‹ Essai sur la leucoplasie primitive de la vessieChapitre 11 sur 16 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

(Personnelle, recueillie dans le service de clinique des voies urinaires de M: le professeur Escat.)

Leucoplasie vésicale primitive nm M. P , âgée de trente-deux ans, entre à l'hôpital pour hématuries.

Antécédents : réglée à dix ans. À eu six grossesses dont la dernière il y a deux ans. Trois enfants sont encore vivants et trois sont morts, l’un de grippe, l’autre de

méningite, le troisième d’athrepsie: A perdu trois frères

ou sœurs en bas âge.

La malade souffre depuis deux ans de la vessie, au début et à la fin de la miction. Les urines étaient légère: ment troubles avec de petites hématuries terminales à intervalles irréguliers. Le 20 juin 1919, accès dé rétention complète durant vingt-quatre heures et nécessitant l'intervention d’un médecin qui ramène au sondage uné urine sanglante. Après cet accès la malade urine normalément, mais les hématuries continuent, d’ailleurs peu abondantes. Depuis le 1‘ novembre, la malade a des crises de rétention accompagnées de douleurs violentes et l’oblhigeant chaque fois à appeler un médecin qui ramène à la sonde du sang noir. Entre les sondages, l'urine continue à être sanguinolente. Le 8 novembre, elle urine un calcul gros comme un pois. Le 19 novembre, la malade entre à l'hôpital, ayant eu la veille une crise de rétention et se plaignant encore de douleurs violentes avec envie d’uriner ; on la sonde eton ramène du sang. Le

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21 novembre, nouvelle hématurie très abondante, aspiralion des caillots et lavage de vessie. Essai infructueux de cystoscopie ; on place une sonde à demeure. Quinze jours après, nouvelle eystoscopie qui est alors facile. On voit une ulcération saignante sur le côté droit du trigone, source très nette de l'hémorragie, les orifices urétéraux sont béants et très dilatés. Lé bas-fond vésical a perdu le caractère normal ; là muqueuse est blanchâtre et le lacis vasculaire est effacé ; il y a là un état de kératinisation, un léger degré des’leucoplasie. La béance des orifices urétéraux est de cause indéterminée. Les urines sont limpides au moment de l'examen.

Traitement par antiseptiques internes : urotropine et salol et par des cautérisations au moyen d'instillations de nitrate d'argent deux fois par semaine.

Le 21 janvier 1920, la malade est revue : elle n’a plus d’hématuries, plus de, douleurs, etles urines sont limpides.

À l'examen cystoscopique, on constate la béance des deux orifices urétéraux qui ont presque le calibre d’une bougie 20. Toute la zone du trigone est kératiniséeet a perdu le caractère normal de la muqueuse vésicale : on ne voil pas de lacis vasculaire. Chaque orifice urétéral est circonscrit par une arcade, surtout à droite, ebayant un léger aspect cicatriciel. On constaté une desquamation de l’épithélium qui se traduit par un cercle blanchâtre environnant l'urètre droit ; cette ligne se déplace en dehors avec les éjaculations de l’uretère, elle est refoulée comme une vague, on constate à diverses reprises Ja reproduction de ce cercle; on constate également le même cercle autour de luretère gauche.

BB

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