K3SAI
la rattache au contraire à une suite de monnaies qu’il a décrites et qu’il attribue à des rois satrapes de Mathurâ et du Penjab oriental*. 11 revendique pourcesmonuments un caractère buddhique que Lassen avait mis en doute (p. 813, note) ; cette conjecture semble en effet confirmée par la présence de laroue (Prinsep, loc. cit., f. 1.5), d’une forme du caducée sur laquelle nous allons revenir (f. 12, 13), de Çrî (f. 21, comp. ci-dessous), du stùpa (f. 22), pour ne signaler que ces indices. Si Lassen a raison de chercher dans le Mâlava le lieu d’origine de ces monnaies, elles seraient du même coup rapprochées d’un groupe de médailles très grossières et très anciennes trouvées à Ujjayinî celles-ci à leur tour se comparent et s’associent naturellement par leurs caractères généraux àdes exemplaires fort antiques découverts à Behat®. Les unes et les autres sont à coup sùr de provenance buddhique ; les emblèmes dont elles sont frappées en font foi.
A ces monnaies, que j’appelle plus spécialement buddhiques, il faut ajouter une classe très différente et plus moderne ; représentée par de nombreux spécimens, elle réclame une place à part: je veux parler des monnaies des satrapes du Surâshtra \ Les médailles précédemment énumérées offrent une notable variété d’emblèmes dont la plupart s’accordent précisément avec ce que nous observons dans les reliefs des stùpas ; celles-ci présentent une grande uniformité. Les revers en sont régu-
* Journ, As. Soc. of. Beng,, 1854, p. 681, elc.
^ Journ. As. Soc. of Beng., 1838, pl. LXI.
® Prinsep, Essaye, I, pl. XX.
‘ Sur la place de ces monnaies des Senas, voyez les ingénieuses remarques de M. Oldenbergjdans la Zeitschrift für Numismatik, VIII, p. 309 et suiv.
lièrement marqués d’un mêmesymbole. Laparlie principale en est une figure composée de trois demi-cercles disposés sous une forme triangulaire au-dessus d’une base horizontale on lui attribue généralement^
depuis Prinsep, la signification du stiipa; pourtant sa ressemblance avec un symbole usité sur des monnaies mitbraïques y a fait chercher aussi, et par Prinsep luimême, la signification du feu adoré desiraniens*. Lassenconsidère que c’est ici la vraie valeur de ce symbole. Je pense, au contraire, qu’il n’a dans aucun cas cette signification \ ni dans les monnaies de Pantaléon où il est associé au svastika qui est un emblème indien et non iranien \ ni dans les monnaies des rois Indo-scythes où se rencontre constamment un mélange assez confus de types hétérogènes, et où l’emploi de symboles buddhiqiies ne saurait surprendre, ni surtout dans les monnaies de la présente série. On peut voir, par la compa-
' Voy. Edw. Thomas, Journ. Boy. As. Soc., XII, p. 25.
- Ind. Alterth., II-, 917.
® Il importe peu que la pyramide soit ici composée de trois demicercles, au lieu de cinq dont elle est formée sur plusieurs médailles de notre première série buddhique ; des exemplaires comme ceux de Prinsep, Essays, pl. XLIV, f. 3 (AmoghabhûtaouKrananda), XIX, f. 18,(monnaie de Jaunpur); Journ. As. Soc. of Beng. 1838, pl. LXI, f. 21. 27, 28 , 31 (monnaies d’üjjayanî) (cf. aussi Prinsep, Essays, pl. IV, t. 6) le prouvent clairement. M. Edw. Thomas [Journ. As. Soc. of Beng., 18&5, Tp. 58) a. nié d’une façon générale la signification spécialement buddhique de ce symbole. Il aurait été « originairement inspiré par le tumulus normal. » M. Thomas n’apporte pas une seule preuve véritable à l’appui d’une vue que tous les monuments écrits ou figurés tendent également à infirmer. Il est en revanche fort admissible que cette marque ait passé, avec une signification locale, ou simplement par imitation traditionnelle, sur les monnaies de souverains qu’elle n’autorise point à considérer, sans plus, comme des sectateurs de Çàkya. En ce qui concerne les rois Senas, cf. plus bas.
