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I.MERVALLUS NATIREI.S OU AI.TÉKÉS

876. La plupart des notes peuvent être réputées naturelles ou altérées, selon le point de vue auquel on se place. Considérons, en effet, l'exemple suivant qui admet quatre versi(ms pnis(jue sa troisième mesure peut être jouée de quatre façons différentes :

l'is-

\yb.

.liinl If tntal i-st i); ,1...

et la

(') .\insi, la quailr cl la ciulntc livoqui'iit IfS iliiirivs (•V(Miui-nt 3 et 6. total 0, etc.

Crrtaiiis ouvrages sifjnalenl ce l'ait à titro de remarque curieuse, bien digne de frapper l'esprit du leeteur. mais sans en expliquer la cause, et en paraissant presque considérer cette loi comme purement l'uipiriquc.

Au surplus, la loi se modifie quand le nombre des intervalles dont l'ensemble couvre une octave devient supérieur à doux ; pour le cas de trois intervalles, par exemple, le total des chifTres évoqués n'est plus !), mais 10 ; ainsi la seconde, la tierce et la quinte, dont l'ensemble forme une octave, évoquent respectivement les cliiiïi'cs ■.', 3 et .'), dont le total est 10. G. 32

498 NElVIlhlE l'ARTIl;. — API'LICATIONS MUSICALES.

En Style unitaire ou binaire, la première version est dépourvue de toute altération, car elle contient exclusivement les notes de l'échelle do\ la seconde, la troisième et la quatrième version, au contraire, ne sont plus exclusivement naturelles, puisque les notes /«, fai et la servant d'ornement au sol ou formant liaison entre mi et .syj/ sont étrangères à la gamme employée et y constituent des altérations.

En style ternaire, la deuxième version doit, elle aussi, être réputée naturelle, car elle ne contient ({ue des notes existant en gamme ternaire; mais, dans les deux dernières versions, le /«S sonne comme une altération du style adopté.

En style ternaire sécaltéré, où le IV'= degré de la gamme de do est /«; et non plus/a, c'est au contraire la seconde version qui doit èlre tenue pour altérée, taudis que la troisième est naturelle comme étant absolument conforme à la gamme employée: dans ce style, la quatrième version est également altérée, mais elle l'est par la présence de fa et non par celle de/a;.

Enfin, la quatrième version elle-même peut, dans certains styles, être tenue pour naturelle. Nous avons vu, en effet, que, dans ce que l'on appelait autrefois le genre chromatique, on considérait des gammes dans lesquelles un même degré pouvait figurer sous deux formes différentes, telles que fa clfac. : il est évident que, dans un style utilisant une gamme de ce genre, la coexistence de /a et de/«; (version 4) ne comporte pas une altération du style adopté.

877. Puisqu'une même note peut être réputée naturelle ou altérée selon le style dans lequel on l'emploie, il est nécessaire d'établir une démarcation conventionnelle entre ce qui sera dit naturel et ce qui sera tenu pour altéré.

878. La conventiou la plus plausible consiste très certainement à considérer comme altéré ce qui ne se rencontre que dans les tonalités les plus complexes, et à dénommer naturel ce qui appartient aux gammes les plus simples et les plus fréquemment employées. Celles-ci forment la catégorie des gammes ternaires, et c'est pourquoi on a attribué plus haut à ces gammes la qualification de naturelles, en réservant la qualification (['altérées à celles qui dérivent des premières au moyen de transformations plus ou moins profondes (altérations) (')•

879. Cette convention, encore que très plausible, n'en heurtera pas moins quelquefois les idées du lecteur, au moins au premier abord, et tant qu'il ne se sera pas soustrait à la puissante influence des mots; voici pourquoi :

Pour désigner tous les sons de la musique, on a donné à sept notes les noms de do, ré, mi, fa, sol. la. si, et l'on a inventé en outre des accidents modificateurs ou signes d'altération S, [;, X, .... etc. Les notes simples, telles que do, sont dites naturelles, elles notes composées, telles que o?o;, sont dites altérées ou accidentées ("-).

Sous l'influence de ces expressions, nous sommes enclins à admettre qu'une tonalité naturelle doit être celle qui s'exprime (ou qui, par transposition, pourrait s'exprimer) en employant exclusivement les notes naturelles, et qu'une tonalité altérée se reconnaît à ce critérium qu'elle comporte inévitablement l'emploi de signes d'altération.

880. Comparons cette seconde convention à celle qui a été proposée plus haut (n" 878). A première vue, la seconde convention peut paraître extrêmement plausible; cependant un court examen permettra au lecteur de reconnaître : 1° qu'elle doit être rejetée comme

( ' ) Voir notainmoiit, *<" Partie, Gammes diverses, W. Tableau ilii n" 535.

(■) Ayant rncours à iiiio comparaison un peu triviale mais fort claiiT', nous forons obsi'rvrr qui', pour dilTéroniiiT do (lo rfos. il faudrait l'aiipelei' do nature plutôt que do naturel, do nièn\c que los restaurateurs, pour différencier le lieefst(^ak servi seul du ln'ufsteak servi avec <les pommes de terre ou tout autre légume, écrivout sur la carte des plats ; beefsteat nature- ( et non naturel), beefslea/, aux pommes, etc. I.e do nature serait celui qui n'est comjiosé avec rien, tandis que li-s autres lio sont compost'-s avi-e un ou plusieurs 5 ou ,' ou .r ou ... etc.

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