‹ Essai sur la gammeChapitre 165 sur 266 · H '■ SI · texte numérisé non relu

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dépourvue est précisément la quinte - qui est de tous le plus usuel.

Il est difficile de la considérer comme une gamme ternaire déformée, car ici il n'y aurait pas seulement altération de l'échelon extrême d'une échelle extrême, la déformation serait plus profonde, l'échelle tonique et l'échelle dominante se trouvant remplacées par des assemblages (do mi^ fa^ t\jcfi si y /■c;^dans le ton de <^o)qui ne sont ni échelles ni fausses échelles :

Fig. 326.

fa do sol — ré

Gamme de âo \ la (> 1 mi ti si b 1

minevTJiormaJ I L ! 1 1 I I

Gamme de do sitype

fan

Donc, si l'on pratiquait cette gamme en toute rigueur, il serait impossible d'appuyer la tonique d'un accord consonant, ce qui exclut toute harmonie.

ARTICLE VI. - Plain-chant.

JIODES TIERCÉS, QUARTÉS. QLIMÉS ET SIXTES.

563. Nous venons de voir comment les anciens avaient pu varier la tonalité en faisant usage des sept mêmes notes, mais en les considérant à des points de vue différents, correspondant respectivement aux sept septains palétypes.

Or, on peut aussi varier assez sensiblement la tonalité, non seulement en conservant les sept mêmes notes et en changeant la tonique, mais même en conservant à la fois et les sept notes et la tonique.

En effet, quand nous faisons usage d'une gamme déterminée, nous pouvons en considérer le plus ordinairement les degrés dans leurs rapports, tantôt avec la tonique, tantôt avec une seconde note, choisie parmi celles qui forment avec la tonique les rapports les plus simples, et à laquelle nous donnerons le nom de prédominante (^) en raison de l'importance particulière de son rôle; la tonalité dans laquelle nous écrivons ainsi sera caracté-

(') Aulii'l'ois lus notes la, si, do, etc. étaient représciitoes par les lettres A, B, C, etc. La note ii était donc représentée par un B qui était, comme les autres lettres, de formes un peu carrées. Pour représenter la note $(:■, on imagina de faire un B aux formes plus arrondies, ou plus molles, d'où l'expression de B mol (bémol). Pour revenir au sii, on restituait au B sa forme carrée, d'où l'expression de B carre (bécarre). Plus tard, lorsqu'on fit usage d'accidents, non seulement pour le 41 mais aussi pour les autres notes, on conserva, en en généralisant le sens, les expressions primitives de bémol et de bécarre.

(^) Ainsi, dans le plain-chant dont il va être question ci-après, le système de huit modes ne contient pas de mode de .«, et, dans le système do XIV tons, il existe bien deux tons, le XI" et le XII', ayajit si pour finale, mais le XII*, ainsi qu'on le dira plus loin (premier renvoi du n" 586), n'est nullement fondé sur le triton si fa, et quant au XI', qui seul serait fondé sur ce triton, il n'est pas en usage, et ne figure dans les nomenclatures que pour ordre et avec la mention « inusité u.

(■") Pour le mot prédominante qui vient d'ctrc employé ici pour la première fois, voir ci-après le renvoi du n° 558.

CIIAI'ITIIK m. — (i.VMMKS TRIGKNES. SSg

risée à la fois pai" l'espèce de la gamine employée et par la parenté existant entre la tonique et la prédominante; et, si nous venons à faire usage d'une autre prédominante, nous aurons, bien qu'en conservant la même gamme, une seconde tonalité ne présentant pas le même caractère que la première.

564. Ainsi, considérons une mélodie écrite en gamme de do dotype, dans laquelle la note sol sera généralement plus employée que les autres, et où la pensée musicale reposera surtout sur les notes do et sol, ainsi que sur les échelles basées sur ces notes : cette mélodie sera caractérisée par deux noies principales, la finale F = ffo et la prédominante P:=so/; la gamme de do ainsi employée aura une manière d'être {modus, manière) particulière, qui pourra être désignée par l'expression descriptive de

« .Mode (ic do niiinlo »,

laquelle rappelle les deux notes do et sol caractérisant le mode en question.

Si, au lieu de sol, c'était fa qu'on associait le plus souvent à do, on aurait pour la même gamme une aiitre manière d ôlre (ou mode) caractéiùsée par les deux notes F ^^do, ^^ifa, et qui pourrait être désignée par la dénomination de

<i Mode de do quarlé ».

Conservant toujours cette même gamme dotype. et considérant qu'outre les rapports de quinte et de (juarte, il existe encore des rapports très simples correspondant aux consonances de tierce et de sixte, nous voyons que nous pouvons encore concevoir pour la môme gamme de nouvelles manières d'être très simples, susceptibles d'être désignées, dans le même système de nomenclature, par les expressions de

« Mode de do tierce », n Mode de do sixte ».

565. Ces divers modes peuvent être conçus, soit avec les gammes ternaires (gammes formées par des réunions de trois échelles), soit avec des gammes palétypes (gammes formées de notes en rapports simples avec la tonique, réunies sans prendre aucunement en considération les échelles, exactes ou déformées, entre lesquelles elles peuvent être réparties); mais tout musicien accoutumé à la tonalité ternaire a une propension naturelle à considérer les modes de do quinte ou de do quarté comme fondés respectivement sur les parentés de voisinage existant entre les échelles do et sol (pour do quinte) ou do el fa (pour do quarté); et. de même, les modes tiercés et sixtes apparaissent comme fondés sur la parenté de connexion, savoir : do tiercé sur les échelles corrélatives do et mi, et do sixte sur les échelles relatives do et la (').

566. 11 est évident que les quatre adjectifs ijuinté, quarlé, Uercé, sixlé ne suffisent pas à définir complètement une tonalité, et que le mode tiercé, par exemple, n'est pas toujours semblable à lui-même. C'est ainsi que do tiercé et la tiercé sont fort différents. Mais, pour caractériser complètement une tonalité, on peut employer des expressions composées telles que gamme dotype tiercée ou gamme dotype quarlée (^).

(') Ces parentés sont celles auxquelles il a déjà été fait allusion (Contrepoint, renvoi du n° 118). Elles pourraient se distinguer, savoir : la parenté de voisinage, en survoisin.age (do et sol) et sousvoisinage (do et fa)\ la parenté de connexion, en corrélation (do et mi) et relation (do et la).

(-) On pourrait aussi employer, pour ces mûmes gammes, des dénominations telles que gamme domilypc ou gamme dofatype, qui sont formées suivant une loi toute semblable à celle d'.ipn^s laquelle nous avons choisi les noms des sept gammes palétypes.

iiirriiî.Mi; i'aktie. — gammes diverses.

PLAIX-CIIANT AMBUOSIEN, GRÉGORIEN ET MODERNE.

567. Examinons maintenant, sommairement les façons dont a été réglée à diverses époques la tonalité du plain-chant ('); nous comparerons ensuite ces différents systèmes de tonalité aux modes définis dans le paragraphe précédent.

568. Vers la fin du iv^ siècle ou au début de v, saint Ambroise recueillit les plus beaux airs sacrés do la musique grecque et les écrivit dans quatre modes choisis parmi les plus usités, savoir :

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