CBAPITBB II. — ANALYSE MUSICALE. 46S
exemple de do majeur a. ré ou k sol pseudiques ou encore à la mineur, ils se bornent ft dire qu'ils font usage des degrés 11, V ou VI; quant aux modifications homotoniques apportées aux équiarmés, elles n'altèrent pas la tonalité d'une façon sensible, si, comme on vient de le supposer, elles ne portent que sur le genre et non sur le mode.
Dans ces conditions, c'est-à-dire sans que la tonalité ait paru changer, les accorda neutres s'introduisent tous trois avec facilité, et font apparaître avec eux toutes les notes accidentées. Il suffit, pour s'en assurer, de se reporter à la figure 69 donnée plus haut {Contrepoint, a" 112).
D'après les idées régnantes, l'air que présente cette Qgurc peut être joué avec ou sans ses quatre mesures bis{'), sans que le ton établi paraisse abandonné; or, ces mesures conttenneut précisément les neutres de do, de la, de ré et de sol; les deux premiers sont gëtophones, et il reste, en déflniLive, les trois accords distincts, savoir : les neutres par si ré /a, par mt sot et par ta do, lesquels contiennent tous les accidents.
788. Ceux-ci peuvent également s'introduire sans oscillation dans les équiarmés, et, par exemple, comme notes d'ornement des degrés du septaîn conçus uniquement dans les tons des'trois échelles constitutives /a, do, sol. Considérons, par exemple, la figure cidessous :
Fig. 4a6,
Les cinq croches accidentées que contient cette figure peuvent notamment être interprétées de la façon suivante :
Mesure 2. — La note ré, ornée par do^, est conçue dans le ton de soloii la dominante est ré; l'ornement peut être considéré comme appartenant au neutre de cette dominante (neutre de ré), lequel est gétophone du neutre As fa.
Mesure 3. — La note mi, ornée par mï^, appartient au ton de do, et l'ornement fait partie du neutre de la dominante sol.
Mesure 4. — La note 10/ est ornée par/atf; celui-ci appartient au neutre de sol; donc, si l'on entend sol dans l'échelle do, l'ornement apparatt dans le neutre de la dominante, de même que dans les trois cas précédents; et, si l'on entend sol dans l'échelle sol, l'ornement apparaît dans le neutre du ton lui-même.
Mesure 6. ~ La note la, provenant de l'échelle fa, est ornée par la'9 qui appartient au neutre de do, c'est-à-dire au neutre de la dominante de fa : ici encore, le neutre est celui de la dominante du ton traversé.
Mesure 7. — Ce cas est tout semblable à celui du premier accident, car la note si (échelle so/) est ornée par la note «[7 qui appartient au neutre de '-^.dominante de^o/C).'
Il suit de là qu'au point de vue envisagé dans le présent numéro, la façon la plus naturelle d'écrire l'harmonie de la figure 4o6 serait la suivante :
Pour chaque note dite naturelle, l'accompagner au moyen de l'échelle T, D ou A, selon celle de ces échelles dont elle fait partie (en admettant, comme plus haut, que «o/ appartient à l'échelle T). Pour chaque accident ornant une note naturelle, lui faire harmonie avec le
(') Mesuras 3bU, -j bis, ii bit is\ li bit, dont te lectour avait ùlé inviM à ne pas tenir compte jusqu'ici.
(') Cetto analyse peut nu résumer <in disant que, quasd une Dole naturelle raisanl partie d'une eorlaine échelle K Bst ornée par l'accident conjoint inrdrienr, l'ornement apportiont, soit uu neutre de E, c'cstMi-diro bu neutre aiTjrnnt au ton do l'échelle contenant la note ornée, soit au neutre afférent à la dominante de eo Ion. Nous verrons plus luiti (n* T9G) que ce fait esl d'ordre général ot sa produit avec une gamme lernairo quelconi|uc, aussi bien qu'avec la (tomme majeure normale, seule examinée dans les numéros qui précèdent.
j66 nb(jvi6me partie. — applications musicales.
neutre de ]a dominante du ton T, D ou à, suivant que la note ornée elle-même appartient
à l'une ou à l'autre des trois échelles T, D ou A (•).
789. Mais il n'est pas nécessaire de considérer des combinaisons dissonantes pour expliquer l'interrention en do des cinq notes accidentées. Du moment que l'on oscille dans les équiarmés, ces cinq notes peuvent apparaître dans des harmonies consooantes; il est évident, en effet, qu'en respectant le mode des équiarmés, et en n'agissant, comme il a été dit plus haut, que sur le genre, on fait apparaître très facilement les trois premiers dièses et les trois premiers bémols, c'est-à-dire tous les accidents; ainsi, les deux pseudiques du champ {sot et ré), si on les fait passer au genre normal, fournissent /<ntf et«l?; de même, les deux majeurs du champ (jo^ et t^fo), passant au genre orné, fournissent leurs degrés VI bémolisés (mi'j; et ia\^); enfin, les deux mineurs {ré et la), passant également au genre orné, fournissent leurs degrés Vil dièses (doU et soUe).
790. On trouverait encore beaucoup d'autres façons d'introduire les cinq notes accidentées dans des .combinaisons consonantes, notamment en oscillant dans les connexes (relatifs et corrélatifs), contreconnexes, etc.; mais il faut bien reconnaître que, de tous ces procédés, les plus fréquemment employés sont ceux qui ont été indiqués plus haut dans les numéros 787 et 788.
Tout se passe, en effet, comme si l'accord neutre était le principal agent d'introduction de l'altération, et, au cas où le lecteur ne l'aurait pas déjà remarqué, il s'en convaincra aisément en observant que, quand un thème musical comporte une note accidentée à laquelle on veut faire harmonie, l'accord neutre est très fréquemment celui, on l'un de ceux qui se présentent le plus naturellement à l'esprit.
791. Il résulte de cette analyse que les trois accords neutres sont ceux qu'il est plus naturel d'introduire dans la règle d'octave, pour faire harmonie aux notes accidentées de la gamme chromatique; en les employant, on obtient le résultât suivant (*) :
Régie d'octave chromtrh'^ee de DO mt^'ettr normal
792. Il ne faut pas perdre de vue que, comme on l'a dit au début de ce Paragraphe, l'harmonie précédente se rapporte au cas de do majeur normal, et non aux cas des sept autres gammes hoinotoniques ; avec ces dernières, on aurait obtenu des harmonies différentes : par exemple, si l'on avait voulu compléter chromatiquemeut la gamme de do majeur orné, la note la se serait trouvée appuyée d'un accord neutre, et la note la'y d'un accord d'échelle, tandis que, dans la figure précédente, c'est précisément l'inverse qui a lieu.
(■) Dans ces cinq cai, si lu nolu oraéu avait pour harmoiiitt l'auuord d'i^cbelle fait ù l'ûtat direct, de M Imm à I*Dclave do cette base, la note d'omoment pourrait avoir pour hartoonis l'accord neutre obtenu en conservant les deux notes extrêmes de l'accord prëciSdent, mais en remplafanl los notes inl«miédiBires par une série de sons s'écbolonnant de 3 en 3 f^nidt>3 (accord neutre |.
(') Pour conserver partout quatre parties seulement, et cnniinner de faire chanter comme prûcédemotent les notes de la gamme par les doux parties exlrdmes, on n'a réalisé, dans chaque accord neulro, que (rois de ses quatre noies (litlïnctes ; an a clioisi, pr>ur la supprimer, celte de ses quatre notes qui bit partie de l'harmonie consonants suivant immédiatement.