‹ Essai sur la gameChapitre 190 sur 201 · STILE COLORE · texte numérisé non relu

STILE COLORE

987. Lorsque le musicien a composé un Ihëme quelconque en style ternaire ou en style plural, il peut en écrire une variante utilisant les mêmes notes principales, mais reliant ces notes entre elles au moyen des sons accidentés de la gamme chromatique (accidents employés à titre de notes de liaison). Dans ce cas, le style de la variante et celui du thème primitif sont très peu différents; mais si, à l'aide de modiRcations plus profondes, le musicien écrit une variante où les accidents de la gamme chromatique sont employés à titre de notes principales, ou dans laquelle des notes dites naturelles sont accompagnées d'harmonies fondées sur des notes accidentées, le style de celte nouvelle variante devient notablement différent des précédents; on l'a appelé (au cours de l'Essai qui précède )5',We coloré.

988. Le procédé pour harmoniser un chant donné en style coloré étant de tous points identique a celui qui a déjà été démontré plus haut à deus reprises, il n'est pas nécessaire d'exécuter ici une troisième fois la série des opérations indiquées : choix des échelles, choix du chant de la basse, écriture des parties intermédiaires. 11 y a seulement lieu de faire observer : i" que le choix des harmonies possibles est ici beaucoup plus vaste que précédemment, puisqu'on dispose de toutes les échelles existant dans la gamme chromatique ; 3° que, si toutes les notes accidentées contenues dans le chant doivent recevoir des accords accidentés, les notes dites naturelles ne doivent pas forcément recevoir une harmonie formée de notes naturelles. Ainsi, dans l'exemple de la figure 44o (n" 982), où le chant donné ne comporte aucun accident, on peut néanmoins employer des accords accidentés; il suffît notamment de varier l'harmonie de la première mesure en entendant sa seconde moitié, non pi us dans l'échelle/aC naturelle), mais dans l'échelle /a;;( accidentée), ce qui se fait en remplaçant l'harmonie ternaire fa do la do par l'harmonie colorée mi]fdo la^do. (Pour plus de détails, se reporter à l'Essai même, Applications, fig. ^it, n-SOQ).

DISSONANCE

989. Tous les styles dont il vient d'être parlé jusqu'ici peuvent être employés en faisant uniquement usage d'harmonies consonantes, c'est-à-dire en n'accompagnant la note du chant qu'avec des notes prises dans la môme échelle. Mais rien n'exige que les différentes parties chantantes cessent toujours simultanément d'employer les notes d'une certaine échelle pour passer toutes à la fois, et comme « au coup de baguette » aux notes d'une échelle différente. Si certaines parties effectuent leur changement d'échelle avec un peu de retard ou d'avance sur les autres parties, il y a emploi simultané de notes appartenant à des échelles différentes : dès lors, l'harmonie cesse d'être consonante et reçoit, par opposition, la dénomination de dissonante. Exemple :

Fig. 44 j.

Cette figure comprend deux successions A et B assez semblables, et dans lesquelles les quatre parties utilisent successivement les échelles do, sol et do; mais l'harmonie A est

553 BÉSUIfÉ BT CONCLl'SION.

consonaDte, puisque les changements d'échelles s'y font simultanément dans les quatre parties; au contraire, l'harmonie B est dissonante, car, pendant la première moitié de la seconde mesure, le dessus continue de faire entendre la tonique, et ne rallie qu'au second temps l'échelle dominante employée par les trois autres parties.

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