CHAPITRE VI. hksiauoles diverses. nr
■tait prépondérante lorscjne sa distance aux notes données n'était pas trop considéraldc
Kiîî. 218.
l'attraction du géniteur, de même que l'attraction newtoiiienne, s'affaiblirait donc quand la distance augmente.
Si l'afTinité de l'échelle sol si ré et celle de l'échelle mi sol si pour l'échelle do mi w/sont plus grandes que les atBnités inverses, c'est que do est le géniteur général des diverses notes en présence, en sorte que les modulations rapprochant pour ainsi dire du géniteur
i-ig. 2.,.
correspondent à une simplification des rapports numériques, et par suite sont plus faciles que les modulations inverses, de même que, dans le système terrestre, les mouvements rapprochant du centre du globe sont plus aisés que les mnuvements inverses.
RÉS0LLT10>S F.r RATTACHEMENTS.
318. Nous avons vu dans ce (jui prccéde que. quand on entend eu- abni/jto un certain nombre de sons simultanés formant un ensemble dissonant, on éprouve une double tendance instinctive : i" à résoudre, c'est-à-dire à substituer la consonance à la dissonance, en faisant marcher les parties vers des notes appartenant à une seule et même échelle : 2° à rallacher. cest-à-dire à revenir vers le son formant la base de la gamme à laquelle nous attribuons les notes entendues. Cette double tendance nous fait donc rallier l'échelle tonique la plus naturelle par les mouvements les plus simples possibles, c'est-à-dire nous fait exécuter ce qu'où a appelé plus haut (') une résolution tonique.
.\insi, dans l'exemple suivant :
Fig. 320.
( ' ) Dissonance, renvoi du n* 19G.
2(>8 CINQUIÈME PARTIE. — RATTACHEMIÎNTS.
le dissonant A ayant été entendu cj~ abrupto et rattaché, comme on l'a vu plus haut, au ton de /a, la succession de l'accord parfait B (accord de dominante) ne nous donnerait qu'une première satisfaction en rétablissant la consonance; et c'est seulement l'accord C (accord tonique) qui nous procurera un repos complet en nous ramenant à la fois à la consonance et à la tonique (')•
Il va de soi qu'on peut aussi satisfaire d'un seul coup à la double tendance signalée en faisant descendre d'un degré la note dissonante sol :
Fig. J21.
Un théoricien constatant que notre double tendance instinctive est satisfaite par la seule succession de fa à. «o/ peut naturellement être porté à considérer cette succession comme la plus conforme aux lois de l'harmonie (-); en conséquence, il désignera sous le nom de résolu/ion réiiiiUère cette marche descendante d'un degré.
319. Or, il y a là une confusion ([u'il est absolument indispensable de signaler : ce que le musicien fait, quand, ayant entendu ej- abrupto lessons/« do sol, il redescend mentalement de sol a. fa, ce n'est point une résolution, c'est un rattacheint-nt. Assurément, l'analogie entre les deux choses est grande puisque, quand nous rattachons, nous exécutons une résolution tonique ; mais les deux choses n'en sont pas moins fort différentes et les règles trouvées pour l'une d'elles ne sont pas applicables à l'autre.
Le rattachement d'un groupe de sons entendus ex abrupto, c'est-à-dire sans qu'aucune tonalité ait été préalablement établie, est un phénomène naturel résultant de ce que notre intelligence tend à attribuer aux sons entendus la formule la plus simple possible; aussi peut-on prévoir le rattachement d'un groupe de sons donnés, de même que, quand un objet inanimé se trouve suspendu en l'air par une corde, il est facile de prévoir où il tomberait si la corde venait à se rompre.
Au contraire, la résolution d'un accord dissonant se présentant au cours d'une composition musicale est un phénomène artistique, dépendant à la fois de la tonalité établie et de l'inspiration ou des sentiments de l'âme du compositeur; il est donc aussi hasardeux de chercher à prévoir la résolution d'un accord dissonant que de vouloir deviner le point où va être dans un instant le poulain que l'on voit bondir et s'ébattre au milieu de la prairie.
En résumé, le rattachement et la résolution sont exécutes par des parties différentes de notre être psychique, et le musicien qui voudrait étendre à celle-ci les lois trouvées pour celui-là commettrait la même confusion qu'un ingénieur appliquant à un problème de dynamique (corps en mouvement) des formules établies en statique (corps au repos).
