‹ Essai sur la gameChapitre 170 sur 201 · mi eoltt 'a.^ mi-.., · texte numérisé non relu

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Au-dessus des syllabes du texte sont indiquées les notes du chant; quand deux notes consécutives forment un intervalle un peu disjoint, une Qèche de sens convenable suffit à exprimer si l'intervalle doit être franchi en montant ou en descendant.

En marge, les harmonies successives sont désignées sommairement par leur analyse; chaque harmonie est reliée par un trait fin à la note de la mélodie dont elle doit former l'accompagnement. Les temps forts sont ceux sur lesquels sont dites les syllabes soulignées; connaissant ces temps et se réglant sur le rythme oratoire, on peut aisément reconstituer après coup la mesure avec laquelle la mélodie a été conçue.

Le texte annoté au moyen de ces indications abrégées n'est pas encore l'œuvre définitive, de même qu'un canevas à tapisserie muni de son dessin et d'un échantillonnage complet des couleurs n'est pas encore la tapisserie elle-même ; mais, dans un cas comme dans l'autre, l'œuvre à réaliser est déjà fort avancée, au moins pour sa partie artistique, et son achèvement n'exige plus qu'un peu de travail presque exclusivement manuel.

En ce qui concerne l'exemple musical précédent {Jlg. ^22), sa réalisation en écriture ordinaire pourrait être obtenue comme il suit 1

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86S. 11 semble qu'un maître ayant longtemps professé l'harmoaie d'après les errements actuels, et n'ayant pu manquer, en raison de son expérience même, de reconnaître leurs nombreuses Imperfections, trouverait un véritable intérêt scientifique et pédagogique à appliquer le programme d'enseignemenl sommairement exposé dans ce qui précède.

Toutefois, il serait sans doute assez souvent gêné dans sa tentative par les nombreuses imperfections de la terminologie en usage. Cette question fait l'objet de l'Arlicie suivanl.

ARTICLE II. -^ Tertninologlfl mnaicala.

il pas parco qn on n

(CoNmtLAC. La logiqui

t de penser. )

859. Bastel ce n'est qu'une question de mots, dit-on souvent. — C'est bien tût dit!

Il est vrai que certaines questions de mots sont sans importance; par exemple, s'il s'agit de savoir si tel phénomène doit être qualifié d'avant-coureur, ou àe prodrome, ou de précurseur, le débat est de mince intérêt puisque les trois mots comparés sont la traduction franco-gréco-latine les uns des autres.

860. Mais il est des cas où les questions de mots acquièrent une eitréme impoi-tancc : telle chose inexistante, mais à qui, sur la foi d'un poète ou d'un rêveur, les hommes ont donné un nom, nous y croyons ; en la dénommant, nous l'avons presque une chose pai'faitemeut réelle, et dont un savant ou un inventeur aura d

NBDVlàMB PARTIE. — APPLICATIONS UrSICALES.

tant qu'elle n'a pas reçu un nom passé dans la langue courante, nous n'y songeons guère, fit, pratiquement, elle est presque pour nous comme si elle n'existait pas; ou encore une chose ayant reçu un nom impropre pourra fort bien fitre réputée <]ualîté, alors qu'elle est un défaut, ou inversement.

861. A titre d'exemple, considérons une série de bnrreau.x de fonte à section carrée, encastrés par l'une de leurs extrémités dans un mur le long duquel ils servent à monter ou à descendre ( fig. 42^ ), Supposons que, pour des motifs d'ordre particulier, le barreau du milieu ait été coulé avec un long renforcement régnant sur presque toute son étendue, et examinons quelle influence la différence des profils aura sur la façon dont le barreau renforcé et les barreaux ordinaires supporteront des épreuves de flexion :

Fig, 4a4.

Les barreaux des deux types auront méme/orce, en ce sens qu'ils résisteront également bien à l'épreuve théorique consistant à porter un poids posé ou suspendu sans vitesse à leur extrémité; mais ils seront d'endurance fort inégale, s'il s'agit d'une épreuve /"■oh'^u* telle que celle que leur fait subir un homme, lorsqu'il descend les échelons plus ou moins vite, en leur imprimant des chocs plus ou moins énergiques; dans ce cas, le barreau renforcé se montrera nettement inférieur aux autres, et se brisera beaucoup plus facilement.

La raison de ces faits est bien connue des ingénieurs, mais les artisans, et parfois les constructeurs eux-mêmes, sont fort exposés à n'y point songer. C'est qu'en effet le langage usuel ne leur vient guère en aide. La qualité primordiale à rechercher pour toute pièce deconsti-uction, c'est celle quia été désignée plus haut sous la dénomination d'endurance; or, cette qualité n'a pas de nom, du moins dans le langage courant ('). Donc, le dessinateur qui étudie les formes à donner à des pièces de construction, n'étant pas aidé par le langage usuel, peut mettre en oubli la qualité d'endurance ; loin de l'aider, même, le langage peut l'induire en erreur en l'empêchant de songer par exemple que, parmi les barreaux

(') Celui d'endurance est précisOmeot le Ion uiniSeï, duns une Conmiuion d'ingdniears (Cammt ficatioD dei méthodeB d'esui des matëiiaui

r du présent Esaai avait prapoxï, il y a quelques au Hinislère des Travaui Publics pour étudier l'uni-

CIIAPITAB III. — TBAITBS d'RABMONIE. 493

considérés plus haut {fig. 4^4). celui qui est renforcé est aussi de beaucoup celui dont la fragililë est la plus grande ( ' ).

862. De cet exemple et de beaucoup d'autres analogues, on doit conclure que l'influence des mots sur nos idées est des plus considérables, et qu'un des meilleurs moyens d'agir rapidement sur l'esprit de ses contemporains, c'est d'introduire dans le,langage courant des expressions calculées à cet effet.

868. Chaque science particulière comporte une terminologie spéciale ; il est difficile que la science progresse, si sa terminologie est mauvaise et évoque continuellement des idées fausses. Mais, par contre, il est impossible que la terminologie devienne parfaite, tant que la science n'est pas fondée, et qu'on n'a môme pas encore vu nettement quels sont les faits, choses ou objets fondamentaux auxquels il est indispensable d'attribuer des noms; il est évident, en effet, qu'on ne peut pas inventer un langage logique, tant qu'on ne sait pas encore au juste de quoi l'on doit parler. Aussi arrive-t-il généralement qu'une science et son langage spécial naissent ensemble, et se développent à peu près parallèlement. Un des exemples les plus connus de ces faits est celui qui s'est produit à la fin du iviii' siècle, lorsque la terminologie et la notation chimiques ont été créées dans le temps où la Chimie elle>même s'édifiait sur les ruines définitives de l'Alcbimie.

864. Il suit de là que les harmonistes auraient un réel intérêt à rectifier et à compléter eo plusieurs de ses points la terminologie dont ils font usage actuellement.

Saris prétendre indiquer ici en détail de quelle façon ils doivent exécuter ces remaniements, on se bornera, dans ce qui suit, à citer, pour fixer les Idées, quelques-unes des inexactitudes ou des insuffisances du langage musical actuel (et aussi des définitions sur lesquelles il repose).

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