‘Masson, dans \e Journ. As. Soc. of Beng., 1834, p. 166.
ESSAI
raison de certaines médailles postérieures, issues de ce type même *, que, lorsqu’ils voulaient réellement représenter l’autel et le feu sacré, les graveurs indiens savaient trouver une forme plus distincte, comparable, celle-là, à ce que nous trouvons sur les monnaies sassanides L’emploi de cette figure sur des monnaies certainement buddhiques ne permet pas de douter qu’elle ait servi à rappeler le stùpa; il n’existe dans le cas particulier aucune raison d’y voir une sorte de doublet archéologique. On a interprété en faveur du caractère iranien de ces monnaies la présence de deux autres emblèmes; le croissant et un cercle de six points groupés autour d’un point central plus gros où l’on reconnaît une représenta-
' Journ. Soc. of Beng., 1835, pl. XLIX, 13-15. Cf. Ariana ant.. pl. XXV, fig. 28, 29.
® Le même symbole revient sur une monnaie d’un Satyamilra (Prinsep, Essaye, pl. XXXIV, f. 22) auquel, de même qu’à Vijayamitra {ibid.), Prinsep supposait, en raison du nom de « Mitra, » des attaches milhraïques, iraniennes ; le vardhamâna et même le buffle permettent plutôt de penser à des séries buddhiques. Les noms font, d’autre part, songer à la dynastie des Çungas où les Purânas nomment Pushpamitra, Agnimitra, Vasumitra, Vajramitra (Lassen, Ind. Alterth,, II, 366). Cf. cependant les vues bien différentes de Lassen, II, 950. C’est peut-être au Bhâgavata de cette famille qu’appartiendrait la monnaie buddhique qui est marquée de ce nom (Prinsep, Essaye, pl. VII, f. 4). Il faudrait dès lors admettre que la haine du buddhisme attribuée au fondateur de cette dynastie, célèbre par ses persécutions, n’aurait point été héréditaire. M. Edw. Thomas {Journ. Roy. As. Soc., new ser., I, 479 n.) voit dans ce nom la désignation du Buddha en personne, et il faut avouer que l’exergue paraît porter, non « Bhâga® « (comme une faute d’impression le fait dire à M. Thomas), mais « Bhagao. » Il est en tous cas invraisemblable que ce type d’homme armé du trident vise une représentation du pacifique docteur; il est à peu près certain que le nom dont il est entouré, et dont les deux derniers signes ne sont pas du reste suffisamment distincts (Prinsep, I, 117), désigne bien le roi auteur de la monnaie.
sim LA LÉGENDE DU BUDDHA
tiondes cinq planètes complétées par le soleil et la lune *. Quelles que soient la valeur véritable et l’origine première de ces images, deux faits sont certains; d’abord le croissant paraît fréquemment sur des monnaies évidemment buddbiques - où d’ordinaire il couronne le stùpa, comme ferait le parasol; en second lieu, la « constellation » revient, très-clairement à ce qu’il semble, sur X l’avers de la monnaie toute buddhique et à coup sùr nullement iranienne de Bbàgavata Il y a plus : un étendard figuré dans un relief à Sanchi * et surmonté, comme tous les étendards buddbiques dans ces monuments, du vardbamâna, porte ensemble les deux emblèmes en question; il importe peu que les sept astres de la « constellation » n’affectent pas la disposition symétrique décrite ci-dessus; c’est là une déviation accidentelle déterminée par la nécessité de remplir la place disponible; l’identité du nombre de sept étoiles et le voisinage immédiat du croissant ne laissent point d’bésitation sur le rapprochement ^ Les acteurs de la scène, groupés autour de cet étendard, sont précisément occupés à rendre, au son des instruments, leurs hommages et leurs respects au stùpa. Il n’y a donc aucune incompatibilité dans l’association de ces trois symboles.
* Lassen, p. 918; d’après M. Edw. Thomas, loc. eit., p. 26.
* Cf. par exemple la monaaie de Vishnudeva, Prinsep, Essays, pl. VU, 1. Voy. Lassen, II, 943-944.
