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DE LA FEMME

■ Une mère de famille doiL avoir un esprit mûr, ferme, appliqué et expérimenté pour le gouvernement. »

Fénei.ox.

De tous temps les rapports des sexes ont préoccupé les législateurs. Tous ont senti l'importance de ces rapports, dont la liberté plus ou moins étendue a notablement influé, non-seulement sur les mœurs, mais encore sur les formes politiques des sociétés. Ajoutons que tous ont paru poser en fait l'infériorité, si ce n'est même la perversité de nature du sexe \o plus faible; d'où

ils ont déduit en droit une incapacité religieuse,

civile et politique, plus ou moins accusée selon les temps et les lieux, mais constituant pour la femme, même aux époques les plus favorables, chez les nations les plus civilisées, un état de tutelle assez voisin de l'état de servage. Les lois de l'Europe sont unanimes à conférer l'autorité au mari et à lui subordonner la femme; les jurisconsultes anciens et modernes tombent d'accord sur ce point; les coutumes ne varient que dans le degré de dureté ou d'ignominie [ag) sous lequel elles courbent la moitié du genre humain. Chez un grand nombre de peuples anciens (les Arabes, les Egyptiens, les Hébreux, etc., etc.), on se croyait souillé par le commerce, même légitime, des femmes, et l'on s'en abstenait la veille des sacrifices. Les rabbins ne croyaient point la femme faite à l'image de Dieu. Mahomet décide la supériorité des hommes, leur accorde une part double d'héritage, et veut «pie la femm

obéisse. Les constitutions apostoliques parlent le même langage. Chez les Romains, le mari peut tuer sa femme qu'il trouve ivre. La loi des Bourguignons veut qu'on étouffe dans la fange celle qui aurait renvoyé son légitime époux. L'Ecriture sainte lui enjoint d'être soumise à l'homme comme à son maître, et jusque dans l'Evangile, ce livre de mansuétude et de bienveillance divine, nous rencontrons une parole très-dure, adressée par Jésus à sa mère : « Femme, qu'y a-t-il de commun entre vous et moi? » Ce consentement universel semble imposant, mais je ne le crois pas fondé en raison. Je n'invoquera1 point ici des exceptions, même nombreuses; on sait que la nature ne trace nulle part de limites arrêtées : il naît des hommes efféminés et des femmes viriles, comme on voit des êtres qui participent à la fois de la vie végétale et de la vie animale. Ceci ne prouve rien. Il s'agit seulement de constater le caractère général du sexe.

En formant la femme pour une destination

autre que celle de l'homme, la nature l'y prédispose par une structure plus délicate, par une complexion plus souple, par un tempérament qui conserve toujours quelque chose du tempérament des enfants, et qui l'incline plus généralement à la vie affective et de relation qu'à l'exercice abstrait et spéculatif de la pensée.

Mais devons-nous induire de ces différences physiologiques que la femme est par sa nature incapable de liberté morale? Est-ce un vain mythe qui nous la montre, à l'origine du genre humain, curieuse, c'est-à-dire libre ("*), étendant la première une main hardie vers le fruit de la connaissance'.' L'antiquité grecque obéiss, lit-elle au caprice d'une imagination fantasque eu donnant à la sagesse la forme et la beauté d'une femme? Existerait-il entre l'énergie de ses penchants et la puissance de ses concepts une disproportion telle qu'elle se vît condamnée

à agir sans discernement, connue L'enfant et la

brute, et qu'elle ne pût aspirer à la dignité d'une volonté libre?

L'histoire, qui a conservé tant de traits héroïques de la grandeur morale du sexe faible, est là pour répondre. Que la théologie chrétienne ait déduit l'infériorité de la femme de ce qu'elle avait élé créée après l'homme et d'un peu de sa chair, de ce qu'elle avait prévariqué avant lui à la loi divine, de ce qu'enfin Jésus- Christ avait donné les ciels du ciel à saint Pierre et non à Marie, sa propre mère, ce sont des arguments <pie l'Eglise n'oserait reproduire aujourd'hui.'Que la législation des sociétés fondées sur la conquête et maintenues par la force du glaive ait proclamé la suprématie de l'homme sur la femme, incapable d'accomplir le service militaire et par conséquent de posséder un fief, cela se comprend de soi. Mais, à mesure que la civilisa* lion se perfectionne, que les mœurs s adoucis*

seul et que la puissance morale substitue sa stabilité aux convulsions de la force brute, l'inégalité tend à décroître, et l'homme sent davantage combien le soin de son propre bonheur, ici comme partout, est d'accord avec les exigences de la justice, combien la grandeur de la femme est inséparable de sa propre grandeur.

Les lois qui retiennent le sexe féminin dans l'asservissement ou l'infériorité sont des lois inintelligentes, restes de la barbarie ["*). La femme, qui, par suite de ces lois, est demeurée astreinte à un régime mental inférieur, n'a pu être épouse et mère qu'imparfaitement. Des maux incalculables sont nés de celte erreur fondamentale. L' hypocrisie et la déloyauté dans la société, l'aridité de la vie, la désolation du mariage et jusqu'à l'appauvrissement des races, en sont les conséquences funestes.

Dans l'état de choses encore subsistant, malgré tous les progrès accomplis, rien n'est en-

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core réglé; tout demeure arbitraire, inconséquent; tout est hasard. La destinée des femmes varie aulant que peut varier le capriee d'un indi\idu, contenu, il est vrai, par la douceur des mœurs, mais en dernier ressort maître absolu; et le plus souvent l'homme, qui ne devrait avoir que d es rapports d'égalité avec sa compagne, demeure dans des rapports de supériorité qui faussent les indications de la nature (aj). La loi et les coutumes ne lui donnent, suivant le rang qu'il occupe dans la hiérarchie sociale, qu'une servante, utile ou une esclave gracieuse; il en résulte que ses devoirs envers elle participent plus de la paternité que de la fraternité ou conjugalité. lia femme, dix-huit siècles après la venue du Christ, montre encore tous les vices de l'esclave et tous les défauts de L'enfanl : l'esprit de vengeance et de mensonge, dans les classes inférieures; dans les rangs élevés de la société, une mobilité impérieuse, des goûts frivoles, des caprices cruels;

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