CHAPITRE 111. — TRAITKS D HARMONIE. I
considérés plus haut (./?,;'. 4'^.i^> celui qui est renforcé est aussi de beaucoup celui dont la fragilité est la plus grande ( ' ).
862. De cet exemple et de beaucoup d'autres analogues, on doit conclure que l'influence des mots sur nos idées est des plus considérables, et qu'un des meilleurs moyens d'agir rapidement sur l'esprit de ses contemporains, c'est d'introduire dans lejangage courant des e.xpressions calculées à cet effet.
863. Chaque science particulière comporte une terminologie spéciale : il est difficile que la science progresse, si sa terminolog;ie est mauvaise et évoque continuellement des idées fausses. Mais, par contre, il est impossible qne la terminologie devienne parfaite, tant que la science n'est pas fondée, et qu'on n'a même pas encore vu nettement quels sont les faits, choses ou objets fondamentau.x au.\quels il est indispensable d'attribuer des noms; il est évident, en effet, qu'on ne peut pas inventer un langage logique, tant qu'on ne sait pas encore au juste de quoi l'on doit parler. .4ussi arrive-t-il généralement qu'une science et son langage spécial naissent ensemble, et se développent à peu près parallèlement. Un des exemples les plus connus de ces faits est celui qui s'est produit à la fin du xvni= siècle, lorsque la terminologie et la notation chimiques ont été créées dans le temps où la Chimie elle-même s'édifiait sur les ruines définitives de l'Alchimie.
864. Il suit de là que les harmonistes auraient un réel intérêt à rectifier et à compléter en plusieurs de ses points la terminologie dont ils font usage actuellement.
Sans prétendre indiquer ici en détail de quelle façon ils doivent exécuter ces remaniements, on se bornera, dans ce qui suit, à citer, pour fixer les idées, quelques-unes des inexactitudes ou des insuffisances du langage musical actuel (et aussi des définitions sur lesquelles il repose).