GENÈSE DES GA.M.MES
ARTICLE I. — Gammes binaires et ternaires.
69. Considérons un musicien qui a commencé d'écrire un air de musique en faisant usage de l'échelle
do mi sol.
Cette tonalité n'oiTrant que des ressources très restreintes, le musicien, pour varier, sera bientôt amené à employer d'autres échelles. Pour que la nouvelle tonalité ainsi constituée soit d'un usage aussi naturel que possible, il faudra évidemment que les nouvelles échelles anne.xées à l'échelle initiale forment avec celle-ci les rapports les plus simples. On a vu que ces rapports sont :
Si l'intervalle entre la nouvelle échelle et l'ancienne était pris égal à -> le résultat
obtenu serait évidemment nul, puisque - n'est autre chose que l'unisson.
Avec l'intervalle suivant, il en serait de même, puisque - ne fournirait que des octaves,
c'est-à-dire toujours des notes appartenant à la même échelle illimitée. Pour obtenir des sons nouveau.\, il faut pousser jusqu'aux rapports qui ne contiennentpas
e.\clusivementdes facteurs privilégiés, et avoir recours notamment aux rapports - (quinte) et ^ (quarte) qui sont engendrés par le plus petit des deux fadeurs ordinaires.
70. Si l'on se borne à annexer l'échelle située à une quinte de l'échelle initiale, la gamme rudimentaire dont on disposait précédemment se ti'ouve remplacée par la gamme beaucoup i)lus riche
i/o ré 1)1 i . sol . si do,
à laquelle nous donnerons le nom de gamme binaire, pour rappeler qu'elle est obtenue par la réunion de deux échelles.
Cette gamme suffit fréquemment pour écrire de la musique très simple, telle que celle des fêtes foraines ou des bals populaires; hn-squ'on entend d'un peu loin de la musique de ce
46 DICrXIEME PARTIE. — GENESE DES ECHELLES ET DES (iAMMES.
genre, il arrive souvent qu'on perçoit seulement les parties des basses dont l'ensemble constitue quelque chose d'analogue à
^^pN
àà
Ces notes sont celles de la gamme binaire que nous venons de former, c'est-à-dire celles de la gamme de do usuelle, moins le Ja et le la.
En s'approchant, on pourra peut-être constater que ces deux dernières notes existent dans les autres parties de l'orchestre: mais assez souvent ces sons n'auront qu'un rôle de notes d'agrément, et ne seront pas inhérents à la mélodie, en sorte que la musique se trouvera écrite dans une gamme binaire.
71. Si, pour obtenir une variété plus grande, on annexe à l'échelle initiale, non plus
seulement l'échelle située à l'intervalle -> mais les deux échelles situées aux inter-
valles - et ^, c'est-à-dire les quintes et les quartes des trois notes initiales, le résultat obtenu n'est autre que la gamuie
<lo ré mi ja sol ta xi do,
à laquelle nous donnerons le nom de gamme ternaire pour rappeler son mode de formalion au moyen de trois échelles.
Dominée Tonique DomiiKiiite
Ces échelles constitutives, qu'on peut se représcnler comme échelonnées par quintes, ainsi que le montre la figure précédente, recevront, elles aussi, des noms particuliers;