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CHAPITRE

ACCORDS DISSONANTS NATURKLS.

ARTICLE I. Genèse par réunion d'échelles.

158. L'espril huniaia piocmli' du simple au composé. Le niusicien primitif coiiiinencc donc par faire entendre successivement les notes que lui permet de réaliser l'instrument dont il dispose {mélodie). Longtemps la musique se réduit ainsi aune partie jouant seule, ou accompagnée par des parties semblables (à l'unisson ou à l'octave).

Mais le besoin de varier ses sensations conduit un jour le musicien à faire accompagner la partie principale par une ou plusieurs autres parties exécutant des notes diffi'rentes : dès lors V harmonie est fondée.

Au début, les sons produits simultanément forment entre eux des rapports très simples, c'est-à-dire sont consonants; ils appartiennent donc à une même échelle. Tant que les échelles sont employées successivement et sans se mélanger, l'harmonie reste consonante par définition.

Mais si, poussé par un plus grand besoin de variété, le musicien avance ou relarde certaines parties, des notes appartenant à des échelles différentes viennent à se faire entendre simultanément, et de cette rencontre d'échelles résultent des sensations encore inconnues et un ordre de choses tout nouveau : c'est la dissonance.

159. Les premières échelles (ju'on peut être ainsi conduit à mélanger entre elles sont évidemment les échelles A, T, D, constitutives du ton établi; mais de même qu'en harmonie consonante on oscille (') souvent dans les tons les plus étroitement alliés au ton principal (homotoniques, connexes, équiarmés, voisins), de même, en harmonie dissonante, on pourra associer entre elles des échelles autres que A, T, D, et notamment les échelles des tons équiarmés. Avant d'examiner ce que les harmonistes entendent par accords de septième, neuvième et onzième, étudions sommairement, pour fixer les idées, les accords dissonants qu'on peut former en associant les échelles A, T, D du ton, soit entre elles, soit avec l'échelle T de l'un des tons équiarmés.

Le Tableau suivant montre, tant pour do majeur que pour la mineur pris chacun dans les quatre genres, les résultats fournis par ces combinaisons.

( '; l'cniu: ilùCini jilus li;iii( (voir Genèses, stxoiul renvoi du ii' S.'!).

QLATniÈME l'.VRTIi:. — DISSONANCE.

ji

Jt

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•s:m;iii-j;i

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CIl.VPITBK II. — ACCORDS DISSONANTS NATIRELS. III

160. Il va de soi que ce Tableau, ne renfermanl que les combinaisons indiquées par le titre, est loin de contenir tous les dissonants dont il peut être fait usage dans les tons considérés. C'est ainsi, par exemple, que la combinaison des échelles do et mi (dernière ligne du Tableau de la mineur) est usitée, non seulement en /«mineur, mais aussi en dn majeur oi!i elle sert notamment à osciller de dn majeur à son corrélatif mi mineur; de même, la combinaison /« et la (7* ligne du Tableau d«' do majeur) sert aussi aux oscillations entre les corrélatifs la mineur et/« majeur.

Mais, même si l'on prenait la peine de former toutes les combinaisons d'échelles admissibles dans les tons de do et de la ci-dessus considérés, on n'en trouverait aucune qui fût fondée sur la note si. puisque cette note n'est base d'échelle dans aucun des tons du champ néant : c'est donc à tort que quelques harmonistes, dans leurs théories de la génération des accords, considèrent la note si comme base ou fondamentale de certaines combinnisons dissonantes appartenant aux tons du champ dont il s'agit.

161. Lee accords du Tableau du n" 13!) contiennent des dissonances de duretés inégales : ainsi, pour l'accord ré fa la do, la dureté est de l'ordre de la seconde majeure (renversemeht de la septième mineure existant dans l'accord considéré) ; au contraire, dans l'accord sol si ré fa la do, la dureté est de l'ordre de la seconde mineure (correspondant à la neuvième mineure si do, ou seconde mineure octaviée, contenue dans l'accord considéré).