® Prinsep, Essays, pl. YII, f. 4.
^ Fergusson, pl. XXVIII, f. 1 .
5 A Bôrô-Boudour, un relief (pl. CCCXCII de la publication du gouvernement néerlandais) figure de même le soleil, la lune et sept constellations (sans doute les cinq planètes avec Ràhu etKetu), et les montre, semble-t-il, environnés d’un respect presque religieux. Cf. encore le soleil, la Iqne et les étoiles qui ornent le dais du Bodhidruma dans le Mahâstûpa à Ceylan (Mahâv., p. 179, v. 14).
ESSAI
Nous pouvons reconnaître le stùpa sur les monnaies du Surâshtra.
Ce point était important à établir pour bien juger du dernier symbole, le moins transparent de ceux qui figurent dans cette série. Le stiipa y est régulièrement accompagné d"une ligne ondulée qui court horizontalement au-dessous de sa base. M. Thomas qu’a suivi Lassen*, s’appuyant, par un procédé assez singulier, sur l’analogie de l’hiérogl}q)he égyptien qui signifie l’eau, y a cherché un symbole de l’Océan Depuis, le même savant nous a fourni lui-même le moyen de rectifier cette première hypothèse. Le type des monnaies qu’il dit « de Krananda » présente une figure tout à fait analogue à celle des Senas, avec cette différence purement extérieure que le stùpa est formé de la superposition de cinq demicercles, au lieu de trois. Commentant l’exemplaire dont il donne une reproduction nouvelle, M. Thomasexplique sans hésitation la ligne ondulée comme un symbole du serpent ‘ ; M. Fergusson cite la même médaille et s’associe à cette explication®; il ajoute que cet emblème se retrouve sur la plupart de ces anciennes monnaies.il est certain que la même ligne ondulée reparaît dans le
’ Loc. cit., p. 25.
^ A coup sûr, Steuart s’exprimait peu exactement, quand, dans la première description de ces monnaies [Journ. Roy. As. Soc,. IV, 274), il attribuait à cette figure la forme d’un arc.
* Journ. Roy. As. Soc., new ser., I, 475. C'est pourtant en décrivant cette monnaie que Prinsep avait d’abord songé à chercher dans le présent emblème une image de la mer {Essays, I, 83). Quanta Lassen, il demeure incertain sur sa signification dans cette série; car il lui paraît difficile de penser que, comme dans les monnaies du Surâshtra, le symbole en question y signifie « l’eau. » {Ind. Alt. II, 820, note 2).
® Treeand Serp. Worsh., p. 1C2, note.
Srn I.A I.ÉGKNDE DU BUDDHA
plus grand nombre des exemplaires de cette série toujours accompagnant l’image du stùpa; dans quelquesuns seulement, elle prend place au-dessous de la gazelle*, et laforme qu’elle afi’ecte s’accorde assez mal avec ce symbolisme de l’Océan qu’on y a cherché ; il est plusieurs cas, au contraire, où, malgré un dessin nécessairement conventionnel, elle rappelle décidément laforme du serpent Mais l’impression est particulièrement frappante dans des monnaies delà dynastie desDevasde Jaunpur\ où le « serpent » est figuré au-dessous de la roue et de l’arbre Sur certaines monnaies de cuivre des Senas % qui, d’ailleurs, reproduisent exactement les emblèmes des monnaies plus précieuses, la ligne ondulée se modifie d’une façon remarquable ; elle y est divisée dans sa partie centrale en deux branches qui laissent entre leur écartement une ouverture oblongue. Cette forme exclut évidemment l’ancienne hypothèse sur ce symbole; or son identité essentielle sous ces deux figures
' Cf. par exemple, Prinsep, Essays, pl. IV, 1, 2; XIX, 16 ; XLIV,
2 Par exemple, ibid., pl. XX, 48.
® Comme pl. XLIV, 5, 8, rev. et av. On peut comparer aussi, pl. VII, 2, une monnaie de Behat, appartenant à une classe voisine.
