CHAPITRE III. " THAITISS D HARMONIB. >|Bg
85ft. Il semble qu'un progrès considérable serait réalisé si la rédaction des Traités était modifiée conformément au programme très sommaire qui suit :
Genèse dex gammes. — Montrer la genèse des gammes correspondant à chacune des tonalités les plus usitées; de cette gonèse, déduire la façon dont les degrés de la gamme sq groupent naturellement pour former les accords fondamentau-i de la tonalité ; faire remarquer que ces groupes de notes peuvent être employés, soit successivement (consonance), soit simultanément (dissonance), aussi bien en mélodie qu'en harmonie.
Parentés de tons. — Montrer quelles sont, pour un ton donné, les parentés de moins en moins proches, mais aussi de plus en plus nombreuses, existant entre son échelle tooiquo et les antres échelles pouvant se rencontrer dans la tonalité.
Analyses musicales. — Faire analyser un très grand nombre de fragments pris dans l'œuvi-e des Maîtres les plus illustres des différentes Écoles, en ayant soin, bien entendu, de commencer par les styles les plus simples, et en ne passant que progressivement aux styles les plus complexes.
Ces exercices, qui ne sauraient être trop répétés, offrent les plus grands avantages. L'élève ne se bornant plus à envisager l'aspect extérieur de récriture, mais étudiant le fond même des choses, discerne de lui-même à quoi tient la différence entre les manières des Maîtres, et à quoi tiennent aussi les effets qui plaisent plus ou moins à son oreille. Il se forme le goût en insistant sur l'étude des chefs-d'œuvre dus à ses devanciers; enfin, l'habitude qu'il acquiert de l'analyse lui permettra, quand il voudra écrire lui-même, de trouver immédiatement et sans tâtonnements la façon d'exprimer sa propre pensée.
Règles de style. — L'élève ayant analysé un certain nombre de fragments du même style, le professeur lui fait remarquer les caractéristiques de ce style. Il peut, s'il le juge bon, exposer ces caractéristiques sous forme de règles, mais de règles de style, convenant à la série des fragments analysés, et non pas à toute musique, quelle qu'elle soit.
Cette manière de présenter les choses n'engendrerait pas dans l'esprit de l'élève les mêmes résistances que la manière fréquemment employée aujourd'hui, dans laquelle les caractéristiques des premiers styles sont exposées, non comme règles de ces styles, mais comme règle de l'Ecole ou lois de l'harmonie ; quant aux règles des styles les plus récents, elles sont données comme formant des exceptions, licences, etc. Cette dernière façon de présenter les faits a l'inconvénient de choquer vivement le sens logique inné à tout esprit sérieux; l'élève, en effet, ne saurait admettre que tel ou tel fragment de musique moderne, dont l'audition l'a transporté d'admiration, puisse ofTenserles lois du Beau, et ne doive être admis qu'à titre de licence ou d'exception.
Exercices d'imitation et de composition. — Pour s'exercer dans l'art de la composition, l'élève fera bien de commencer à appliquer les règles de style, et de préférence les plus simples, en écrivant des harmonies destinées à accompagner de nombreux chants donnés qui lui seront proposés par le maître. Cet exercice préliminaire n'est pas sans analogie avec les thèmes latins que l'on impose aux écoliers avant de leur laisser aborder la narration ou le discours dans la langue de Cicéron ; il a l'avantage d'amener le jeune harmoniste à s'assimiler parfaitement les ressources imaginées par ses devanciers. Lorsque l'élève exécute ces exercices avec correction, il est en mesure de composer de lui-même et sans aucune entrave, soit qu'il écrive dans l'un des styles déjà créés, soit même qu'il invente un style nouveau, s'il est de force â le faire.
867. « C'est en forgeant qu'on devient forgeron ». Par application de ce proverbe, le jeune musicien devra s'astreindre à écrire le plus fréquemment possible, soit en composant des harmonies sur de nombreux chants donnés, soit surtout en notant toujours toutes SCS inspirations musicales dès qu'elles se présentent à son esprit, non seulement Lorsqu'il est chez lui, installé à sa table de travail, mais mémo aussi au dehors, par exemple au
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cours des haltes de ses promenades, et jusque dans les interlignes ou les marges 6a roman qu'il lit.
Il n'est oullement nécessaire, en eflet, pour écrire de la musique, de disposer de papier réglé en portées, et, du moment qu'on se représente l'acalyse de l'harmonie que l'on compose, il est très facile de la prendre brièvement en note sur un papier quelconque. La figure suivante offre un exemple de la façon dont on peut opérer :
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