Etablissons brièvement ces différents points
a. Les Traités qui formulent la loi de génération des accords par tierces superposées ne l'appuient jamais d'une démonstration rigoureuse, mais se bornent à dire qu'elle est conforme au.\ faits; or il est aisé de voir pourquoi pendant longtemps il a paru en être ainsi : d'abord les accords consonants étant formés de notes d'une même échelle, sont conformes à la pseudo-loi: quant aux accords dissonants, on verra plus loin (n"!"!) que pendau' longtemps on a principalement employé ceux qui ne sont formés que de deux échelles (Idssonants): or, dans un accord ainsi formé, si les échelles ont i ou 2 échelons en commun, il est évident que les notes s'échelonnent par tierces; et il en est encore de même si les deux échelles n'ont aucun échelon commun, car alors elles comprennent six des degrés de la gamme, c'est-à-dire toute la gamme sauf un degré; or, si l'on considère In figure suivante, représentant les sept degrés d'une gamme énumérés par tierces succes-
sives, il est évident que, si l'on fait manquer un seul de ces degrés, les autres n'en formeront pas moins une série de notes distantes de tierce.
b. On peut, sans offenser le goût, violer la pseudo-loi, et l'on trouve souvent en musique des groupements de notes non formés de tierces superposées, et néanmoins plus harmo-
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uieux (juf des supcrposilious; de tierces. Ainsi, en /«mineur {Jlg. 106), rassemblage 1 ( superposition d'une seconde à une tierce) donnera bien plus la sensation d'un accord que l'assemblage 2 (superposition de deux tierces). Semblablement, l'assemblage 4, dont on peut dire tout au moins qu'il est inusité, devrait être réputé accord puisque les sept notes de la gamme sont susceptibles d'être énumérées par tierces; tandis que l'assemblage 3, si fréquemment employé avant de résoudre sur la tonique, ne devrait pas être considéré comme un accord.
c. Il est vrai que, pour certains théoriciens, les assemblages i et 3 doivent néanmoins être réputi's accords parce qu'ils dérivent respectivement des séries de tierces
mi sol xi rc ol lo do /ni so/ c/,
dans lesquelles on a fait manquer quelques termes; mais, si l'on apporte cette atténuation à la rigueur de la loi de génération des accords par superposition de tierces, tout assemblage quelconque de notes devient un accord, puisqu'il peut être considéré comme dérivant lie l'accord \ privé de quelques-unes de ses notes (et affecté s'il y a lieu d'accidents convenables); dès lors le critérium permettant de distinguer un accord d'un groupe de notes quelconque disparaît, et la loi fondée sur lui devient illusoire.
157. Il n'y a donc pas lieu de tenir pour véritable la loi d'après laquelle un accord ne pourrait être formé que de notes susceptibles d'être échelonnées par tierces.
i;il.\l>ITRK II. — ACCORDS DISSONANTS NATURELS.