Toutes les notes qui, dans le Tableau du n° 139, donnent lieu à une dissonance dure ou heurt, sont repérées d'une façon particulière, savoir : les notes si et do ainsi que mi et fa, formant les heurts des gammes d'armure néant, sont écrites en italiques; les notes sol, la; et sois, la. existant dans les genres ornés, sont en caractères gras; et les notes formant les heurts la, si ; et fa;, sol introduits par les genres pseudiques sont en petites capitales.

162. Tous les accords du Tableau peuvent être employés tels quels; toutefois, le plus habituellement, les musiciens font manquer l'une des deux notes qui formeraient heurt.

C'est ainsi qu'en do majeur l'accord réunissant les échelles T et D n'aura généralement

pas sa forme complète

do nii sol 17 ré,

mais plutôt l'une de ses deux formes abrégées,

soit : do mi sol . ré,

soit : ■ mi sol si ré.

Les théoriciens ne considèrent pas la première de ces deux formes abrégées comme un accord, à cause de l'interruption qu'on y remarque dans la série des tierces; cependant ce premier accord caractérise mieux encore que le second le mélange des échelles do et sol; le second accord, en effet, sonne comme un autre accord ayant une origine et un rôle tout différents : celui qui est formé par la réunion des échelles mi et sol.

163. L'accord réunissant les familles I) l't A donne lieu à une remarque absolunuml semblable. En do, cet accord complet est

sol si ré fa la do:

Ir heurt si do est évité dans les formes aiirégées

sol . ré fa la do:

sol si ré fa la

dont la deuxième seule est réputée accord; cependant la première caractérise mieux le mélange des échelles sol et fa, puisque la deuxième peut être confondue avec l'accord fourni par la réunion des échelles sol et ré, lequel a un rôle et une origine fort différents.

112 ylATRlEMK ['AIITIE. — lllSSONANCE.

Bien (jue l'accord formé par la réunion des échelles D et A dans les deux modes et dans les quatre genres contienne le maximum de notes et de dissonances qu'on puisse rencontrer dans le Tableau du n° 159, il n'en est pas moins praticable à Tétat complet, ainsi que le montre l'exemple suivant (') :

Fi-. 107.

Accord de 'h'"" de dominante

Cet exemple peut être joué, soit tel qu'il est écrit, en do majeur normal, soit dans les trois autres homotoniques comportant le xi naturel {do majeur orné et do mineur orné ou alternant), afin de vérifier que ces trois autres variantes (-) admettent également l'accord dont il s'agit.

Cet accord pi-is on majeur orné

sol

fa la ■• do

présente deux heurts, sol la/ et si dn.

Pour éviter l'un des deux heurts, on peut faire usage notamment de l'une des deux formes abrogées n"^ l et 2 données ci-après; pour éviter les deux heurts, il faut avoir recours aux abréviations numérotées de 3 à 6 :

sol

si

ro

si

si

rc rc

fa fa

la, la.

do

sol

si

ré

fa

sol

ré

fa

(lo

la.

do

Le n" i ne ditlere pas d'accords appartenant à d'autres genres. Le u° 5 n'est pas réputé accord, à cause des deux lacunes que présente la série des tierces. Quant aux autres numéros, ils contiennent /a^, et comme les théoriciens, ne faisant pas état de la tonalité majeure ornée, ne peuvent expliquer le ;? dont est affecté le VP degré de la gamme, ils considèrent généralement ces quatre accords comme empruntés au ton de do mineur.

(') Dans ci-t cxciiiiilc, l'accord ilurit il s'agit ici est celui iiui ccinmiciicc la tinisicmc mcsiiic; nu i>miriait lappck-r accord de onzième de dominante; si on le renverse en plaçant la tonique à la base, on obtient la combinaison que les harmonistes dénomment, tantôt accord de treizième tonique, tantôt accord de netwiènip de dominante sur-tonique.

C ) Dans les qnatri' autres variantes, le si-, pr(pdnirait une (grande durcie d.mt la cause a été indiquée par ailleni'S.

ClIAPnitK II. - VrCORllS DISSONANT» NATIKKI.S. I ij

On verrait dr même c^u'eii In mineur orni-, l'acrord réunissant les échelles D cl A mi sol; si rc' fit la

contienl deux heurts pouvant également être évités par l'emploi de six alirc^vialions. savoir :

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