CicÉRON; de Div.t I, lv
3. « Sapientis quoque viri sententiam negatis posse mutari : quanto magis Dei? » Sénèque, Qiissst, nat,, II, 35, 36.
4. CicÉRON, de Nat, D., I, 20, 5Ï. — Gf. de Divin., I, lv, 125 : a Ea est ex omni aeternitate fluens veritas sempiterna. »
5. Sénèque, de Prov,, V. — Ibid. « Scio omnia certa et in œternum dicta lege decurrere... Gausa pendet ex causa : privata ac publica longus ordo rerum trahi tw » — Gf. Marc-âurèle, Comment., IV, 26 ; X, 5.
que la nature primordiale des choses fût tout autre. Tels sont les principes de ce que Montaigne appelle « Ip grand cours de Funivers et Tenchaisneure des causes stoïcques... Votre fantaisie n'en peut, par souhait et imagination, remuer un point, que tout Tordre des choses ne renverse, et le passé et l'avenir *. » Le fatalisme stoïcien a donc un caractère scientifique et surtout logique. Parmi les preuves qu'ils apportaient à l'appui de leur système, ils développaient avec une prédilection marquée un argument fourni par la logique. On sait que de deux propositions contradictoires l'une est nécessairement vraie, l'autre fausse. On ne peut concevoir que ces jugements : ^ La neige est blanche ]», «: la neige n'est pas blanche », soient vrais tous les deux, mais ils ne peuvent pas non plus être tous les deux faux. Considérons maintenant ces deux propositions : « Il y a eu hier une bataille navale », « il n'y a pas eu hier de bataille navale » : la même règle trouve encore son application ; nous sommes certains que de ces deux propositions l'une est vraie et l'autre fausse. Qui ne voit qu'il en est évidemment de même si les deux propositions se rapportent à l'avenir : « Il y aura demain une bataille navale », « il n'y aura pas demain de bataille navale » , ou, pour prendre un autre exemple : « Œdipe tuera son père », « Œdipe ne tuera pas son père ». L'une de ces deux propositions est dès maintenant absolument vraie; or à quelle condition cela est-il possible? A condition que ce qui