‹ Essai sur la liberté moraleChapitre 15 sur 87 · Séitèque, (Edip · texte numérisé non relu

Séitèque, (Edip

ordre résulte de la nature même des choses, c'est l'enchaînement fatal des causes et des effets ^ : « Fatum nihil aliud est quam séries implexa causarum... cùm causa causae nexarem ex se gignat *. » La loi suprême de la destinée n'est autre que la parfaite raison. Étant donné ce qu'étaient originellement les choses, un certain ordre de phénomènes s'est manifesté, un certain nombre de lois se sont établies qui ne pouvaient être autres qu'elles ne sont et qui ne sont susceptibles d'aucun changement : « Fati haec prima lex est, stare décrète ^ » Ce qui se produit aujourd'hui est le résultat d'une loi éternellement vraie ou, pour parler plus clairement, il a été vrai de toute éternité que les choses suivraient ce cours : « Ut, quidquid accidat, id ex aeterna veritate causarumque continuatione fluxisse dicatis *... Olim constitutum est quid gaudeas, quid fleas ^, » Pour que tel fait n'eût pas lieu et pour qu'un autre se montrât à sa place, il eût fallu qu'une cause ne produisît pas son effet, qu'un effet apparût sans cause ou bien que les lois du monde fussent modifiées, ou bien encore

1. « Fatum est, inquit Chrysippus, sempiterna quœdam et indeclinabilis séries rerum et calena, volvens seraetipa sese et împlicans per seternos consequentiœ ordines, ex quibus apta connexaque est. » Aulu Gelle, Nuits attiques, II, 1.

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