Lucrèce, H, 257 sq
Libora
Unde est hœc, inqaam, fatis avolsa voluntas
Per quam progredimur quo ducit qaemque voluptas?
Declinamus item motus, nec tempore certo,
Nec regione loci certa, sed ubi ipsa tulit mens.
Nam, dubio procul, hia rébus sua cuique voluntas
Principium dat, et hino motus per membra rigantur.
tandis que nous possédons une liberté pleine et entière : il y a donc solution de continuité entre les choses et l'homme, la transition n'est pas ménagée» la liberté apparaît en nous brusquement, ex nihilo. C'est ce qu'Epicure se refuse à croire : pour que la liberté atteigne en nous son plein développement, il faut qu'elle existe au moins en germe dans tous les êtres et dans les principes élémentaires des choses. II attribue donc aux atomes un principe de mouvement propre, spontané, le pouvoir de se mettre en branle, d'incliner leur direction, de s'écarter de la ligne droite où la fatalité les portait, de se soustraire à toute détermination de temps et de lieu *. Ce pouvoir se réduit à bien peu de chose : pauLum^ nec plus quam minimum ' ; mais, déjà plus fort dans les animaux supérieurs, il devient chez l'homme la liberté, qui sans cela serait inexplicable ^ Quels en sont donc les caractères? Epicure en détermine clairement les conditions pour ainsi dire négatives : la volonté est soustraite à l'empire de la destinée, fatis avulsa^ elle n'est pas non plus soumise à une nécessité interne, necessum intestinum^ à une loi inhérente à sa nature. Quant aux conditions positives, elles ne sont pas, tant s'en faut, indiquées d'une manière satisfaisante. L'activité de