A titre d'exemple, considérons les sons
si 1,1.
Si on les entend ex abrupto, et si on les interprète dans le ton de do. on tendra à rattacher en résolvant sur do mi, c'est-à-dire sur les deux demi-tons conjoints :
Si l'on entend /'« si dans les mêmes conditions, on tendra à rattacher en résolvant sur nii dn. c'esl-à-dire encore sur les deux demi-tons conjoints :
FiK. ,9,,.
De sorte qu'en résumé, si l'on entend les sons si fa en les interprétant dans un ton quelconque (soit comme si fa, soit comme si miz., soit comme do'} fa), on résoudra instinctivement de l'une des façons suivantes (') :
(') Il est iiianifesle que lus deux ilerniers cas de la li^-nre '.'oo se réiuiseni à 1111 seul : ils 110 dilTùrcnt. en elVel. <\w. |j;iric (jiii: les mêmes sons s'y tniiivent notes de deux l'aeons dillVrentes.
CllVPrrilK VI. — KËMAIIQUES DlVEllSIiS. njg
c'est-à-dire iiUérieurenieiit ou extériemeinent, mais toujours sur les demi-tons conjoints. Dans cet exemple, comme dans bien d'autres, les faits sont donc conformes aux trois jjseudo-lois d'attraction rapportées plus haut.
303. Mais il est aisé de voir que ces faits peuvent s'e.xpliquer sans admettre aucune loi nouvelle :
Les sons ^i fo entendus ex abrupto formant un ensemble dissonant (intervalle complexe), notre amour des rapports simples explique notre double tendance :
1° A substituer la consonance à la dissonance, c"est-à-dire à exécuter une résolution: 2° A rattacher les sons entendus à la note de référence par rapport à laquelle ils s'e.xpriment par les fractions les plus simples, c'est-à-dire, par exemple, au ton de do :
Cette double tendance sera évidemment satisfaite si les parties se portent de xi et de/«7 vers des degrés appartenant à l'échelle tonique du ton de do. Et, comme il s'agit uniquement de rattacher le plus simplement possible, sans avoir à exprimer aucune idée musicale particulière, les parties rallieront l'échelle tonique par le plus court chemin, c'est-àdire en franchissant les intervalles si do et fa mi, dont chacun vaut seulement un demi-ton :
Jfotes données) 4 rattacher '
yotes del'éche^lei
àJaqaelle \
en rattache I
sol
do
sol
do
Nous constatons Jonc que ce rattachement, bien qu'effectué conformément aux principes généraux exposés dans les chapitres précédents, «a l'air» cependant de s'être exécuté sous l'influence d'une attraction spéciale qui existerait entre les demi-tons de la gamme.
303. De même, si les notes proposées sont do sol ilo fa, nous tendrons à rattacher à do et à résoudre ainsi :
parer que, grâce à cet unique et minime mouvement de la partie supérieure, nous obtenons à la fois la résolution (retour à la consonance) et le rattachement (retour à l'échelle tonique). Le mouvement de /a vers mi est donc une conséquence des principes déjà exposés; néanmoins tout se passe comme si ce mouvement était régi, soit par l'attraction hypothétique entre les demi-tons de la gamme, soit par la tendance supposée à résoudre les dissonances en descendant d'un degré.
Kl CINQ¥IÈME l'AKTIE. — IIATT.VCIIEMENTS.
304. De même encore, si nous considérons les appogiatures suivantes
Fig. ju!,.
on voit que tout se passe comme si la note dissonante avait une marche contrainte consistant à descendre d'un degré, à l'exception de la note sensible qui devrait, comme on dit, monter à la tonique.
Mais il est inutile d'admettre ces pseudo-lois, notamment celle qui régirait la marche de la note sensible, carie mouvement de .?/ vers do, bien qu'ascendant, résulte simplement, comme dans le cas précédent, de notre tendance à rallier l'échelle tonique par le mouvement le plus simple possible.
305. Il semble qu'en raisonnant comme dans les exemples précédents, le lecteur réussira facilement à reconnaître la cause réelle des attractions ou tendances instinctives qu'il aura pu éprouver. .\u surplus, il trouvera dans les paragraphes suivants quelques renseignements sur les attractions qui s'exercent dans le rattachement d'un groupe de sons entendus e.r abrupto, puis sur les attractions que l'on éprouve souvent au cours de la composition musicale, et enfui sur la non-réciprocité de certaines attractions et affinités.
ATTIIACTIOX DANS LES RATÏArHF.MEXTS.
306. Nous cherchons à ratlacher les sons entendus à une combinaison aussi simple, c'est-à-dire aussi consonante que possible; or la nature ne nous offre que deux types de combinaisons de sons absolument eonsonantes, l'échelle majeure et l'échelle mineure.
Si le groupe des sons proposés est consonant, c'est que. par définition, toutes ses notes appartiennent à une même échelle : c'est donc à cette échelle que l'on rattache. Et si les sons peuvent être attribués à deux échelles différentes, ces échelles, étant toujours connexes ou homotoniques ('), appartiennent l'une au mode majeur, l'autre au mode mineur : la première étant In plus simple, c'est à elle ([u'on rattachera généralement.
307. Si le groupe des sons pi'O posés est dissonant, soient A, B, C, etc., ces sons, G leur géniteur^ W le centre de leur rectangle enveloppe, et R la note à laquelle on tend à rattacher, c'est-à-dire la note de référence à laquelle les sons donnés doivent être comparés
pour que les rapports 'rr. -r- r^^ etc. soient aussi simples que possible :
( ' ) .\iiisi les sons do el mi appai-ticiinent ii ilciix ueliulles connexes do nii sn/ .■t la do appartiennent à denx iklielles lioinotuniques. ilo mi xol et do mi,^ sot.
iiMPiini: VI, iii:maroi;i;s diveiises. v,i>i
(Juel iloit rire reiiiphiceinonl de 11 [)iiur que ce résultat soit obtenu? Le raisonnement présenté plus haut (') montre que le point U est, pour ainsi dire, attiré par deux