Salnt Augustin, Opus imperf., 3, XXIV
12 ESSAI SUR Ul liberté MORALE
n'est-il pas l'auteur de nos défauts, de nos passions, de nos vices? Si à lui seul reviennent le mérite et l'honneur de nos bonnes actions, ne faudra-t-il pas lui imputer aussi nos péchés et nos crimes? Si la volonté de Dieu est la seule cause de tout ce qui se produit de bien dans le monde, peut- on sans contradiction refuser de la regarder comme la seule cause du mal? et, d'autre part, peut-on sans contradiction attribuer à Dieu la responsabilité du mal? Les adversaires de la Providence ont toujours eu beau jeu à faire le relevé des imperfections du monde, des misères physiques et morales de l'homme : pour cela, ils n'ont eu qu'à suivre l'exemple des apologistes de la Providence *. Le fatalisme théologique, sous quelque forme qu'il se présente, est donc incapable de satisfaire aux exigences de la raison.