain dont il s'agit ici, l'indétermination est plus prononcée, car les cinq notes accidentées peuvent s'introduire au milieu de celles du septain par des procédés très divers (').

Examinons donc avant tout les principales façons dont ces notes peuvent intervenir.

786. Tout d'abord, les cinq notes accidentées peuvent s'introduire à titre de rapports simples, puisque, jointes aux sept notes non accidentées, elles constituent le rectangle chromatique de do, c'est-à-dire la collection des sons formant avec do les rapports les plus simples ; mald ce mode d'ïnti-oduction n'est cité ici que pour mémoire, car, en se présentant ainsi à titre de rapports isolés et non comme faisant partie de certains groupes de sons, les notes accidentées n'évoqueraient pas des harmonies spéciales à leurs origines.

787. Les notes accidentées apparaissent toutes si, ayant oscillé dans les équiarmés, on emploie ceux-ci en changeant leur genre (mais non leur mode), et en faisant notamment usage de leur accord neutre qui appartient au genre orné; ces oscillations ne sont généralement pas prises en considération par les harmonistes, puisque, quand ils passent par

(') En modifiuit convcnablemant l'annure, on paut encore utiliser cette mSmo (ormulG comme tvgio d'octavu ou gamme litirmonique de9 trenlB-dtjox gammea diatoniques ( naturelles ou aitërdea ) fondées sur la note do ( voir %• Partie, Commet diverse), a' 5Î5).

(') Si divers, que ces cinq nolei peuvent se préssntor, non seulement avoc des rtlos diiïdrenls, mais mémo avec des ial«nalions un peu variables (commaa) dépendant de leur origine.

Page 1