* Journ. As. Soc. of Beng., 1838, pl. LX, 4, 5. M. Fergusson {Tree and Serp. Worsh., p. 69, note 1) a bien reconnu le serpent. Mais il va évidemment trop loin quand il affirme que sur toutes les monnaies de cette série le serpent est le principal emblème. Je ne parle pas de la surprenante attribution qu’il risque, en donnant ces monnaies à la famille desNandas, encore moins des conclusions qu’il tire de prémisses si fragiles. — Le serpent paraît encore, mais audessous de la figure du roi, dans les monnaies de Ràmadatta {Journ. As. Soc. of Beng., 1838, pl. LX, 22, 26).
5 Peut-être devons-nous reconnaître le même emblème, et celte fois placé verticalement, sur certaines médailles, comme cette monnaie à légende arianique reproduite dans Prinsep, Essays, pl. XLIV, 1, av.
' Thomas, Journ. Boy. As. Soc., XII, pl. II, 27-32.
ESSAI
serait démontrée, s’il était nécessaire, par la comparaison d’autres monnaies de la même série *. Cette particularité ne laisse point que d’être instructive . Diverses médailles dites «des satrapesbuddhistes » portent au revers une figure qui se rapproche sensiblement de cette nouvelle forme de notre emblème, bien que l’ouverture centrale en soit beaucoup plus accusée ^ A son tour, par la forme qu’en prennent les extrémités, cet emblème (M) se rattache à une figure d’une monnaie bactrienne ® oùPrinsep areconnule caducée, qui s’observe, très analogue, mais plus distinct, sur les monnaies de Ménandre et de Mayas. Or, le caducée, c’est le serpent lui-même, non seulement par son origine et sa signification mythologique, mais directementetdans la forme parfaitement claire que lui donnent certaines monnaies indiennes, comme ce typede Mayas reproduitparPrinsep‘. Sans vouloir exagérer la portée de cet enchaînement, les anneaux en sont assez étroitement reliés pour qu’on y trouve une confirmation sérieuse de notre interprétation de « la ligne ondulée. » Il eût été étrange qu’un symbole qui sur les stùpas est reproduit aussi souvent que le Nâga manquât tout à fait sur des suites de médailles dont le caractère buddhique ou tout au moins les attaches buddhiques sont si évidentes. Toutes, d’ailleurs, appartiennent à une période voisine de l’époque àlaquelle sont attribués les plus anciens de ces monuments. Est-ce à dire qu’il faille nécessairement considérer la dynastie du Surâshtra comme ayant professé le buddhisme ?
’ Loc. laud., f. 33 et 34.
2 Prinsep, pl. XLIV, 12, 13, 14, 16.
3 Prinsep, pl. XXVIII, 15; p. 358.
* Essays, pl. XIII, 4, rev.
C’était le sentiment de Prinsep; Lassen y contredit ’ ; M. Thomas prenant une position en quelque façon intermédiaire, voit dans ces chefs, sur des indices assez vagues, des adorateurs spéciaux du soleil Le fond de la question est pour nous indifférent. Il est certain que, si les emblèmes des monnaies devaient être considérés comme un critérium décisif, c'est pour le buddlîisme qu’ils nous autoriseraient à revendiquer ces souverains.
Le seul fait que nous ayons l’intention de retenir est indépendant de cette considération générale. Nous venons de constater que le serpent apparaît associé, aussi haut que nous puissions remonter, à tous les autres symboles familiers aux buddhistes, que d’ailleurs il se rencontre un peu partout dans les régions qui ont fourni un contingent de monuments numismatiques. Il semble enfin que ces monuments rapprochent avec une insistance frappante, intentionnelle et significative, le serpent et le stùpa. On va voir combien ces données s’accordent avec celles qui résultent des reliefs de Bharhut, de Sanchi, d’Amravati.
‘ Prinsep, Journ. As. Soc. of Beng.; Lassen, Ind. Alt., II, 918, 923 et 924. Il est certain que les raisons sur lesquelles s’appuyait la conjecture de Prinsep ne sont plus acceptables; en revanche, il ne faut point invoquer le nom de Rudradàman comme une preuve décisive en sens opposé. Outre que la signification en est en quelque sorte contrebalancée par le nom de Sainghadâinan, il suffit de rappeler, par exemple, cette inscription de Mathurâ mentionnant un don fait par des Jainas du nom de « Çivadâsa » et de « Rudradâsa » (Cunningham, Archæol. Surv., III, p. 32, 33, inscript, n® 9). Je ne parle point du nom d'Içvaradatta, sur lequel Lassen observe luimême qu’on ne peut fonder d’induction solide.
