REMARQUES SUR LES TROIS EXEMPLES PRÉCÉDENTS
473. La remarque qui termine le numéro précédent montre que, comme nous l'avons déjà fait observer (n" 420), la valeur des notes ne dépend pas seulement de leur nom, mais aussi du processus par lequel on les amène.
Cette remarque montre aussi que l'expérience à laquelle elle s'applique peut conduire à des conclusions fausses si on ne l'exécute pas dans les conditions en vue desquelles elle a été réglée, ou dans des conditions équivalentes.
On observera en outre que les expériences faites sur les trois exemples donnés plus haut peuvent toutes manquer si elles sont exécutées par un artiste à qui les nécessités professionnelles ont fait acquérir une certaine habitude de la gamme de Pythagore {voir ci-dessus n" 4-o8).
474. Le lecteur a peut-être remarqué que, dans les trois exemples précédents, une voix suivant exactement la tonalité ternaire doit abandonner le diapason initial et monter plus haut que si elle avait pu observer la gamme tempérée. D'autre part, le lecteur a peut-être entendu dire par des chanteurs que la voix monte toujours. Ce serait là, pour certains professionnels du chant, une sorte de pi-incipe expérimental échappant à toute démonstration logique, mais résultant de l'observation.
Il est possible que cette règle empirique ait été suggérée aux chanteurs par l'observation de faits musicaux analogues aux airs des figures précédentes. Quoi qu'il en soit, la règle est fausse, puisque, si dans les exemples cités plus haut le diapason s'élève, il s'abaisserait au contraire dans des exemples où les modulations se succéderaient en sens inverse. Enfin, même quand les faits sont conformes à la pseudo-règle, celle-ci est sans objet puis(iue les faits dont il s'agit s'expliquent très simplement sans invoquer aucune loi empirique nouvelle, et en se bornant à appliquer rationnellement une fois de plus les principes exposés au cours du présent Essai.
HUITIEME PARTIE
GAMMES DIVERSES