CHAPITRE II. — ÉTUDK fARTICULlÈBK DB OUBLQIJliS ACCOfIDa
. Fig. îSg.
Tableau des 138 modulations conduisant d'un même ton {majeur ou mineur) dans tous tes autres, à t'aide d'un seul accord neutre. a.: Si R« ft U !> b:b'«HUDi)Mi \> . çsMiSol sÛ> Re'K
BIXlàUB PARTIE. — BNHARHONIB.
Le Tableau ci-après indique le rôle des trois accords neutres dans les deux Ions T et T entre lesquels ont lieu les modulations du Tableau précédent :
Sétiva ■uxquellea ippMiieDDeDt lea toDS entre lesquels
Neutre a Neutre b Neutre e
{ai ré fa fa h) (/<•« Ut do mi^') {mitot »i\. ré\.)
do 1
ri
ré
toi
dot mi
Neutres de Tetr
Neutres de Tel 4'
Neutres de Detr
Neutres de
A et A'
Neutres de 4 6tT'
Neutres de A et D'
Les indications du Tableau qui précède sont reportées dans la tlgnre 389 sous forme d'abréviations telles que TT', TD', TA', inscrites au-dessus de la ligne de tête de chacune des trois séries de quatre modulations ; par exemple, dans la modulation de do k fa par l'accord b (seconde série de quatre modulations, première ligne, modulation par le seconda), l'indicalion DA' signifie que l'accord b, par lequel on module, appartient en propre à la dominante D du ton initial et à la dominée A' du ton final.
Le rdte de l'accord b reste le même dans les trois autres modulations de la même série (modulations de do vers /a|», si et ré).
868. L'examen des résolutions de la figure a39(n<'362) donnerait lieu à des remarques semblables à celles qui ont étéprésentées plus haut (n" 359); mais il donnerait lieu aussi à d'autres remarques provenant de ce que, dans les exemples actuels, on est en présence, non plus seulement d'un accord dissonant et d'un accord parfait final, mais encore d'un accord parfait initial dont la tonalité peut faire sentir son influence. C'est ainsi, par exemple, que, dans toutes les modulations de do vers sol, on est porté à considérer le ton final comme la dominante du ton initial et, par suite, à ne faire sur sol qu'une demicadence pour revenir ensuite à do, à moins, bien entendu, qu'on ne confirme ultérieurement le ton de sol en faisant usage de sons appartenant à ce ton. & l'exclusion de celui de do.
En somme, les modulations par l'accord 333 sont toujours faciles, quelque éloignés que soient les Ions à réunir; mais, précisément à cause du grand nombre de tonalités qu'évoque un même accord neutre, il peut souvent être utile de souligner elde confirmer le ton dans lequel on veut résoudre définitivement. ""^^
864. On remarquera la brièveté avec laquelle l'emploi des notations usitées en algèbre permet d'exposer les résultats qui précèdent : prenant toujours pour unité d'intervalle Le grade, désignant par X la base d'un accord neutre quelconque, et par T le ton auquel il appartient, enfin représentant par k un entier quelconque, on a
m^eur ou mineur.
Mais les échelles de T sont
vGooQle
- KTtlDB PÀRTICtLIÉlB DE QUELQUES ACCORDS.
D = X -i- 3A H- a, majeur ou n A =: X -t- SX, majeur ou n
En sorte que l'accord X peut résoudre sur une échelle majeure ou mineure dont la base sera-conforme à la formule
\^:u-h I ou i',
c'est-à-dire absolument quelconque ; l'accord X dispose donc des vingt-quatre résolutions
D'autre part, tout ton T possède son propi-e accord neutre, lequel passe par la note T — i ; mais, si l'on admet les altérations légères indiquées plus haut, le ton T disposera aussi des accords neutres de sa dominante et de sa dominée; or l'accord neutre de la domina nie, contenant la noteD — i— T + 7 — i — T + 6, passe parla noteT; quant à l'accord de la dominée, puisqu'il contient la note A — i=T-4-5 — i=:T + 3-t-i, il passe par la note T + 1 .
Sa sorte qu'en déflDÎtivc, le ton T dispose des accords neutres passant par les noies :
c'est-à-dire de tous les accords neutres.
DËFOBHATIO:* DE l'aCCOMD 333.
365. On rencontre parfois, quand on analyse de la musique moderne, des accords d'un effet très heureti.^, mais paraissant à première vue absolument étrangers au ton établi, en sorte qu'on peut ôtre embarrassé pour expliquer leur intervenlion.
En examinant les choses de plus près, on constatera souvent que ces accords particuliers ne sont autre chose que le résultat d'une légère déformation apportée à quelque accord du ton établi. A titre d'exempte, nous allons montrer qu'à l'aide de déformations légères, on peut faire de l'accord neutre un accord simili-parfait, majeur ou mineur, ou un accord de simili-septième de dominante, etc. ( ' }.
Considérons, par exemple, l'accord
de forme 3333, qui est celle de l'accord dit de septième diminuée, ou de ses renverse m&nts. Élevant sa troisième note d'un grade, nous obtenons
™ /„ la ,i ™
de forme 3433, qui est celle d'un renversement de l'accoi-d dit de septième de sensible (mode majeur) ou de septième du II" degré (mode mineur). Et si, dans ce nouvel accord, nous faisons manquer la note si, il reste l'arcord
de forme 345, constitué comme un accord parfait mineur, mais pouvant n'être iju'un accord simili-parfait.
