VV
Dans ce mouvenicnl , iiuaud U se transportera d'une colonne ver? la droite, tous les numérateurs seront allégés d'un facteur 3, et les dénominateurs seront chargés d'autant; de même, quand R descendra d'une ligne, un facteur 5 disparaîtra des numérateurs pour apparaître dans les dénominateurs ; donc, en se transportant de G vers W, le point R restera ordinairement en deçà de W plutôt qu'il ne le dépassera ( '), car c'est aux dénominateurs plus encore qu'aux numérateurs qu'il importe de procurer toute la simplicité réalisable.
En délinitive, le mouvement de R, de G vers \\\ sera au plus d'une ligne ou d'une colonne, ou encore d'une ligne et d'une colonne (-), comme dans le cas représenté plus haut (fig. 10%) de la gamme de do majeur orné.
ATTRACTION 11ANS LA COMl'OSn ION.
309. Nous avons vu plus haut (11" 303) que (juand on entend e.r abriiiiio un groupe de sons tels que
do soi fa
on éprouve une tendance instinctive à faire descendre le dessus d'un degré, de façon à réaliser l'assemblage
(lo sol mi
par lequel on revient à la fois à la consonance et à l'échelle tonique la plus probable.
( ' ) Toutefois c'est seulement si les uotes proposées étaient symétriquement disposées par rapport à W que le déplacement de R serait sûrement inférieur à GW {voir ci-dessus, 1' Remarque du n° 260). Ainsi, lorsque les notes à
rattacher sont celles ilc la ^umme de la mineur qui sont précisément groupées du ciité opposé au géniteur. H vient en /a, c'est-à-dire à une ligne ( et une colonne ) de G, tandis que M' n'est qu'à une demi-ligne ( et une colonne et demie) de G; R descend donc plus bas que W. Jfais, si R vient en la, c'est parce que. le géniteur ne faisant pas partie de la gamme, le rattachement à la ne fait pas apparaître le dénominateur iJ (comme cela aurait lieu si (i = si\ appartenait à la gamme); si, au conliaiic. R était venu en fa (mode de fa usité en plaiii-ehant, et sensililement plus complexe que les jiamiiii's teniaires). la noie si eût correspondu à un rapport fort dissonant, ayant 'i ' pour numérateur.
(•) En effet, nu plus grand mouvement de R produiiail des déuoniinaleurs au moins égaux à i| on j'i. lesquels ne se rencontrent jamais dans les gammes ternaires.
On remaiciuera que R peut se déplacer d'une colonne et d'une ligne. Imn (|nc ce mouvement produise pour le géniteur le dénominateur i5. qui ne so rencontre dans aucun des degrés des gammes ternaires : c'est qu'en <'iret R n'exécute le déplacement dont il s'agit que dans des cas on le géniteur ne fait pas partie de la gamme considérée.
iiM'irui. VI.
IIEMAROIES DIVEBSKS
Mais, s'il ne s'agit ijIus d'un ratlachemcnl, si le même groupe de sous do .vU/a se présente au cours de la composition, il n'y a plus aucune raison pour que le dessus résolve en descendant d'un degrr; la marche du dessus dépend uniquement de ridée musicale à exprimer, et peut notamment être ascendante ainsi que dans l'exemple suivant :
')■■ .^ p ff
11 n'en est pas moins vrai qu'au cours de lu couqjosition, on éprouve fréquemment une tendance instinctive à résoudre les notes dissonantes par des mouvements descendants, et il est intéressant de rechercher la raison de ce fait.
Considérons, à cet effet, la phrase suivante (version A) :
„ m m m f f} \ f • ^ 1 Iff, -PI ffL'l L
A mon a me ra
et d'amour en i . vree
et aussi celte seconde version de la même pin-ase (version B)
Kitr. -M 3.
A mon a. me ra . vie
et d'amour en.i . vree
Dans les versions A et B, la même pensée reçoit deux expressions très peu différentes, et toutes deux consonantes, puisque les notes étrangères à l'échelle majeure de do ne sont que des notes secondaires.
Conservant les mêmes notes, mais faisant passer aux temps forts des notes étrangères k 1 échelle do, nous obtiendrons deux versions dissonantes, exprimant sous une forme moins calme la même pensée que précédemment, savoir : la version A' correspondant à la version A :
Ki-. ni.
