CHAPITRE m
H I:M A Uyi" KS (1 ÉNÉRALES.
ARTICLE UNIQUE
950. Nous avons vu que le problème du tempérament admet plusieurs solutions correspondant à des degrés de précision et de simplicité fort différents, mais qu'aucune de ces solutions ne concilie assez bien les conditions de précision et de simplicité pour apparaître comme indiscutablement préférable à toutes les autres.
La solution choisie comme la meilleure variera donc selon que le musicien attachera plus d'importance à la précision qu'à la simplicité, ou inversement.
Mais, pour exercer utilement son choi.x, il est bon que le musicien ait prévu un peu moins sommairement iju'on ne le fait parfois les principales conséquences qu'entraînerait l'adoption d'un nouveau système de tempérament, et c'est pourquoi on a cru devoir donner plus haut quelques indications sur la réalisation pratique d'un tempérament précis, et présenter, en outre, les considérations complémentaires contenues dans le présent Article.
951. Il faut d'ailleurs reconnaître que l'expérience seule peut montrer de façon définitive s'il y a réellement lieu de chercher à améliorer la solution actuelle du problème du tempérament.
Il ne semble pas inutile d'entreprendre cette expérience, car, entre les sensations artistiques que nous procure l'audition d'un air chanté, soit par une voix juste, soit par une voix mal posée, la différence est telle iiue. même pour la mélodie seule, la justesse des sons semble valoir la peine d'être recherchée.
L'expérience, il est vrai, a déjà été tentée, mais dans des conditions (^ui n'étaient peutêtre pas toujours très concluantes; ainsi, on a essayé notamment un instrument à clavier dans leiiuel l'octave comportait i!\ touches fournissant autant de sons équidistants. Mais il est évident (juc la subslilulion d'un clavier de 24 touches à un clavier de 12 touches compli(iue singulièrement la tâche de l'exécutant; et nous avons vu, d'autre part, que la justesse du tempérament 24 est pratiquement assez semblable à celle du tempérament 12 : la nouvelle solution essayée ne pouvait donc guère différer de la solution en usage que par un surcroît d'inconvénients.
952. Même si l'on était conduit, après examen, à ne rien changer à la solution actuelle du problème du tempérament, les considérations exposées à l'occasion de ce problème n'en conserveraient pas moins de l'intérêt; elles permettent, en effet, de bien comprendre la différence entre la musique juste que nous concevons et la musique approchée que nous prati(juons (avec certains instruments); elles montrent, en outre, clairement la fausseté de certains préjugés fort répandus, et fournissent en même temps plusieurs résultats utiles. Nous allons examiner successivement ces différents points.
CHAPITHK m. - HKMAHytKS GKNKBALES. S'i^