Considérons encore l'accord
la, <i n- fil U>',
de forme 3333, et abaissons sa première note d'un grade; nous obtenons sol û rr fa .«/
(' ) C'ol-à-diro qu'on peut, par exemple, Irniisformer un ncruril nculrc en iid (.-dilkc harmonique uo j>iaant nullcmont le l'Aie (l'ncconi pnrrail, maiu |>r(isen1aiil cependant les niûnio « inlervalles c|u'ua accord parfait vârilalilc ( actonl .•imili-
- ENHARMONIE.
(le forme 433a, qui est celle de l'accord dil de septième de dominante; faisant manquer la note/o, il reste l'accord
.0/ .fi ré ml,
de forme 433, constitué comme l'accord parfait majeur, mais pouvant n'être qu'un accord simili-parfait.
366. Ceci est d'ailleurs vrai, quelle que soit la note de l'accord neutre à laquelle on fasse subir une altération ascendanle ou descendante; il suffit, pour s'en rendre compte, de considérer la formule générale de l'accord neutre illimité. Tout atcord neutre est formé de quatre notes k, B, C, D s'échelcmnant de trois en trois grades. Si, en même temps que ces quatre notes, on considère toutes leurs octaves A', B', C, ly, A", B', C, D', . . . , on aura l'accord neutre illimité
Supposons que nous élevions d'un grade la note A et toutes ses octaves A', A', . . obtenons
Kig. ^\,.
A'I B C D A'h B' C D' AM B" C D*
c'est-à-dire une série où nous ti'ouvons l'accord 33^ ( accord de septième de sensible du mode majeur, ou du II* degré du mode mineur), ainsi que tous ses renversements.
Si dans cette série nous faisons manquer la note B et tontes ses octaves B', B" il
reste
Kjg. ■-iî.
AM C D A'+J C' D' A'*l C 0'
c'est-à-dire l'accord parfait mineur 34 et ses renversements.
On voit de même que, si nous abaissons d'un grade la note A et ses octaves, l'accoi-d neutre illimité devient
Kig. i',3.
c'est-à-dire une série où nous trouvons l'accord '(33 (accord de septième de dominanlc) et tous SCS renversements.
Et si nous y faisons manquer la note D et ses octaves, il reste
c'est-à-dire l'accord parfait majeur 43 et ses renversements.
867. Il suit de là que le compositeur, en déformant légèrement l'un des accords du ton dans lequel il écrit, peut toujours, intentionnellement ou à son insu, introduire dans son (cuvre un accord ayant (à des i-ommas prés) les mêmes sons qu'un autre accord absolument élianger au ton établi : ce sera, par exemple, un accord de simili-septième de demi-
E II. -^ RTUDK pautigl'i.ibur de qvelules accobdb- ii'i
naate, dont l'intervention pourra être d'un heureux effet, sans d'ailleurs troubler en rien la tonalité établie.
Mais si, combinant l'enharmoDie (amphitonie) à la déformation, le compositeur interprète cet accord simili comme un accoixl de septième de dominante véritable, il peut l'utiliser pour moduler dans le ton oii cet accord joue réellement le rôle de septième de dominante.
Donnons <{uelquea exemples de ces différents Ciis.
368. Accortis simili-parfaits. — Dans l'exemple qui suit, l'accord simili-parfait est au commencement des deux temps de la troisième mesure. Celle-ci ne diiférant de la première que par la déformation qui fournit l'accord simili-parfait, ce dernier se trouve
réalisé de façon à avoir une origine évidente (')iH est donc facile de comprendre comment il s'introduit. Hais il va de soi que, quand c'est l'inspiration qui les suggère, les accords simili-parfaits sont susceptibles de se présenter avec plus d'imprévu, et dans des positions moins simples; c'est pourquoi ils peuvent parfois, à première vue, sembler difflcile^ à analyser, surtout si le compositeur, a&n d'en faciliter la lecture, les a écrits d'une façon incorrecte.
369> Accords de simili-septième de dominante, xans modulation. — Considérons les douze accords numérotés ci-dessous de i à ■ 3 ; on voit qu'ils présentent tous la constitution 433 et jouent le rôle d'accord de septième de dominante dans les tons, majeurs ou mineurs, indiqués au-dessous de chacun d'eux.
/b ftt Sol Ldf (0) (») (b) (c)
Du (a)
Sol (b)
tO 11
Re mi
D'autre part, il est évident que ces douze mêmes accords peuvent aussi s'obtenir en partant des accords neutres a, 6 ou c pris dans un état convenable, et en y abaissant d'un grade la note la plus basse; la ligne inférieure de la figure ci-dessus indique celui des trois accords 333 qu'il faut choisir pour le transformer ainsi en accord 433.
Il suit de là que si, éunt dans un ton quelconque tel que do, on fait entendre l'accord neutre a, on pourra, en l'altf^ranl convenablement, le transformer en l'un des accords a, 5, 8 ou II de la figure a.'i6; de môme, l'accord neutre 6 fournira les accords 3, 6, gel la, et l'accord neutre c fournira les accords i, 4, 7 et lo : c'est ainsi que ces douze accords, semblables aux douze accords de septième de dominante des divers tons de la musique tem-
( ' ) Ri^unlon de » H do ri, III' cl V' Jegrds du ton de iol. de la première ligne peut Aire cençu en tôt a. ^, et l'eccord si
eu /aï, VU- degré du mâme ■é /a ï de 1» deuxième ligne
SIXIliHB PABTIE. -
Fig. 34:.
Tableau des résolutions sur l'accord Jnqfeur de DO des 12 uccords ^HS^gétcphoties des 12 accords de septième d-ominante
sSenc a 5 , ^