^ ^ r pjpp 1^ r- nr PF f^
A mon a. me ra . vi
et d'amour en.i
it la version B' correspondant à la version B :
Ki.'.
t' 1' i^-jg
A mon a.rne ra . vi . e
et d'amour en.i
CoinparaiU ces quatre versions, nous voyous que les versions consonantes .V et B ne donnent lieu a aucune tendance instinctive; au contraire, dans les versions dissonantes A'
204 CINQUIÈME PAHTIE. — UATTACHEMENTS.
et B', de telles tendances se manifestent après le premier temps de chaque mesure dissonante, c'est-à-dire sur la fin des mots ravie et enivrée.
Ces tendances peuvent être comparées à une attraction qui serait descendante (') dans le cas A', et ascendante (-) dans le cas B'.
310. Il est évident que ces attractions apparentes sont la conséquence de notre prédilection pour les rapports simples, c'est-à-dire de notre désir de résoudre la dissonance. Dans chacune des mesures 2 et 4 des versions A' et B', deux notes se trouvent en présence : celle du premier temps, ou note remplaçante, qui est dissonante, et celle du deuxième temps ou note remplacée, qui est consonante (^). Si notre fantaisie nous a suggéré une version dissonante, c'est-à-dire nous a fait employer une note remplaçante au lieu d'une note remplacée, il résulte de notre besoin de résoudre que tout se passera comme s'il existait une attraction de la note remplaçante vers la note remplacée : cette attraction sera évidemment descendante ou ascendante suivant que la note remplaçante sera au-dessus ou au-dessous de la note remplacée.
311. Le j-aisonnement qui précède explique la cause des attractions apparentes contenues dans les versions A' et B'; mais il ne fait pas comprendre pourquoi tant de théoriciens ont afSrmé l'existence d'attractions descendantes, et posé en principe que les notes dissonantes résolvent en se portant sur le degré inférieur.
De ce que nous venons de voir il résulte que ce principe peut se trouver en défaut ; mais il faut bien reconnaître que souvent il a l'air de se vérifier, car, dans la musique de nombreux compositeurs, les attractions descendantes sont beaucoup plus fréquentes que les attractions ascendantes, ces auteurs choisissant la note remplaçante plutôt au-dessus qu'audessous de la note remplacée.
312. Le problème se ramènerait donc à chercher le motif de ce choix presque systématique. Cette question serait digne de fixer l'attention des psychologues et des physiologistes; et peut-être leurs méditations les conduiraient-elles à reconnaître qu'en efTet les dissonances, lorsqu'elles ne sont pas introduites artificiellement par f observance de règles plus ou moins savantes, mais quand elles sont suggérées naturellement au compositeur par le désir d'exprimer les passions humaines, comportent le plus souvent l'emploi de notes remplaçantes situées au-dessus et non au-dessous des notes remplacées sur lesquelles se feront les résolutions. Voici pourquoi :
Sous l'influence de la passion, l'organisme humain débite par unité de temps plus d'énergie que dans les périodes de calme; ainsi, dans les circonstances tragiques où l'homme voit en péril sa vie ou son amour, il crie sa pensée plutôt qu'il ne la murmure [forte et non piano); mais, en outre, il l'exprime dans un registre élevé plutôt que dans un registre grave (dessin musical ascendant et non descendant).
C'est qu'en etTet, dans de telles circonstances, tous les ressorts intimes de l'être humain sont plus fortement tendus, en sorte que, non seulement il ébranle ses cordes vocales d'une façon plus énergique, ce qui produit l'amplitude de leurs vibrations, c'est-à-dire \e forte. mais aussi il tend ces cordes davantage, ce qui fait monter sa voix vers Vaiga puisque les cordes, plus fortement sollicitées à i-eprendre leur position d'équilibre, exécutent dans un temps moindre chacune de leurs vibrations élémentaires.
Ces considéi-ations expliquent pourquoi l'appogiaturc supérieure exprime généralement mieux les mouvements passionnés de l'âme que l'appogiature inférieure, et pourquoi aussi
(') Do /a vers mi (deuxième mesure )i't ilo la vers sol (quatrième mesure).
(-) Do mi^ vers mjjj (dcuxièuic mesure) et ileya; vers sol (quatrième mesure).
( ■■ ) Ainsi, dans la mesure 2 de la version A', lo fa du premier temps peut être cnnsidéré comme note remplarunle, et le mi du deuxième temps comme note remplacée : nous venons de voir en effet comment .\' dérive do A : certaines notes telles que fa, étranfïères à réclielle do mi sol, ci n'ayant qu'un rOle de liaisnn dons les versions l'onsonantes, passent aux temps forts dans les versions dissonantes, cl s'y sulislilucnl nioiiiiiiloniMiienl ù dos notes eimsonanles telles (|ue mi.