320. Cependant cette confusion paraît avoir été commise assez fréquemment par les harmonistes. Ainsi, lorsqu'ils traitent de l'accoi'd de neuvième de dominante, ils interdisent souvent d'employer toute une série de dispositions de cet accord; or, il est facile de constater que ces dispositions interdites sont celles qui permettraient à l'accord (étudié au repos) de rattacher à une note autre que la tonique; mais de ce qu'une certaine combinaison des notes sol si ré fa la, lorsqu'on l'entend ea- abrupto, évoque le ton de la plutôt
(') Cet exi;nii>l« liiimtri; clain'iinMil la (lilïc'ii'iicc entre lin nittaclienient ot uno rùscitiition ; t'aoccirit ilissnnant A ayant élo entend» ex abruplo, 1 ai-i- nd H esl lime ilu ses résolutions pussililes; l'aecurd C est son rallaclieiiient. (■•') Ainsi qu'il a été dit \>\a> liaiil ( Di.sxniKiiicc. renvoi du n° 19(i)-
<;ii\i'iini-; M. — i;i:m\ii(,ii i:s diverses. 209
(jue celui de do, il 11e résulte pas iiue cette comljiuaison est impussible à employer tlans une composition où la tonalité de dn se trouve nettement établie; c'est donc à tort qnc les harmonistes interdisent certaines disposilinns de l'accord de neuvième de dominante.
321. C'est cette même confusion qui l'ail accepter par bien des nnisiciens les deux pseudo-lois relatives aux résolutions : nu nnisiciense donne un groupe de sons dissonants quelconque et, l'ayant frappé au piano, se demande quelle en sera la résolution la plus naturelle.
Si le groupe n'est pas par trop dissonant, c'cst-;'i-ilire si le musicien peut interpréter les sons entendus comme représentant des notes appartenant à deux ou même parfois à trois échelles nettement délinies, il sera conduit par son sens arlistii[ue à appliquer les deux pseudo-lois précitées, c'est-à-dire à faire descendre les notes dissojiantcs d'un degré, à l'exception de la note sensible qui exécutera le mouvement inverse, et montera à la note base de l'échelle sur laquelle se trouvera faite la résolution, c'est-à-dire à la tonique.
Le musicien sera donc porté à tenir pour réelle l'existence de ces lois que les traités d'harmonie ne démontrent pas, il est vrai, mais qu'ils énoncent en les donnant comme révélées par l'expérience, au moins dans le cas de ce qu'ils appellent des résolutions réf,nilières.
Ici la confusion annoncée est manifeste : ce que le musicien considéré vient de faire, ce n'est pas une résolution, c'est un rattachement, et les lois qu'il a trouvées ne sont pas celles des résolutions, mais celles des rattachements.
322. Et, lorsqu'elles sont ainsi comprises, ces lois ne sont plus do simples reniar(|nes empiriques, révélées par des observations plus ou moins nombreuses, ce sont de véritables règles rationnelles, susceptibles d'une démonstration logique.
En effet, supposons pour faciliter l'exposition que les sons proposés rattachent au ton de do majeur; la résolution nous paraissant la plus naturelle sera celle qui consistera à faire marcher les parties de telle sorte qu'elles rallient par les mouvements les plus faibles possibles les notes de l'échelle majeure de rfo; en conséquence, si dans le dissonant proposé certaines parties font l'une des notes c/o, mi on sol. elles n'auront aucune tendance au mouvement et pourront rester sur place: si certaines parties font les notes /«ou si, elles se porteront respectivement vers les notes sol ou do qui sont les notes de l'échelle tonique situées le plus prés possible; enfin, si certaines parties font les notes ré on fa, il leur suffirait de marcher d'un degré dans un sens quelconque pour rallier l'échelle rfo; toutefois, c'est le sens descendant qui paraîtra le plus naturel, non seulement parce que la marche dey« vers sol ferait double emploi avec celle de /« vers la môme note, ou parce que la seconde descendante /r/ mi est plus petite que la seconde ascendante fn sol ('), mais surtout parce que, comme on l'a fait observer plus haut (voir n°* 309 et suivants), le dessin ascendant étant celui qui exprime le mieux la passion et la dépense d'énergie, le mouvement descendant doit, par contre, éti-e celui qui convient le mieux à l'expression du calme consonant et du retour au repos final sur l'accord tonicjue. En résumé, les degrés 1, 111 et V n'ont aucune tendance au mouvement et les autres marchent chacun d'un degié, savoir : les degrés II. IV et VI en descendant, et ledt'gré \U en montant, c. (j. k. d.
('J Celti- iMi^-nii ilailleiirs 110 serait plus applicalilu si, ail lieu ilu ton ilo c/o majoili'. imus aviniis pris pour uxciuplu ri'lui du do iiLini'ur.
SIXIEME PARTIE
EMIARMOME.