‹ Essai sur la libertéChapitre 30 sur 32 · MITES · texte numérisé non relu

MITES

que la guerre est divine dans ta gloire mystérieuse qui l 'environne, divine dans la protection accordée aux grands capitaines, divine par la manière dont elle se déclare, divine encore dans ses résultats et par l'indéfinissable force qui en fait le succès, etc., etc. Pour me servir de sou expression, voilà qui étonne ïétonnemenl même! Quel sujet de méditation, pour nous qui considérons la guerre comme un fléau, un reste de barbarie, destiné à céder peu à peu devant la civilisation nouvelle, que de voir un tel esprit renoncer à La justifier humainement, et se réfugier éperdu dans la volonté de Dieu, cet asile de l'ignorance, comme l'a dit Spinoza!

. NOTE [bg), page 177.

Remarquons encore au passage combien aux découvertes industrielles ou scientifiques se rattachent promptement des effets moi aux. L'imprimerie, la boussole, la vapeur, etc., ne servent-

elles point la liberté, la morale, en étendant leur domaine? D'où vient donc ce déchaînement des prétendus spiritualistes contre le matérialisme supposé des intérêts industriels, comme si tous les progrès de l'industrie n'avaient pas pour fin d'établir de plus en plus la suprématie delà force

intellectuelle sur la force corporelle

NOTE ihh), page 178.

« Il est nécessaire que les officiers s'occupent avec un soin particulier d'inspirer aux soldats la confiance; sans ce lien intime on ne peut compter sur rien. » Mahmont.

NOTE (M), page 170.

« On peut aussi l'employer (le soldat) à des travaux publics importants, associer comme récompense l'histoire des régiments aux créations qu'ils auront exécutées, en leur donnant leur nom. » Marmont.

NOTE (bj), page 180.

« Pense-t-on que, telle qu'elle est constituée, l'armée soit tout ce qu'elle peut, tout ce qu'elle doit être? Pense-t-on qu'arracher violemment tous les ans à leurs familles et à leurs travaux quarante mille hommes laborieux, choisis parmi les plus robustes et les mieux faits, pour les rompre péniblement à l'habitude du désœuvrement et les envoyer se corrompre d'esprit et de corps dans les faubourgs des villes, tout cela dans l'éventualité de guerres qui deviennent chaque année moins possibles, pense-t-on que ce soit là le dernier mot de la civilisation'.'

Emile de Girahdin, De l'Instruction publique.

NOTE [bk), page 182.

« Il n'est point de destinée plus malheureuse, plus affligeante, plus accablante, que d'être réduit par le sort à passer les jours dans un travail

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perpétuel; c'est vivre dans la condition d'un pauvre esclave qui paye de son repos et de su liberté le petit et court plaisir de respirer en se connaissant misérable. Hélas! c'est néanmoins presque partout le destin de 1 ouvrier. »

Th. Morïis.

>OTK (bl), pyg,. 183.

« Cependant ces pauvres travailleurs vivent si pitoyablement; leur nourriture, maigre, sècbe, mal préparée et de mauvais suc, sans parler des autres besoins, tout cela, dis-je, les rend si misérables, que la condition des bêles de charge et de voiture paraît plus heureuse que ia leur; car en lin ces bêtes ne portent ni ne traînent pas toujours; ou ménage leurs forces, on a grand soin de les faire reposer; d'ailleurs, leur nourriture n'est guère moins bonne que celle des bas artisans; les animaux brutes savourent même plus agréablement leur mangeaille; et, déplus, l'enfer et la briî-

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lure éternelle ne les inquiètent point. Mais, pour les ouvriers du bas étage, pour peu qu'ils soient capablesde réflexion, chose très-rare, ils doivent mourir tous les jours de se voir, par leur cruelle destinée, attachés à une chaîne de fatigue qui leur fournit à peine pour le présent de quoi ne pas périr de faim; et lorsqu'ils pensent que ce travail stérile et infructueux les conduit droit à une vieillesse infirme et dénuée de tout, une prévoyance si bien fondée est un ver qui les ronge et qui ne leur donne point de relâche. Je dis prévoyance bien fondée, car cet artisan gagne un salaire si petit que c'est tout ce qu'il peut faire de pouvoir se soutenir depuis l'aurore jusqu'au soleil couché. Gomment donc pourrait-il trouver du reste et mettre charpie jour quelque chose à part, pour s'en servir quand le temps lui aura blanchi la tète et affaibli le corps? o

Tu. Mords, Idée d'une république heureuse.

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