RESUME
DE LA l'REMIKRl- l'AUTIK.
61. Le son est produit par la vibration des corps élastiques; il constitue un phénomène périodique; ainsi, quand un corps sonne à la fréquence de 5oo vibrations par seconde, il conserve cette fréquence jusqu'à extinction de son mouvement vibratoire, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'il retombe dans le silence.
Plus la fréquence des vibrations est grande, plus le son est aigu. Ainsi, dans un piano de sept octaves, la note la plus basse est généralement le la qui fait environ 27 vibrations par seconde; à partir de cette note, les fréquences vont en croissant jusqu'à celle du la le plus haut qui fait 348o vibrations par seconde ; ces limites sont à peu près celles entre lesquelles les sons doivent être compi-is pour que l'oreille les apprécie comme notes musicales.
62. Parmi toutes les notes que la Physique permet de réaliser, le musicien n'en emploie qu'un petit nombre, celles dont les fréquences forment entre elles des proportions simples. Plus la proportion que forment les fréquences des notes d'un accord est simple, plus cet accord est consonant. C'est ainsi que l'accord suivant (') :
doi do.2 .V0/5 ddi inii sol:, ''"•.
est éminemment consonant, parce que les fréquences de ses notes sont proportionnelles à 12 3 4 5 6 8.
Ces petits nombres, auxquels les fréquences d'un groupe de notes sont proportionnelles, sont ce qu'on appellera désormais les N des notes considérées. C'est de ces petits nombres, ou N, que dépendent nos sensations musicales. Le Tableau suivant indique, pour les principaux intervalles musicau.-ç, les valeurs des N correspondants :
Inlervall.js. Valeurs
- ■■ - iM des
Noms. F.xi'iiiples. N correspondants.
Unisson doi dn^ i r
Octave dot diJî I ■>.
Quinto do, roli 2 'i
Quarle do, fa, 3 4
Consonances. ' ,,.. , ,- , c
liLTCc majeure ""1 mi, 4 5
Tierce minenre d<i, iiiirn "> (i
Sixte mineure do, la^y, j S
Sixle majeure do, lu, 3 5
Seconde majeure do, rc, 8 g
\ Seconde mineure do, rr-y, i 1 iC)
Dissonances, s „ ... , • o •
j Septième majeure ao, xi, S i>
[ Sc|)liiMn(' mineure do, si:,, "' y
( ' ) l'our la signilication itcs indices ùci-its sons les notes de cet accord, se rcpoi-ter au premier renvoi du n" (i.
4o PnEMlÈHE l'AlVrlf. — CONSONANCE.
63. Parmi tous les intervalles musicaux, ceux qui, comme Yunisson, Foc/ace, la double octm'e. etc., ont pour valeur un nombre entier d'octaves, possèdent une consonance beaucoup plus grande que tous les autres intervalles. C'est ainsi que, quand une partie chante un air quelconque, d'autres parties peuvent chanter en même temps cet air à l'unisson ou à l'octave aiguë, ou à l'octave grave, ou aux autres octaves, sans que le résultat ainsi obtenu ait rien qui choque l'oreille. Il n'en serait pas de même si l'on tentait d'accompagner le chanteur à la (juinte ou à la quarte, ou à tout autre intervalle fixe. Celte propriété remarquable des octaves sera désignée ci-après sous le nom de privilège de.i octaves.
64. On s'est efforcé, dans ce qui précède, de pénétrer le mécanisme suivant lequel se produisent nos sensations musicales. Il semlile bien que ce mécanisme soit en complète harmonie avec le principe de simplicité qui préside à tant de phénomènes naturels et permet parfois d'en deviner les lois.
Quoi qu'il en soit, nous nous abstiendrons dorénavant de demander aux faits expérimentaux aucun renseignement nouveau. Appliquant toujours les principes exposés dans cette première Partie (') sans admettre jamais aucune exception dèviatrice, nous poursuivrons notre l'oute, formant d'abord théoriquement les séries de sons les plus simples, puis des séries de moins en moins simples, mais de plus en plus variées; nous reconstituerons ainsi nos gammes et nous constaterons, chemin faisant, les parentés qui existent entre leurs divers degrés et déterminent les accords fondamentaux. Composant ensuite ces combinaisons en des édifices harmoniques de plus en plus complexes, nous devrons retrouver ainsi théoriquement les ressources musicales de plus en plus variées que les musiciens des Écoles successives ont inventées d'intuition, par la seule force de leur génie. En un mot, nous devrons constater un parallélisme curieux entre les étapes successives de notre route théorique et celles qu'a franchies l'art musical au cours de ces derniers siècles.
( ' ) Il est vrai ([ue, comme on l'a annoncé plus haut ( voir le premier renvoi du n° 5G ), la J' l'artie. ftallac/iemenls. contiendra des comidcnients à la i'" Partie. Jlais ces eom|iléments ne seront que ilo nouvelles applications des mêmes principes.