* Loc. cit. p. 26, 28.
^ Depuis, M. Thomas paraît s’être rapproché du sentiment de Lassen, mais par des raisons dont on a vu tout à l’heure l’insuffisance {Journ. Asiat. Soc. of Beng., 1865, p. 58).
ESSAI
Sur tous ces monuments le Nâga revêt tour à tour deux formes bien tranchées et deux rôles très différents, surtout au premier aspect. Il y a les représentations hiératiques et les représentations anthropomorphiques ou légendaires. Dans le premier cas, le serpent est figuré sous la forme animale, mais avec plusieurs têtes, cinq ou sept ‘ d’ordinaire. M. Fergusson pense que sous cette forme, le Nâga est dans les monuments en question l’objet d’un culte véritable, d’une vénération si accusée que, suivant lui, elle le mettrait de pair avec le Buddha lui-même *. Deux ordres de sujets paraissent surtout avoir fait naître cette illusion. Un relief de Sanchi ® nous montre une sorte de cabane couverte en forme de coupole, entourée d’hommes dans l’attitude de l’adoration ; sous cet abri le serpent à cinq têtes occupe une place évidemment importante. M. Beal en reconnaissant dans cette scène la conversion des Kâçyapas, a définitivement écarté les premières conjectures de M. Fergusson sur les prétendus Dasyus, adorateurs du Nâga. On ne saurait plus méconnaître dans le feu sacré qui brûle sous les chaperons étendus le vrai objet de l’adoration, dans le Nâga le génie protecteur de Yagnyagâra\ il est en quelque sorte un hôte^ après tout secondaire, il
’ Dans un spécimen des sculptures d’üdayagiri donné par M. Fergusson {Tree and Serp. Worsh.. pl. G, f. 3 et 4), le serpent est figuré avec trois têtes. La multiplicité seule en est caractéristique ; c’est un trait commun dans toutes nos mythologies à plusieurs monstres nuageux. Le nombre spécifié en est variable et indifférent. Les serpents détruits au sacrifice de Janamejaya ont trois, sept, dix têtes; Çesha en a mille, etc. (Comp. Gubernatis, Zool. Mythol., II, 416, etc.)
* Fergusson, p. 173, 178, 202, 219, al.
s Pl. XXXII.
‘ Joiirn. Roy. Asiat. Soc., new ser., V, 177.
n’est pas le titulaire du petit temple. Amravati ‘ nous fournit, dans un exemple tout analogue, un parallèle complet : ici encore le serpent fait cortège à l’objet véritable du respect que manifestent les ascètes ; il n’est que le gardien des pieds sacrés. Il ne peut subsister aucun doute sur ce point. Nous voyons à plusieurs reprises tout l’appareil de la vénération et du culte réuni autour de constructions semblables, où manque toute trace du Nâga -. C’est un trait décisif pour son rôle dans ces monuments qu’il n’y apparaît jamais seul, mais invariablement associé à des images, à des symboles bien connus et auxquels s’adresse certainement l’adoration ; il enveloppe dans ses replis et ombrage de ses chaperons ou le Buddha ® ou les pieds sacrés qui en sont l’emblème le plus direct. Loin de recevoir un culte dominant, le Nâga est ici subordonné aux images révérées; il en est en quelque façon l’ornement et comme le cadre traditionnel. C’est ce que prouvent les scènes où des Nâgas à forme humaine adorent par exemple les pieds sacrés abrités sous le serpent à cinq têtes. L’intention des artistes ne pouvait être de les montrer se rendant un culte à eux-mêmes, à des représentants de leur propre espèce
Cependant, parmi les stùpas en miniature figurés à Amravati, plusieurs portent à leur place d'honneur l’image du Nâga à cinq têtes ®, et c’est évidemment sur