‹ Essai sur la gameChapitre 28 sur 201 · CHAPITRE 11. — IIENESE DKS GAHHES. Si · texte numérisé non relu

CHAPITRE 11. — IIENESE DKS GAHHES. Si

Si l'on se reporte aux tableaux donnés plus haut (n" 15 et 51 de la première Partie, Consonance), il est facile de constater qu'il y a correspondance parfaite entre, d'une part, les intervalles que forment avec la tonique les divers degrés des huit gammes précédentes, et, d'autre part, les divers nombres fractionnaires qui constituent la catégorie des rapports les plus simples.

Ainsi que le montrent les titres donnés aux huit exemples qui précèdent, ces gammes peuvent se répartir en deux modes (majeur et mineur) et en quatre genres (normal, orné, alternant et pseudique).

Xous allons examiner dans les trois articles suivants ces deux modes et ces quatre genres, ainsi que les trois /ormes (authentique, plagienne et antiplagienne) sous lesquelles chaque gamme peut se présenter.

78 bis. Nota. — Ue même que nous avons adopté les abréviations a et i(uoi> ci-dessus, n° 74) pour représenter les deux modes, le majeur et le mineur, de même nous adopterons, pour représenter les quatre genres, les abréviations suivantes { ' ) :

V normal,

a allernani, if pseudique.

ARTICLE IV - Hades.

79. Les huit gammes que nous considérons étant constituées par une échelle principale ou tonique à laquelle sont annexées diverses autres notes, nous définirons le mode de chaque gamme d'après celui de son échelle tonique; nous appellerons donc majeures celles des huit gammes ci-dessus où le mi est naturel et mineures celles où le mi est bémol) S"

ARTICLE III. - GanreB.

30. Ainsi qu'on l'a dit plus haul, nous donnerons aux gammes dont les trois échelles constitutives sont de même mode le nom de normales, parce qu'il ne paraît pas possible de concevoir des gammes ternaires ayant un mode de formation plus régulier (norma, règle).

Nous appellerons ornée la gamme mineure dont le vu" degré est âiéié, parce que, comme on l'a vu, cette modification rend plus simple et par suite plus doux le rapport du vu» degi'é à la tonique. Ainsi la gamme de do mineur ornée se fera avec la'^ et si^.

Par analogie, nous appellerons aussi do majeur orné, la gamme de do où le la est également bémol et le si naturel (on a vu que le bémolisage du la n'altère pas sensiblement la simplicité de la gamme).

Les gammes ornées seront donc celles dont l'échelle dominée est mineure et l'échelle dominante majeure.

Nous dénommerons alternantes les gammes dont les échelles dominée et dominante sont de mode opposé à celui de l'échelle tonique, car, d'une part, les échelles constitutives se succèdent avec des modes alternativement majeurs ou mineurs, et, d'autre part, les deux moitiés de ces gammes rappellent alternativement l'une et l'autre des deux gammes normales.

EnAn nous appellerons pse^diques les gammes dont l'échelle dominée est majeui-e et l'échelle dominante mineure, parce que leurs degrés sont presque exactement semblables

l') L«i lettres v (nu), a (alpha) et i{'(psi) «ont les iaitiales dea mots grecs sigaifianl lea genres correspondaats ; Il leiite o, initiale du mol ornatum, a mdnie forme dans les alphabets grec et Islin-trancais.

Sa DBDXIÉHE PARTIE. - CBMàSE DE8 ÉCHBU.EB ET DUS GAHHBS-

à ceux de gammes normales fondées sur d'aulres toniques, en sorte que leur sonorité peut tromper (') l'auditeur inaccoutumé à la tonalité pseudique et donner lieu à confusion. C'est ainsi que do majeur pseudique et do mineur pseudique ayant respectivement des notes presque identiques à celles de fa majeur normal et de sol mineur normal, peuvent être confondus avec ces deux dernières tonalités.

Donnons maintenant quelques exemples de ces diverses gammes, en commençant par le mode mineur où les variantes sont lo plus'fréquemment employées en vue d'éviter le rapport complexe % qui existe entre la tonique et le vu* degré du mineur normal.

81. Mineurs ornés et ailernanls. ^ 11 y a une cinquantaine d'années, beaucoup de professeurs de musique enseignaient que la gamme mineure pouvait se faire de deux façons qu'indiquent les exemples ci-dessous :

Qamme de^ DO mineur^ à. l'italienne^

^' i J J J ^ 'i-l V (' 'T '-' ^ >1J J J II

■flamme, de DO mineuTj à l'allemande. .

On voit que la gamme à l'allemande n'est autre que la gamme ornée, et que la gamme à l'italienne est conforme, savoir : en montant, à la gamme alternante, et, en descendant, à la gamme normale.

A notre époque, on enseigne presque universellement que la véritable- gamme mineure est conformée comme ceile qui a été nommée ci-dessus mineure ornée.

Mais tous les Traités indiquent qu'on peut aussi pratiquer cette gamme en haussant non pas seulement le vu' degré, mais aussi le vi», et en descendant aussi bien qu'en montant : ainsi pratiquée, la gamme mineure est conforme à la variante appelée plus haut mineure alternante. Les variantes ornées et alternantes sont donc d'un emploi classique, et il est inutile de montrer par des exemples qu'elles sont usitées.

82. Mineur normal. — Ainsi qu'on vient de le dire, la plupart des auteurs de nos jours ne considèrent pas comme faisant partie de la tonalité moderne la gamme dénommée plus haut mi/ie«re normale. Cependant, à l'époque où les musiciens n'employaient guère comme accidents que quelques rares si^^ le mineur normal était l'une des tonalités les plus usitées et le mineur oroé était absolument inconnu. Comme exemple d'air ancien écrit en mineur normal, on peut citer V Alléluia suivant (*), tiré du Cantus Diversi et transposé en do mineur {') :

( ' } Pseudique vient de ^iMlT^i, trompeur.

( ' ) Cet Alléluia ue contient pas le VI* degré de ta, gamme ; il se pourrait donc qu'il eAt éU conçu en minsar psen' dique et non en mineur nomuil ; mais les modernes sont port*^ k lui attribuer le genre nonnal plntdl que la pseudique, aujourd'liui moins usité. C'est ainsi que, si on musicien de dos jours voalait orner d'un ta le toi qui termine le mol /ilii, ou le fa qui ceminencG le laoifilia, ce la serait Tait bémol plutâl que béeiure.

(!) Four le cas eu lo lecteur ne serait pas familiarisé avec l'écriture ancienne, en aura soin, par la suile, de traduire Coujeurs les exemples de plain-chani en dcritare moderne (parlées, clets et valeura des noies). Pour las valeurs,

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