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ENESE DES ECHELLES ET DES GAMMES

ARTICLE IV. — Formes.

90. Pour rétude de la seule musique moderne, la considération des formes n'a pas grand intérêt; mais il est utile de les avoir définies avec précision pour aborder l'étude (les Gammes diverses (8" Partie), comme aussi celle des Transformations (3= Partie, Con~ i repoint, Chapitre 11).

Considérons une échelle, l'échelle majeure de do, par exemple; nous avons vu que, selon l'échelon par lequel on commencera l'échelle, celle-ci sera dénommée, savoir :

Aiithentiijiie : do, mi, sol, do.

Pla^ienne : sol, do, mi, sot.

Antiplaffienne : mi, sol, do, mi.

Mais di> même la ganmie fondée sur cette échelle pourra aussi être faite en partant de l'une ou de l'autre des trois notes de l'échelle tonique; elle se présentera ainsi sous trois formes différentes auxquelles nous donnerons les mêmes dénominations que pour les échelles correspondantes, savoir :

Gamme aiil/ienlit/iic : do ré mi fa snl la si do.

Gamme p/af;ienne : sol la si do ré mi fa sol.

Gamme antiplagienne : mi fa sol la si do ré mi.

Ce que nous venons de dire pour la gamme de do nuijeur normal pourrait se répéter pour une quelconque des gammes ternaires; il suit de là que la gamme ternaire de do admet deux modes, quatre genres et trois formes, d'où 2 x .3 x 1 = '.4 gammes possibles, dont douze majeures et douze mineures.

91. Le lecteur aura souvent l'occasion de remaniuer combien profondes peuvent être les différences qui existent parfois en musique entre les divers aspects d'une même cliose ('); ainsi une même suite de notes telle que

Fig. .17.

pi'ut être interprêtée de bien des façons dont les piincipales sont :

La gamme de mi, du mode phrygien dont il sera question plus loin, La gamme de mi, antiplagien de do majeur normal, La gamme de »»', plagien de la mineur normal.

Les exemples suivants sont formés de cette même gamme pi'ésentéc avec des rythmes, destinés à mettre en évidence les différences des divisions tonales, et avec des harmonies en rapport avec ces mêmes divisions.

Fisr. :)8.

Ml /dirvi^ii'ii.

(') Voir le renvoi du n" 180 {Dissonance).

CHUMTHK II. — (iENESE DES GAMMES.

AJ I iiiiiipldgien 'le l>0 a.v.

rnrL.^

Ml plagien de LA i y.

On voit que la g.iinme formée par les note.s dites naturelles pri>es de mi à mi peut rtre cunçue dans trois tonalités profondément différentes. Et il en existe d'autres; nous allons notamment en rencontrer une quatrième {voir le n° 92).

ARTICLE V. — Définition de la gamme.

92. Nous venons de voir que la gamme ternaire comporte huit variantes susceptibles d'affecter chacune trois formes. Nous trouvons donc déjà vingt-quatre gammes pouvant être foimées uniquement à l'aide d'une même note, rfo = i, par exemple, et de quelquesunes des notes formant avec do les rapports les plus simples (Tableau du n" 51, Consonance, i'" catégorie de ce Tableau).

Ces vingt-i]uatre séries de notes représentent-elles les seuls types de gammes possibles? Assurément non. Dans la majeure partie de cet Essai il ne sera question que de ces vingtquatre gammes ternaires, parce que ce sont elles que les modernes emploient principalement; mais, dans la 8= Partie (Gammes dii-erses), nous examinerons les autres types de gammes possibles.

Les gammes ternaires sont de beaucoup les plus employées, parce que, tout en étant très simples de constitution, elles sont fort riches en ressources; leurs principaux avantages seront signalés plus loin {voir 8= Pa-tie, Gammes diverses, n°' 594 et suiv.). Mais il existe bien d'autres gammes.

Considérons, par exemple, le troisième mode (ou troisième ton) du plain-chant; sa gamme est mi fa sol la si do ré mi, toute semblable en apparence aux trois gammes de mi données plus haut {voir n° 91); cependant l'exemple suivant :

r — VT

montre que cette tonalité a pour base deux échelles mi sol si et do mi sol liées entre elles par une parenté appelée ci-après connexion {voir 3= Partie, Contrepoint, n° 103), toute différente de la parenté appelée ci-après voisinage {voir 3' Partie, Contrepoint, n" 104) qui existe entre les échelles constitutives des gammes ternaires. Les gammes peuvent donc être fondées sur des échelles diversement groupées, et cette constitution est, comme

Si DKIKIÈMK PAUTIK. — GENÈSE DES ÉCHELLES ET DES G\MMES.

on le verra {Gammes diverses, n" o9.'i-), celle des gammes destinées à l'harmonie: aussi les échelles, qui sont les seuls groupements de notes entièrement consonants, ont-elles en musique un rôle prépondérant.

Mais faut-il conclure des exemples précédents que toute gamme est nécessairement formée par la réunion de deux ou plusieurs échelles?

Ici encore, la réponse sera négative. Nous verrons, par exemple (8" Partie, Gammes dà-erses), que la gamme du mode phrygien cilée ci-dessus (n-'Ol) peut être considérée comme formée d'échelles dont la plus haute présente un échelon supérieur déformé, etc. On peut même composer de la musique avec de simples lyres d'Orphée (') qui sont des séries de ti-ois sons ne formant pas échelle. C'est ainsi que l'exemple suivant (fiff. 60) aurait pu être écrit à l'époque où la musique, aussi pauvre et aussi rudimentaire que possible, ne comportait que des séries de ce genre, employées successivement (^) (et non simultanément, ce qui cùl pu constituer une gamme de sept sons semblable à celles de Pythagore).

li'VLYRE (La, Mi, Si.) A

Fijj-. 60.

LYEES jy ORPHEE

2°ieLYRE(Do,Sol,Ré.) A « A

3"FLYRE(Fa, Do, Sol.) A ^ A

Ainsi les gammes peuvent n'être formées ni d'échelles voisines, ni d'échelles connexes; elles peuvent même ne pas être constituées par un groupe d'échelles.

(') Jusiiu'ici, pour se coiifonner à l'usage suivi [jar Ijeaucoup d'autours, on a iléfiiii la lyre d'Orphée (u° 73)

comme étant une série de trois notes en quintes rapportée à son ternie médian ; exemple rfo /a so/ rfo = N : i U - 2.

Mais la plupart des faits musicaux sont susceptibles d'apparaître sous des aspects multiples; en particulier, une série de trois notes en quintes peut, comme on le verra (^ Rattachements, n" 245 et suiv.), être rapportée, soit à la note du milieu (médiaire), soit à la note la plus basse (géniteur). Ce second aspect est précisément celui sous lequel se

présentent les lyres de la ligiiro fio, lesquelles sont du type correspondant à la formule : sol do ré sol = ^ : 7 ' S k'

(') On renia quera que, pnur iiiic! musique écrite dans ce stylo, c'est-à-dire ,à l'aide d'un certain nombre de lyres d'Orphée, les harmonies du la quinte (1'° lyre) et de la quarte {2' lyre) conviennent parfaitement et méritent la faveur dont elles ont longtemps joui; même clans cette musique fort rudimentaire, la dissonance peut s'introduire (3* lyre) par un processus tout semblable à celui qui sera indiqué plus loin {voir 4' Partie, Dissonance). La dernière ligne de cet exemple conliciit ■;e (|ue l'on appellerait aujoiinriiiii une /irr/ii/i'.

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